Samedi 27 novembre 2021
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La Pologne fait le ménage parmi les vestiges de l’ère communiste

Par Emma Monbrun | Publié le 01/10/2020 à 20:00 | Mis à jour le 02/10/2020 à 07:17
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Presque 30 ans après la chute du rideau de fer, des monuments issus de l’ère communiste comme le Palais de la culture et de la science se dressent encore à travers le pays. Mais d’autres n’ont pas échappé à la décision d’être déplacés ou démolis. En voici quelques exemples.

 

Interdiction de la propagation du communisme

Dès 1989, de nombreux monuments communistes avaient été enlevés en Pologne. Mais en 2016, la loi sur la décommunisation ordonnait la démolition ou le déplacement d’édifices publics glorifiant et propageant l’idéologie communiste. Pourquoi? « Il n’y a aucune raison que des monuments à la mémoire de l’Armée rouge, qui par deux fois a envahi le pays et est responsable de nombreux crimes après la guerre, soient glorifiés », déclara le président adjoint de l’Institut polonais de la mémoire nationale.

 

Des statues de propagande déplacées dans des entrepôts

Good bye Lenine !

En 1989, la statue de Lénine qui se situait à Nowa Huta, ancienne cité modèle du communisme, non loin de Cracovie fut retirée et vendue à un homme d’affaires suédois qui la plaça dans son parc d’attraction. Mais une nouvelle statue de Lénine est de retour à Nowa Huta... cependant bien loin du style de l’époque. Couleurs fluo, elle imite la pose du Manneken-Pis.

AVANT

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APRES

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Gratitude modérée

Les 2,5 tonnes de la statue de "Gratitude". Dominant pendant 70 ans la place de Legnica, nommée « le Petit Moscou », cette statue était un classique de propagande stalinienne. Représentant un soldat soviétique confiant à un soldat polonais la “liberté reconquise”, elle a dû être enlevée à l’aide d’une grue et, comme une dizaine d’autres, déplacée dans un entrepôt municipal.

 

A Varsovie, disparition de monuments aux morts

Reconnaissance modeste

Le monument de la “Reconnaissance aux soldats de l’armée soviétique” fut construit en 1946 sur les tombes de vingt-six soldats de l’Armée rouge, morts pour avoir repoussé les armées nazies en 1944. Une offensive qui a d’ailleurs permis la libération de plusieurs camps de concentration et d’extermination. Contrairement aux déclarations premières prévoyant de la déplacer, ce monument a tout simplement été détruit.

 

Métro triomphant

Le Monument de la Fraternité d'armes. L’objectif de sa construction en 1945 était de commémorer la lutte des soldats soviétiques au côté des Polonais contre l'Allemagne nazie. Mais il rendait surtout hommage aux 600 000 soldats de l'Armée rouge morts en Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale. En 2011, il a temporairement été démonté de la Plac Wileński en raison de la construction de la ligne 2 du métro de Varsovie. Il n'a pas été réinstallé depuis.

 

Palais de la Culture et de la Science, symbole de Moscou mais toujours debout!

Même si le Premier ministre Morawiecki en 1989 désirait voir le PKiN (Sigle du Palais de la culture et de la science en polonais – photo principale de l’article) en ruine, il reste un repère incontournable et touristique auquel les Varsoviens ont fini par s'habituer.

Ce «cadeau» de 237 mètres offert par Staline s'élève depuis 65 ans au milieu de la plus grande place d'Europe, à Varsovie. Il y en a effet 7 palais plus ou moins similaires qui trônent dans Moscou. En 1989, on envisagea de le détruire, mais il fut finalement conservé.

La Plac Konstytucji à Varsovie, symbole même du pouvoir communiste, reste également intouchable face à la loi de décommunisation.

 

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La Plac Konstytucji à Varsovie

 

Des disparitions parmi d’autres, qui ne font pas le bonheur de tous

En tout, 560 monuments et statues ont été démantelés et 1 300 noms de rues ont été changés en Pologne.

La Russie voit dans la démolition des monuments une offense aux soldats soviétiques tombés en Pologne.

La Pologne ne s’arrête pas aux monuments. Le parti PIS, au pouvoir depuis 2015, envisage également de rétrograder des anciens généraux communistes, qu’ils soient vivant ou morts.

 

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Emma Monbrun

Étudiante puis expatriée à Wrocław, Pologne, je suis professeur FLE depuis 3 ans. Passionnée d'Histoire, des langues et des relations franco-polonaises, maintenant rédactrice pour lepetitjournal.com à Varsovie.
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