Retour sur les moments forts du discours d’Emmanuel Macron, le 27 mars, lors de la réunion sur la paix et la sécurité pour l’Ukraine, rassemblant, au palais de l’Élysée, 31 dirigeants de pays de l’Union européenne, dont le chef du gouvernement polonais, Donald Tusk et de l’OTAN, en présence du président ukrainien, Volodymyr Zelensky et aux côtés du secrétaire général de l’OTAN et des institutions de l’UE. « Notre objectif est clair, c’est de gagner la paix », a déclaré le président français.


Quel est le rôle de la France dans les négociations et dans la réunion qui s’est tenue à Paris ?
Les Européens, qui sont exclus des discussions de négociation entre la Russie et l’Ukraine se tenant en Arabie Saoudite, cherchent à faire entendre leur voix et à monter en puissance afin de défendre leur continent. Leur objectif est de pouvoir jouer un rôle dans les conditions de cette future paix possible. Toutefois, Emmanuel Macron informe Donald Trump de l’ensemble des discussions et a précisé que « tout cela est fait en transparence avec nos partenaires américains ».
La réunion sur la paix et la sécurité pour l’Ukraine s’est tenue à Paris (comme d’autres réunions importantes concernant la guerre en Ukraine s’étaient tenues à Paris et à Londres auparavant) et a permis aux présidents ukrainien et français de se rencontrer la veille pour un entretien suivi d’un dîner. Lors de l’échange entre Volodymyr Zelensky et Emmanuel Macron, le président français a rappelé que la France continuerait la poursuite du soutien militaire et financier à l’Ukraine et a également annoncé un soutien de 2 milliards d’euros supplémentaires sur le plan militaire. Emmanuel Macron a déclaré sur X :
C’est à toute la nation ukrainienne que la France adresse un message d’amitié et de soutien clair et sans ambiguïté. Nous sommes et nous resterons résolument aux côtés de l’Ukraine qui résiste.
Lors de la conférence de presse, le 27 mars, le Président Macron, en réponse sur le rôle de la France a déclaré: « (...) le rôle de la France, quant à lui, est clair depuis le début. Nous sommes un des pays fondateurs de notre Union européenne. Nous sommes un pays membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, doté de l'arme nucléaire, avec un format d'armée complète qui est aujourd'hui l'armée la plus efficace d'Europe. Ces rôles successifs nous donnent une responsabilité toute particulière qui est d'une part diplomatique, d'autre part d'essayer d'avoir un effet d'entraînement sur l'effort militaire conjoint, et puis d'avoir un effet d'entraînement aussi sur la stratégie économique qui suit ».
Une paix durable
« Notre objectif est clair, c’est de gagner la paix. Nous devons pour cela placer l'Ukraine dans la meilleure position possible pour négocier et nous assurer que la paix qui sera négociée puisse être solide et durable pour les Ukrainiens et l'ensemble des Européens. »
« D'abord, notre volonté de rester unis et, au fond, de tout faire pour, justement, construire cette paix par la force, pour reprendre la formule qui avait été initialement prise par le Président Trump. »
Néanmoins, nous sommes tous lucides et nous tirons tous le même constat : il y a une volonté de paix, il y a des discussions.
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Les négociations
« Le projet très clair de la Russie ces derniers jours et ces dernières semaines : faire semblant d'ouvrir des négociations pour décourager l'adversaire et en même temps intensifier les attaques. »
« En termes de soutien de court terme à l'Ukraine, nous avons aussi acté de manière unanime le fait que le temps n'était pas à la levée des sanctions, quelles qu'elles soient, et il ne saurait y avoir une politique de levée des sanctions avant que la paix soit clairement établie. »
« Nous avons décidé, là, de mandater nos ministres des Affaires étrangères pour faire, dans les 3 semaines, une proposition très concrète de suivi, justement, d'un cessez-le-feu de court terme et d'un cessez-le-feu durable, suivi institutionnel et pratique, qui pourra ensuite être échangé avec nos partenaires américains. »
Les axes de travail
« 3 axes de travail pour, justement, maintenir cette paix durable et solide une fois un accord de paix signé. »
- « Une armée ukrainienne forte, bien équipée le jour d'après. »
- « Les forces de réassurance que nous pourrions déployer le jour d'après en Ukraine. »
- « C'est évidemment notre propre défense (…) convaincus, tous, qu'au fond, ce qui se joue en Ukraine aujourd'hui et dans les semaines à venir c’est la sécurité des Européens dans la durée (…) accroître nos capacités, notre investissement dans nos armées et nos forces pour dissuader, pour préparer dans la durée la paix du continent, accroître aussi la coordination entre nos industries de défense et nos armées pour agir ensemble. »
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Au sujet de la Chine
« (...) Je souhaite pour ma part que la Chine, en effet, puisse jouer un rôle actif. Et compte tenu de la qualité du dialogue qui est le sien avec la Russie, compte tenu de l'initiative de paix qu'elle avait prise en lien avec le Brésil il y a quelques mois, je souhaite qu'en effet le président Xi puisse avoir un rôle tout à fait actif pour nous aider à bâtir cette paix solide et durable. »
Au sujet des États-Unis et du Président Donald Trump
« Les États-Unis sont des alliés fiables, c'est pour ça que je ne ferai pas de commentaire sur les commentaires. Et quand les gens disent des mots un peu rapides dans des émissions de télévision, il ne faut jamais ensuite commenter parce qu'on fait du suraccident. Et donc les États-Unis d'Amérique sont des alliés fiables. Ils sont des alliés qui nous ont beaucoup aidés en Ukraine depuis le début de cette guerre, qui essaient de mener des négociations de paix qui sont utiles. La volonté du président TRUMP, nous la partageons, et les efforts qu'il mène, nous les saluons. »
Mais après, nous, nous avons des intérêts qui ne sont forcément pas les mêmes, parce qu'il y a un océan au milieu.
« Maintenant, le président Trump, c'est normal, il se retourne vers les Russes et dit, vous êtes l'agresseur, l'agressé est d'accord pour cesser les hostilités sans condition, vous devez faire pareil. Donc, je pense que le président Trump attend une réponse claire de la Russie. Il a raison. Et nous, on est derrière lui. Et donc, je pense que s'il a cette réponse claire de : « la Russie ne vient pas », à juste titre, le président Trump se sentira floué, trahi. Et donc là, il devra réagir. »
« (...) J'ai confiance dans le fait que si les Russes venaient à ne pas répondre à la proposition de trente jours de cessez-le-feu, les Américains ont la possibilité d'accroître les sanctions, de prendre des sanctions secondaires, de prendre des sanctions beaucoup plus fortes qui auraient un effet à coup sûr une pression sur la Russie. »
Equipement, entraînements, financement
« (...) N'oublions pas que depuis le début, nous sommes dans un cadre où nous avons décidé de ne pas être partie prenante de cette guerre. Cette guerre, elle est menée par les soldats ukrainiens seuls. Nous les équipons, nous les formons, nous les entraînons. Enfin, ils ont ce courage. »
« (...) Il faut accélérer, nous, notre capacité à financer, à délivrer des armes et à préparer le schéma d'armée ukrainienne et le schéma de forces de réassurance. C'est pourquoi, c'est dès les prochains jours de la mission que j'ai confiée aux deux chefs d'état-major, se déploiera. Et il nous faut quelques semaines pour cela. Je pense que d'ici 3 à 4 semaines, on aura sur ces deux questions, le format d'armée ukrainienne et les forces de réassurance, un schéma d'action assez précis avec les besoins, avec aussi les contributeurs. Et je pense que ce sera clé pour crédibiliser une paix solide et durable. »
Au sujet de la Roumanie
« La Roumanie a un rôle très important parce qu'elle est aux avant-postes depuis le début. »
Et c'est d'ailleurs pour cela que deux jours après la guerre d'agression lancée en février 2022, nous avons déployé des forces françaises, là aussi, forces de réassurance, pour protéger le territoire roumain parce qu'il est à l’avant-poste.
Au sujet de la Turquie
« La Turquie a besoin de l'Europe et l'Europe a besoin de la Turquie, mais elle a besoin d'une Turquie qui assume ses responsabilités au titre de la sécurité européenne, mais qui continue d'être sur son chemin démocratique en respectant les engagements auxquels elle a souscrit. »
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