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BIOGRAPHIE - Mongi Slim, le résistant

Par Lepetitjournal Tunis | Publié le 27/06/2016 à 23:00 | Mis à jour le 05/01/2018 à 08:30

 

Personnalité incontournable du Néo-Destour et de l'Indépendance de la Tunisie, il fit également une brillante carrière diplomatique et resta aux côtés de Bourguiba jusqu'à sa mort en 1969

Mongi Slim est né le 1er septembre 1908, au sein d'une famille de la bourgeoisie tunisoise d'origine greco-turque. Il décède le 23 octobre 1969 à Tunis.

Son arrière-grand-père Kafkalas, devenu le général Slim, fut acheté sur le marché des esclaves et vendu comme mamelouk à un commerçant djerbien qui l'offre au Bey de Tunis en 1800 ; ce dernier l'éduque, le libère et fait de lui son ministre de la Guerre. Son grand-père paternel est un caïd-gouverneur qui dirige la riche province du cap Bon.


Sa mère appartient à la famille Bayram, une famille noble originaire de Turquie, qui avait pris de l'importance à Tunis, célèbre dans le monde arabe pour ses érudits en droit musulman et le grand nombre de ses notables religieux

Mongi Slim étudie à l'école Sadiki à Tunis puis part en France où il est diplômé de la faculté de droit de Paris.

Le Néo-Destour et la résistance

En 1936, il revient en Tunisie et adhère au Néo-Destour dont il assume la direction à la fin des années 1940 et au début des années 1950. En avril 1938, il est l'instigateur avec Ali Belhouane des manifestations de revendication d'un parlement tunisien et donc de remise en cause du régime de gouvernement colonial français qui optait pour un régime concentré au niveau du résident général.

Ayant eu des informations sur des réunions de propagandes du bureau politique du Néo-Destour, les autorités du Protectorat procédèrent aux arrestations de plusieurs membres du bureau, les accusant d'incitation à la haine raciale et d'atteinte aux intérêts de la France en Tunisie. Le Néo-Destour organisa alors une manifestation de protestation groupant 2.500 personnes, devant le palais beylical de Hammam-Lif. Mongi Slim, membre du Conseil National du Parti y rencontra le Bey et sollicita leur libération. Ne voyant rien venir, le Néo-Destour décida d'appeler à une grève générale, le 8 avril 1938, et à une grande manifestation conduite par Mongi Slim et Ali Belhouane, depuis la Medina jusqu?à la Résidence Générale. Outre les dirigeants du Parti, les militants, le mouvement scout tunisien, les organisations de jeunesse participèrent, pour former une foule estimée à 80.000 personnes?. Pour la première fois, la femme tunisienne prit part à cette imposante manifestation.

Mongi Slim rappela, dans un discours, les revendications du Parti et annonça l'organisation d'une deuxième manifestation pour le 10 avril 1938. Une foule immense se rassembla devant le Palais de justice. Les forces de l'ordre commencèrent à tirer en l'air dans le but de semer la terreur parmi les manifestants. Des heurts sanglants éclatèrent ensuite et se soldèrent par 22 morts et près de 150 blessés.

Le Résident Général se rendit auprès du Bey et promulgua une loi instaurant l'état de siège, à Tunis, Sousse et dans le Cap-Bon. Le lendemain, Habib Bourguiba et Mongi Slim furent arrêtés et traduits avec le reste des dirigeants du Néo-Destour devant le tribunal militaire pour complot contre la sûreté de l'Etat. Le Néo-Destour fut dissout le 12 avril 1938, ses locaux fermés et ses documents confisqués. Toute la presse nationaliste fut  suspendue et les militants du Néo-Destour entrèrent dans la clandestinité.

Durant sa carrière, il incita les travailleurs destouriens à démissionner de la Confédération Générale du Travail (CGT) d'obédience communiste. Des réunions conjointes entre Farhat Hached et Mongi Slim avaient lieu régulièrement dans le but de renforcer les rangs et l'action de l'UGTT. Celle-ci enregistra, en 1946, plus de 12.000 adhérents.

Le 17 octobre 1948, le Néo-Destour tint son congrès périodique à Dar Slim. Salah Ben Youssef fut élu officiellement Secrétaire Général tandis que Habib Bourguiba fut porté à la présidence du Parti. Habib Thameur et Mongi Slim furent désignés respectivement Vice-président et Directeur du Néo-Destour. En 1952, il fut écroué puis relâché au début de l'année 1954, ce qui est jugé comme un geste d'apaisement à l'égard des nationalistes tunisiens.

Signature du protocole d'indépendance

En 1954, il devient le négociateur en chef de la délégation tunisienne aux pourparlers de Paris menés avec le gouvernement français jusqu'en juin 1955 et qui conduisent au protocole accordant l'autonomie interne à la Tunisie. Il devient ensuite ministre de l'Intérieur jusqu'en avril 1956. En sa qualité de ministre, il participe aux négociations avec le gouvernement français qui se soldent par le protocole du 20 mars 1956 accordant à la Tunisie son indépendance.

En septembre 1956, il est nommé ambassadeur de la Tunisie auprès des États-Unis. À ce poste sont liés ceux d'ambassadeur auprès du Canada et de représentant permanent auprès des Nations unies.
En janvier 1957, il est élu au Comité spécial de l'Assemblée générale des Nations unies sur la question hongroise. Il est également représentant permanent de la Tunisie au Conseil de sécurité entre janvier 1959 et décembre 1960. Il participe à toutes les sessions de l'Assemblée générale des Nations unies en tant que chef de la délégation tunisienne dès que la Tunisie devient membre des Nations unies en 1956. En 1961, il participe à la troisième session extraordinaire de l'Assemblée générale qui traite de la crise de Bizerte.

Il quitte ses postes d'ambassadeur en février 1961 lorsqu'il est élu président de l'Assemblée générale. Il occupe ce poste quand, en 1962, il est nommé ministre des Affaires étrangères de la Tunisie.
Nommé par la suite représentant personnel du président Habib Bourguiba, avec rang de ministre le 12 novembre 1964 puis ministre de la Justice entre le 5 septembre 1966 et le 6 septembre 1969,
il s'éteint le 23 octobre et se voit inhumé au carré des martyrs du cimetière du Djellaz.

La rédaction (www.lepetitjournal.com/tunis) mardi 28 juin 2016

 

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