

Pendant qu'un nombre important de Français se sont mobilisés contre l'ouverture de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes à Nantes, à Berlin on se bat pour que le nouvel aéroport de Berlin (BER) voie le jour. Après plusieurs faux départs, une date d'ouverture a été arrêtée mais le débat autour de la mauvaise gestion du projet continue.
L'aéroport de Tegel qui sera bientôt fermé (photo : A.Currell/Flickr)
Les dernières polémiques concernant la gestion de la construction du futur aéroport international Willy Brandt, ont été soulevées par un député SPD de la région du Brandenbourg, Peter Danckert. Ce dernier a révélé au quotidien Der Tagespiegel que les deux responsables politiques du projet, Klaus Wowereit, maire de Berlin et chef du conseil de surveillance de la société gestionnaire des travaux (Flughafen Berlin-Brandenburg GMBH), ainsi que Matthias Platzeck, ministre-président du Brandenbourg et vice-directeur de ce même comité, avaient été mis au courant deux ans auparavant des défaillances du projet. Selon le député, les deux hommes n'ont pas tenu compte de ces mises en garde et ont maintenu jusqu'au dernier moment, c'est-à-dire un mois avant, la date du 3 juin 2012 pour l'ouverture du nouvel aéroport. Suite à un rapport dénonçant les failles du dispositif anti-incendie, le directeur technique Manfred Körtgen a annoncé que l'inauguration serait repoussée au 17 mars 2012. Mais la révélation d'un retard considérable de l'ensemble des travaux, venue se greffer à ce désastre, comme nommé par les médias allemands, a poussé ce dernier à la démission. Depuis le 1er août, le poste a été repris par Horst Amman, l'ancien directeur technique de l'aéroport de Francfort sur le Main. Celui-ci a annoncé, il y a une semaine, que la nouvelle et dernière date d'ouverture serait celle du 27 octobre 2013. Ce grand projet aéroportuaire a débuté en septembre 2006, il aura fallu plus de sept ans pour que celui-ci aboutisse.
Une mauvaise gestion mise en avant
Le député Peter Danckert a par ailleurs appelé à la démission du conseil de surveillance, dirigé par Klaus Wowereit et Matthias Platzeck. Il a déclaré au Tagespiegel qu'il serait préférable que celui-ci soit dirigé par des experts indépendants et sans connivence avec la région de Berlin, du Brandenburg et l'Etat fédéral, les trois actionnaires du futur aéroport. Une annonce à laquelle les politiques n'ont pas encore répondue. Par ailleurs, les acteurs de cette débâcle se renvoient mutuellement la balle, et d'autres députés pointent le doigt sur la mauvaise coordination orchestrée par Rein Schwarz, le PDG du Flughafen Berlin-Brandenburg. Un appel à la démission a également été prononcé à son encontre ce que celui-ci refuse catégoriquement.
Les riverains s'opposent aux vols de nuit
En plus des problèmes techniques, s'ajoutent les contestations d'habitants de Berlin et du Brandenbourg. Nous avions fait part dans un précédent article des différentes oppositions citoyennes contre les nuisances sonores que pourraient engendrer un tel aéroport. Sa capacité d'accueil pourra aller jusqu'à 45 millions de passagers. Les pétitions et manifestations continuent et ont pour objectif de faire interdire les vols de nuit. Jusqu'à aujourd'hui les habitants du Brandenbourg ont recueilli 70.000 signatures tandis que les Berlinois en sont à 137.000. L'appel à signer cette pétition se poursuit jusqu'au 3 décembre et d'ici là des manifestations sont prévues, dont la prochaine est prévue ce samedi.
L'aéroport Willy Brandt a été décidé dans les années de la reconstruction, après la chute du mur afin de réunir les aéroports de Tegel (Ouest) et de Schönefeld (Est) en un seul lieu, signe d'une réunification accomplie. Mais pour le moment, ce gigantesque projet semble plus diviser que rassembler.
Anaïs Gontier (www.lepetitjournal.com/Berlin) mercredi 21 novembre 2012




















































