Opel est-il réellement utile pour l'économie allemande? (photo. S. Vannier)
(Berlin) - Les Allemands craignaient le jour où la "crise"- la vraie, c'est à dire au-delà des annonces de faillites de banques américaines - allait se faire sentir au quotidien. Les employés d'Opel semblent donc être les premiers à devoir faire les frais de cette période noire. En effet, la maison-mère américaine, General Motors, doit déjà demander du secours au nouveau gouvernement Obama à hauteur de plus de 10 milliards d'euros. Des milliers d'emplois sont menacés en Allemagne et la grande coalition n'arrive pas à se mettre d'accord sur la réponse politique à apporter.
Opel est-il utile ?
Face à la menace, General Motors et Opel ont en effet présenté un plan de demande d'aide auprès du gouvernement d'Angela Merkel. Plus de trois milliards d'euros seraient nécessaires à la survie d'Opel. La chancelière et son tout nouveau ministre de l'économie, le bavarois Karl-Theodor zu Guttenberg gagne pour l'instant du temps en demandant à GM de revoir sa copie mais la question principale demeure : l'Etat doit-il maintenir à flot, avec l'argent des contribuables, l'entreprise Opel ? De cette interrogation découle évidemment un autre questionnement délicat : à quel point Opel est-il utile pour l'économie allemande ?
Décision éminemment politique
Dans ce débat extrêmement tendu puisque des milliers d'emplois sont en jeu, la question devient éminemment politique en cette période électorale. Le ministre de l'Intérieur, Wolfgang Schäuble, semble se ranger à l'avis des experts en préférant la solution d'une procédure d'"insolvabilité"d'Opel, qui effraie pourtant les employés. Ses collègues de la CDU, Roland Koch et Jürgen Rüttgers, ministre-présidents des Länder de Hesse et Rhénanie du Nord-Westphalie qui abritent des entreprises Opel, voient cela d'un autre ?il. Le vice-chancelier et candidat à la chancellerie, Frank-Walter Steinmeier (SPD) se range évidemment du côté des travailleurs et critique la position attentiste d'Angela Merkel.
Tout un secteur en danger
Si Opel concentre pour l'instant toute l'attention, c'est bien l'ensemble de l'industrie automobile, fleuron de l'économie allemande, qui tremble. La marque Daimler (dont fait partie Mercedes) a vendu 25% de véhicules de moins qu'il y a un an et, à titre plus général, l'Allemagne a baissé ses exportations automobiles de 20% lors du dernier trimestre 2008. Des chiffres assez inquiétants pour que la presse allemande se demande si l'Allemagne a raison de continuer de se focaliser sur un secteur dont l'avenir, écologiquement et désormais économiquement parlant, s'annonce loin d'être radieux.
Sébastien VANNIER (www.lepetitjournal.com/berlin.html) mardi 10 mars 2009.
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