Si vous vous êtes déjà rendu à Séville, vous avez déjà dû voir les représentations de la vierge Marie sur les murs. En effet, l’image de la vierge tient une place particulière dans la vie Sévillane. C'est une présence permanente, quotidienne, presque physique, qui irrigue la ville toute l'année. Elle ne dure pas seulement la semaine sainte, preuve de cet engouement, mais toute l’année. Les églises de la Macarena et de la Esperanza de Triana en sont une preuve. Comment est née cette dévotion ?


Une ville sous le signe de la vierge Marie
Dès les premiers pas dans Seville, un détail saute aux yeux : les images de la Vierge sont partout. Sur les façades, dans les patios, aux coins des rues ou derrière les vitrines, la vierge Marie accompagne le quotidien des Sévillans. La ville compte 120 églises catholiques, ce qui en ferait parmi les villes européennes l’une des plus marquée par le patrimoine religieux après Rome, abritant plusieurs sanctuaires majeurs dédiés aux différentes représentations mariales.

Cette place particulière s’enracine dans l’histoire de la ville. Selon la tradition locale, en 1248, lors de la reconquête de Séville par Ferdinand III de Castille, la dévotion mariale prend une importance symbolique forte. L’image de la Vierge devient alors figure de protection, d’espérance et de victoire spirituelle. En effet, la légende raconte qu’après la reconquête de la ville de Séville, le roi San Fernando souhaite donner une valeur importante à la Vierge qui l’a accompagné durant ses batailles.
Depuis, l’image de la Vierge est importante pour les Sévillans et est célébrée une fois par an lors de la fête de la Virgen de los Reyes, le 15 août. Lors de cette fête, une procession est organisée dans les rues. Considérée comme la sainte patronne de la ville et de l’archidiocèse, la Virgen de los Reyes incarne à la fois la mémoire historique, la ferveur religieuse et l’attachement profond des habitants à leurs traditions. Selon les croyances, elle aurait été créée par les anges ou donnée à Fernando III de Castilla par le monarque Louis IX de France. Son importance est consacrée le 4 décembre 1904 lors de son couronnement canonique. C’est la première image ayant cette distinction en Andalousie.
Deux lieux sont consacrés à sa représentation : L’église de la Macarena, qui abrite la Virgen de la Esperanza Macarena, et la Capilla de los Marineros, où est vénérée l’Esperanza de Triana
L’eglise de la Macarena : la Vierge du peuple

Il y a deux moyens pour arriver à cette église, par le bus ou à pied. Si vous y arriver par le bus, descendez à l’arrêt Parlamento de Andalucia ou Relator. Passez en dessous de la muraille almohade et prenez le temps d’admirer la façade blanche et or. A pied, prenez une vingtaine de minutes depuis la Giralda et la cathédrale, puis passez par las Setas. L’entrée est gratuite.
Lorsqu’on y entre, le premier sentiment est l’admiration. Cette église dont la construction a débuté en 1941 et fut finalisée en 1949 est recouverte de peintures. Vous trouverez 4 représentations de relique précieuse et la vierge en-dessous du grand autel. Cette magnifique statue de la Sainte-Vierge porte une couronne en or sur la tête et des larmes en diamant sur le visage. Le lundi matin de 11h30 à 12H30, une messe est célébrée en espagnol.

Elle est située dans le quartier populaire de la Macarena. C’est pour sa proximité avec le peuple qu’elle est surnommée la vierge du peuple.
Les sévillans s’y rendent régulièrement. Également, elle fait partie de la procession de la Semana santa.
C’est une des vierges les plus représentées.
Elle est reproduite sur des milliers d'images, de médailles et de cartes postales.
Ainsi, c’est une vierge ayant de la notoriété, à la différence de la Esperanza de la Triana.
La Trianera : la Vierge de l'autre rive
Cette Église est plus petite, plus discrète que la basilique de la Macarena. Il faut traverser le Guadalquivir, passer devant le marché du quartier Triana, prendre la direction de la calle Pureza et faire bien attention de ne pas juste passer devant. En effet, elle est cachée entre deux maisons.
Elle fut finalisée au XVIIIè siècle, en 1759 précisément, elle a traversé une histoire mouvementée : sécularisée après l'occupation française, transformée en entrepôt, puis en église anglicane et même en théâtre. C'est seulement en 1953 que la Hermandad de la Esperanza décide de la récupérer et de la restaurer. Après sa restauration, la chapelle fut bénie le 29 avril 2010.
Par cette Eglise, créée au XVème siècle on voit la dévotion à Marie. En effet, la vierge est au centre de l’Eglise reléguant la Croix de Jésus à sa droite. Le lieu de sacre est plus simple, plus marquée par les détails. On peut observer les anges de la légende, voir ci-dessus, sur le marbre à l’arrière-plan.
Cette image de la vierge est située dans un quartier de marins, des gitans, des céramistes et des toreros. Dehors, sur les balcons des maisons d'en face, des affiches témoignent de la dévotion du quartier. Dans ce coin de Séville habité par des marins, des gitans, des céramistes et des toreros, elle est une protectrice au sens très concret, contre les intempéries, les dangers du fleuve, les aléas du quotidien.

Ainsi, la Vierge de Séville n'appartient pas seulement à l'Église. Elle appartient aux rues, aux quartiers, aux familles. Peu importe celle que vous choisissez ou celle qui vous choisit selon le quartier de naissance, d’habitation, d’habitude, arrêtez-vous un instant. Vous y verrez la beauté et les sentiments qui s’y mélangent : la foi, la fierté, la mémoire, et quelque chose d’indéfinissable qui n’appartient qu’à Séville.
Sur le même sujet



































