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Hédi Nouira, le réformateur

Par Lepetitjournal Tunis | Publié le 28/05/2019 à 01:00 | Mis à jour le 29/05/2019 à 23:13
Hédi Nouira

Hédi Nouira, militant très proche de Habib Bourguiba pendant la présence française, né le 5 avril 1911 à Monastir et décédé le 25 janvier 1993 à La Marsa, fut le 4e Premier ministre tunisien

Issu d'une famille aisée de Monastir, il suit ses études secondaires à Sousse. Tout d'abord attiré par le football, il entre à l'Étoile sportive du Sahel. Il résidera brièvement à Paris où il passe son baccalauréat en 1931.

En 1934, il assiste à la création de la première cellule du Néo-Destour en présence d'Habib Bourguiba, alors membre du comité exécutif. Il en devient un militant actif tout en suivant une ligne libérale.

Il se réinstalle ensuite en France, où il suit des études de droit. Il poursuit dans le même temps son parcours militant en adhérant à l'Association des étudiants musulmans de l'Afrique du Nord (AEMNA) puis en créant le Comité de défense des libertés en Tunisie dont il devient le secrétaire général.

Résistance
En 1938, il revient en Tunisie et continue son engagement politique. Il séjournera pour cela, à la prison civile de Tunis, puis celle de Téboursouk, au Fort Saint-Nicolas de Marseille, avec Bourguiba et d'autres militants du Néo-Destour, et au Fort Montluc de Lyon. Il est placé ensuite en résidence surveillée à Rome.

La période passée à Saint-Nicolas le rapproche davantage de Bourguiba. Nouira passe quatre ans à contribuer à la restructuration et à la préparation du parti pour la libération et retombe dans la clandestinité avant de devenir un militant modéré et diplomate à partir de 1948.

C'est à partir de 1949 qu'il consolide son statut à l'étranger en devenant l'interlocuteur privilégié de la plupart des membres du Parti socialiste français et du Mouvement républicain populaire.

Il exploite ainsi ses relations pour sensibiliser davantage ces partis à la cause tunisienne et pour présenter les points de vue du Néo-Destour.

En avril 1952, il est exilé dans le sud tunisien puis assigné à résidence en 1953, pour avoir refusé de prendre part au gouvernement de Slaheddine Baccouche, Cette affaire marque son parcours.

Il rédigera nombre d'articles pendant les quatre années suivantes, principalement dans "Mission", un hebdomadaire qu'il crée et dont il devient l'éditorialiste attitré.

L'Homme d'État
Après sa libération, il deviendra ministre du Commerce dans le gouvernement de Tahar Ben Ammar en août 1954. Bourguiba lui confie ensuite le nouveau ministère des Finances, puis la mission de créer et structurer la Banque centrale de Tunisie qu'il dirige de sa fondation en 1958 à 1970. Il fait partie du comité exécutif du Néo-Destour durant cette période.

En 1970, Bourguiba juge que le gouvernement de Bahi Ladgham est statique et conciliant par rapport à la politique du ministre Ahmed Ben Salah. Voulant donner un nouvel élan pour accélérer la mutation du pays et le sortir de la doctrine socialiste et panarabe de Ben Salah, très inspiré par Gamal Abdel Nasser, Bourguiba nomme Nouira Premier ministre le 2 novembre et le charge de réformer l'économie nationale.

Durant dix ans, Nouira reste en poste, renforcé par l'embellie économique et le progrès social, bien que de grandes crises secouent la Tunisie : le congrès du Néo-Destour à Monastir en 1971, la crise au sein de l'université et les émeutes du 26 janvier 1978.

Des crises de pouvoir où l'Union générale tunisienne du travail et son leader Habib Achour, qui appuie dans un premier temps Nouira au sein du parti, jouent un rôle majeur.

Le 23 avril 1980, Nouira quitte définitivement la vie politique, officiellement pour raison de santé, après l'échec du projet d'union entre la Tunisie et la Libye et l'attaque d'un commando sur la ville de Gafsa. Mohamed Mzali lui succède.

Idéologie
Fervent adepte d'une politique économique libérale ouvrant la voie à l'initiative privée et à l'économie de marché, Nouira est un réformateur qui chérit l'idée de la liberté, plus qu'un gestionnaire.


Bibliographie
Ahmed Khaled, Hedi Nouira. Itinéraire d'un intellectuel militant et homme d'État, éd. Zakharef, Tunis, 2006 (ISBN 9973112032)

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1 Commentaire (s)Réagir
Commentaire avatar

Famille mer 12/06/2019 - 05:18

C'est vraiment pour des raisons de santé. Pourquoi la précision "officiellement" ?

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