L'Andalousie confirme sa place de première région agroalimentaire d'Espagne. Selon les premiers résultats de l'Observatoire du secteur agroalimentaire de la Fondation Cajamar, présentés le 15 septembre à Séville lors du salon Auténtica Premium Food, la communauté autonome a généré 27 563 millions d'euros de valeur ajoutée brute (VAB) en 2025, soit 19,8% du total espagnol, en hausse d'environ 1,2% sur un an.


Un euro sur cinq généré par le secteur en Espagne vient d'Andalousie
Avec 27 563 millions d'euros de Valeur Ajoutée Brute (VAB), l'Andalousie représente à elle seule 19,8 % de la richesse produite par l'agroalimentaire espagnol, selon le rapport de l'Observatoire présentée par Ignacio Atance, directeur du Service d'études et de publications de la Fondation Cajamar, en marge du salon Auténtica, qui a réuni plus de 12 000 professionnels à Séville. Loin devant la Catalogne (environ 15 %) et la Communauté Valencienne (environ 9 %), la région confirme un écart important avec le reste du pays.
Ignacio Atance a souligné que l'agro-industrie, à elle seule, atteint un niveau qui traduit, selon lui, le poids stratégique de la filière dans l'économie régionale.
Premier employeur et premier bassin d'entreprises du secteur
Le secteur agroalimentaire andalou emploie 563 090 personnes, soit 21,5% de l'ensemble des emplois liés à cette activité en Espagne. La région concentre également 18,6% des entreprises agroalimentaires du pays, confirmant un leadership qui s'étend du champ à l'usine de transformation.
L'Andalousie est l'acteur le plus important du secteur agroalimentaire espagnol: la région arrive en tête en termes de VAB, d'emploi et de tissu entrepreneurial du secteur, et occupe la deuxième place en matière d'exportations, derrière la Catalogne.
Exportations : deuxième derrière la Catalogne, mais premier excédent commercial
Sur le seul terrain des exportations, l'Andalousie occupe la deuxième place du classement national, derrière la Catalogne : ses ventes à l'étranger ont atteint 16 031 millions d'euros en 2025, soit 20,8 % des exportations agroalimentaires espagnoles, sur un total qui a lui-même dépassé les 79 000 millions d'euros à l'échelle du pays.
La hiérarchie s'inverse en revanche sur la balance commerciale. Parce que la Catalogne importe aussi massivement qu'elle exporte, sa balance agroalimentaire reste déficitaire. L'Andalousie, elle, a dégagé en 2025 un excédent commercial de 8 573 millions d'euros — le plus élevé de toutes les communautés autonomes —, soit près de la moitié du solde extérieur agroalimentaire espagnol. La région du sud devance ainsi largement la Catalogne dès qu'il s'agit non plus du volume exporté, mais de la contribution nette aux comptes extérieurs du pays.
Huile d'olive, fruits rouges et élevage : une agriculture diversifiée
Si l'huile d'olive reste l'emblème de la région — l'Andalousie produit près de 80 % de l'huile d'olive espagnole —, la Fondation Cajamar insiste sur la diversité de ses productions : fruits et légumes, riz, cultures subtropicales en forte croissance, ou encore fruits rouges. Les filières d'élevage, notamment le lait, le bœuf et le porc ibérique, restent elles aussi des piliers économiques souvent éclipsés par le poids de l'agriculture végétale.
Prochaine étape : transformer le volume en productivité
Pour Ignacio Atance, l'enjeu à venir consiste à transformer ce leadership en volume en un leadership fondé sur la productivité, en s'appuyant sur la solidité commerciale déjà démontrée par l'Andalousie sur les marchés internationaux. La Fondation Cajamar met en avant, dans cette optique, son écosystème de transfert de connaissances — associant son service d'études, ses centres expérimentaux, le programme Cajamar Innova et la plateforme numérique Plataforma Tierra —, destiné à accompagner l'ensemble de la chaîne, du champ et de la mer jusqu'aux rayons des supermarchés.
Ces premiers résultats, qui seront détaillés dans un rapport complet attendu fin octobre, confirment la position de l'Andalousie comme moteur incontournable de l'agroalimentaire espagnol : en tête pour la valeur ajoutée, l'emploi et le tissu d'entreprises, et solidement installée sur les marchés d'exportation. Reste, pour la région, le défi de convertir cette puissance en volume en un avantage durable de productivité.
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