Présidentielle 2022 : premier vote d’une jeune électrice franco-espagnole à Séville

Par Alicia Bert | Publié le 05/04/2022 à 22:42 | Mis à jour le 06/04/2022 à 09:57
Photo : Lycée Français de Séville
Lycée Français Séville

Ce dimanche 10 avril aura lieu le premier tour de l’élection présidentielle en France. Tout comme les autres citoyens français, les 1,4 millions de Français de l’étranger inscrits sur les listes consulaires  auront à choisir entre les 12 candidats en lice pour la présidence. Parmi eux, Chloé, 21 ans, étudiante en communication et passionnée de dessin, votera pour la première fois à une élection présidentielle française. Cette jeune franco-espagnole née dans la capitale andalouse est très intéressée par la politique et porte un regard différent sur la France qu’elle aime à comparer avec son pays de résidence. Le Petit Journal a rencontré cette électrice qui, à moins d’une semaine du scrutin, insiste sur l’importance de ce rendez-vous électoral.

Que représente pour vous Chloé ce scrutin présidentiel ?

Je pense que ce scrutin est important car premièrement, nous sommes entrés dans un climat de peur et de craintes. En effet, je constate qu’il y a beaucoup de tension en cette période post-covid. Il y a eu les contestations contre le pass sanitaire et vaccinal. Les gens sont aussi fâchés à cause des inégalités, de la hausse des prix et du pouvoir d’achat, cela est aussi lié à la guerre en Ukraine. Cette élection arrive à un moment instable et clé qui va conditionner l’après, le prochain quinquennat mais aussi les scrutins à venir tels que les législatives. 

La politique en France vous intéresse ? En quelques mots, quels seraient pour vous les enjeux de ce scrutin ? 

Je m’intéresse beaucoup à la politique française. Selon moi, les deux principales préoccupations sont le changement climatique et les inégalités sociales. 

En tant que franco-espagnole vous pensez avoir un regard différent sur la politique française par rapport aux autres jeunes français ? 

Je pense que oui car j’ai une vision extérieure sur la société française. Les Français se plaignent beaucoup des prix ou des salaires. Désormais, le niveau de vie entre l’Espagne et la France est presque identique. Cependant en France, il y a beaucoup d’aides sociales, le salaire minimum est plus élevé, il existe des aides pour les étudiants. En Espagne, nous sommes plus pauvres et particulièrement dans le sud. En tant qu’Andalouse, je vois les inégalités qu’il y a par rapport aux autres communautés autonomes et par rapport à la France. 

De plus, quand j’ai entendu les Français comparer les mesures liées au pass sanitaire à des mesures « dictatoriales », j’ai pensé : « Non, vous ne savez pas ce qu’est une dictature ». Les Espagnols ont connu la dictature. Quant aux Français, ils ont eu beaucoup de réticences à accepter les mesures sanitaires, à se faire vacciner. En Espagne, cela a été plus fluide, les gens sont allés se faire vacciner. Les Espagnols font davantage confiance au système sanitaire public. En France ce n’est pas le cas et les Français sont davantage contestataires envers leur Etat. 
Beaucoup de choses me choquent en France. 

Chloé Andalouse vote élections 2022
Chloé, 21 ans, étudiante franco-espagnole, votera ce dimanche

 

Vous avez ce regard différent des autres jeunes Français parce que vous comparez beaucoup la France au pays dans lequel vous vivez ? 
Oui exactement, on tend à se comparer en général et je compare parce que je considère que je vis dans un pays plus pauvre que la France. Je pense qu’il est important parfois de regarder vers l’extérieur et d’apprécier ce que l’on a. 

Quelles problématiques intéressent particulièrement selon vous les Français de l’étranger ? 

La question des consulats est importante. Récemment, des consulats ont été retirés en Espagne. Par exemple, le consulat de Séville a été supprimé et remplacé par une agence consulaire qui dépend du consulat de Madrid. Or, je pense que les consulats sont importants, ils ont plus de pouvoirs que les agences consulaires et constituent notre point de repère par rapport à la France.Toutes les questions administratives sont fondamentales pour les Français de l’étranger. 

Par ailleurs, en période de pandémie, une des préoccupations des Français de l’étranger étaient de pouvoir se déplacer pour se rendre en France. En Espagne, nous étions en retard par rapport aux vaccins. L’accès à la vaccination a été échelonnée par tranches d’âge, si je n’avais pas mes doses de vaccins, je ne pouvais pas faire beaucoup de choses en France avec le pass vaccinal. J’avais cette inquiétude de ne pas pouvoir me rendre en France ou d’être restreinte dans mes activités. 

Avez-vous suivi la campagne présidentielle française ? Comment ? 

Oui. Je l’ai suivie avec la télévision française principalement via des programmes comme Quotidien et C à vous. Je me suis aussi informée grâce aux réseaux sociaux comme Instagram, Twitter et Youtube. Je suis des médias français comme Mediapart mais aussi des comptes comme celui d’HugoDecrypte, un jeune journaliste qui explique les programmes des candidats et les problématiques importantes de la campagne. Il a aussi fait des interviews avec les candidats que j’ai commencé à visionner. Je trouve que c’est une manière interessante de susciter l’intérêt des jeunes pour la politique. J’aime aussi voir les candidats dans un autre contexte que celui des plateaux de télévision. 

Alors ça y est Chloé, vous êtes prête pour dimanche ? Vous avez déjà fait votre choix ? 

Oui, je suis prête. En revanche, je n’ai pas vraiment fait mon choix. Je tends pour un candidat mais je pense être aussi influencée par les sondages. Mon cœur me dit de ne pas regarder les chiffres mais je me laisse encore les quelques jours qui restent avant l’élection pour réfléchir et suivre la campagne de près. 

Selon vous, quelles problématiques le futur président ne pourra pas laisser de côté ? 

Sans hésitation le climat, une problématique qui n’a pas été assez prise en compte jusqu’à maintenant. J’attends aussi du prochain président qu’il mène des politiques en faveur de la justice sociale mais aussi des droits des femmes, sur ce dernier point en s’inspirant peut être de l’Espagne

Comme l’indique le site de l’Ambassade de France:

À Málaga, les Français voteront au Lycée Français International situé au Cerrado de Calderon et à Grenade, ils se rendront à la Maison de France. Quant aux Français de Séville, ils pourront se rendre au lycée français situé à la Cartuja pour y déposer leur bulletin.

Alicia Bert

Alicia Bert

De Sciences-Po Lyon à Séville, passionnée de journalisme, par cette expérience je vis l’actualité andalouse, la commente et la partage, en particulier les sujets sociopolitiques et culturels, qui intéressent notre communauté.
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