Depuis près de 70 ans, l’idée revient régulièrement : permettre aux Sévillans de se baigner dans le Guadalquivir. Depuis quelques jours, Antonio Muñoz, ancien maire de la capitale andalouse de 2022 à 2023, propose de relancer les études sur le sujet. Le contexte climatique et les différentes expériences menées ailleurs en Europe pourraient donner un nouvel élan à ce projet longtemps resté au stade de la promesse.


De la plage de 1950 au projet d’Antonio Muñoz : 70 ans de débats
L’idée de se baigner dans le Guadalquivir n’est pas nouvelle à Séville. Les premières propositions remontent à la fin des années 1950. À l’époque, la création d’une plage fluviale près du pont Alfonso XIII avait émergé. L’objectif était notamment de lutter contre les accidents qui touchaient régulièrement des enfants dans le fleuve.
Mais pendant près de quarante ans, le projet reste à l’arrêt avant de refaire surface. En 1999, l’ancien maire Alejandro Rojas Marcos propose à son tour la création d’une plage fluviale à San Jerónimo. La municipalité commande alors une étude de faisabilité, avec l’ambition d’aménager un espace de baignade accompagné de différents services.
Malgré ces différentes propositions, aucune n’a finalement abouti. Au fil des mandats, d’autres idées apparaissent, notamment autour de piscines fluviales ou d’espaces de loisirs aménagés. Soixante-dix ans après les premières réflexions, le débat revient donc une nouvelle fois sur la table.
Cette fois, c’est Antonio Muñoz qui relance directement le débat. Une demande qui devra d’abord être étudiée au regard de la faisabilité technique, de la qualité de l’eau et du coût des infrastructures.
Autant de questions auxquelles la ville devra répondre avant d’envisager la création d’un véritable espace de baignade dans la capitale andalouse.
L’exemple de Paris inspire Séville : un modèle pour le fleuve
Mais si l’idée refait surface aujourd’hui, c’est aussi parce que plusieurs précédents ont montré que de tels projets étaient possibles. L’exemple de Paris est sans doute le plus parlant. Après plusieurs années de travaux et de préparation, la Seine a accueilli des sites de baignade à l’été 2025, permettant aux habitants et aux visiteurs de se baigner directement dans le fleuve.
Cette expérience montre qu’un cours d’eau longtemps considéré comme incompatible avec la baignade peut retrouver un usage récréatif, à condition de répondre à des normes sanitaires et de sécurité strictes.
Paris n’est cependant pas un cas isolé. Berlin, Madrid ou Saragosse sont également citées par Antonio Muñoz parmi les villes européennes ayant travaillé sur l’accès à la baignade dans leurs cours d’eau. Des expériences qui posent une question légitime à Séville : pourquoi le Guadalquivir ne pourrait-il pas, lui aussi, accueillir des espaces de baignade ?
Alors que les épisodes de fortes chaleurs se multiplient et que les températures dépassent régulièrement les 40 °C en été dans la capitale andalouse, permettre aux habitants d’accéder directement à l’eau pourrait constituer une solution supplémentaire pour se rafraîchir. Une plage sur le Guadalquivir ne serait alors plus seulement un espace de loisirs, mais pourrait aussi devenir un nouvel outil d’adaptation de Séville au changement climatique.
Reste désormais à savoir si, après des décennies de promesses, le Guadalquivir pourra un jour accueillir les baigneurs sévillans.
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