

Aujourd'hui en Allemagne, près d'un habitant sur cinq est originaire de l'étranger ! Après les États-Unis, c'est le pays du monde ayant la proportion la plus élevée de migrants. Emmanuelle Del Giovane nous parle de son expérience au sein de ces cours intensifs qu'elle a suivi en Bavière mais qui existent aussi à Berlin.
Dans le cadre d'une politique d'intégration de ces migrants, le Ministère Fédéral de l'immigration et des réfugiés subventionne un dispositif d'apprentissage de la langue en vue d'acquérir une "connaissance suffisante" pour se faire comprendre au quotidien. Ces cours, étalés sur 600 heures, sont divisés en trois grandes étapes qui correspondent, selon le Cadre Européen commun de référence pour les langues, au niveau A1 (niveau découverte), A2 (niveau dit "de survie") et B1 (niveau seuil : début d'autonomie, se débrouiller, exprimer son opinion). La fin des cours est sanctionnée par un examen gratuit. En cas de réussite, un diplôme est attribué ainsi que la possibilité de se voir rembourser une partie du coût financier investi... Tout un programme, pour tout nouvel arrivant décidant de s'établir en Allemagne sans avoir la langue du pays d'accueil dans ses bagages ! Le seul Sésame requis pour y participer : un passeport et un certificat de déclaration de résidence (délivré par la mairie).
Du vécu : des cours d'une efficacité redoutable
Les cours intensifs organisés en Bavière pour les primo arrivants (dont je suis), que l'on ne s'y trompe pas, sont de réels cours intensifs qui portent bien leur nom. Même s'il ne nous en coûte qu'1,20 ? de l'heure, je vous assure que l'on en a pour son argent et même pour beaucoup plus ! Me voilà donc partie, dès septembre dernier, pour 4h par jour, 5 jours par semaine, d'un intensif bourrage de crâne d'une densité phénoménale agrémenté, bien sûr, de devoirs à la maison en conséquence !
Le premier jour, un lundi ? Une véritable douche froide de vocabulaire et autres règles germano "grammatico" dramatiques ! Mais à partir de vendredi, l'approche intensive a commencé à faire effet et les vocables de la langue de Goethe m'habitaient comme s'ils avaient toujours été là. Mes méninges, n'ayant pas le choix, ont arrêté de faire de la Résistance et se sont mises au travail : intégration oblige ! Il est vrai aussi que notre professeure, est formidable : dynamique, sympathique, souriante, compétente et c'est peut-être ce qui rend le flot "Tsunamitesque" supportable. Il y a aussi mes 19 camarades "Schüler" (élèves), un camaïeu linguistique international pour cette classe, qui à la pause, devient une véritable tour de Babel. On commence les phrases en anglais pour les finir en espagnol... un plaisir!
Chaque pause est un voyage : Venise, Rome, Mexico, Barcelone, les tensions culturelles et tribales au Niger, la marche vers la modernité en Turquie, la météo, les apprentissages en université, Erasmus, les grues espagnoles à l'arrêt ; les rêves et chemins des uns et des autres ... Tout y passe ! Mais pas en allemand, c'est la langue taboue...juste pendant la pause bien sûr !
Emmanuelle Del Giovane (www.lepetitjournal.com/munich) Jeudi 4 avril 2013
+ d'information : Dans les grandes villes, plusieurs écoles peuvent proposer ces cours... N'hésitez à vous renseigner auprès de votre mairie !
Berlin :
-VHS : http://www.berlin.de/vhs/kurse/deutsch/integrationfr.html
Augsbourg
- ADK : http://apprendre-allemand.fr/fr-fr/sprachkurse-programm-fr/integrationskurse
Munich
- In Lingua : http://www.inlingua-muenchen.de/m-integrationskurse-mit-foerderu.html?&L=2






































