

Entretien avec Sylvie Hamard à l'occasion du 32e Festival franco-allemand des arts de la scène PERSPECTIVES, à Saarbrück
Sylvie Hamard : "j'aime le théâtre populaire"(photo. perspectives)
Depuis 2007, Sylvie Hamard dirige le festival franco-allemand des arts de la scène de Saarebruck. Avant de devenir une manifestation franco-allemande, PERSPECTIVES servait surtout comme tremplin aux artistes français et permettait de découvrir la création contemporaine française. En 2002, le Conseil général de la région Moselle devient partenaire du festival. Il ouvre alors la programmation vers l'Allemagne. PERSPECTIVES est désormais transformé en vitrine de la création contemporaine franco-allemande.
Théâtre populaire
"Auparavant, le festival était très bien qualitativement, mais trop pointu pour un public large, explique Sylvie Hamard. Saarebrück est une petite ville, il faut s'adresser à tout le monde, à un public le plus large possible tout en gardant un très haut niveau artistique. Un spectacle doit rassembler le public, être populaire." Le haut niveau artistique est garanti par une programmation très éclectique qui s'ouvre cette année également à la Suisse et l'Autriche.
Le fil conducteur de la programmation ? "Beaucoup de productions présentées cette année interrogent la place de l'individu dans la société, estime Sylvie Hamard, mais c'est un hasard, car c'est un sujet qui touche tout le monde, c'est un miroir de la société."Le croisement des arts, le décloisonnement des disciplines a toujours été une des priorités du festival et marque également l'édition 2009 où un croisement entre théâtre et cirque réunit par exemple comédiens et circassiens sur le même plateau dans Cannibales de la Compagnie Rictus.
"L'Allemagne accorde une plus grande liberté au texte"
Malgré toutes les différences entre le théâtre français et allemand, dont tout particulièrement le rapport au texte, Sylvie Hamard constate ces dernières années de plus en plus de rapprochement entre les deux pays. "En France, la création se fait à partir du texte qui est sacré. En Allemagne, il y a une plus grande liberté, le texte est utilisé comme support. Par exemple Falk Richter de la Schaubühne à Berlin écrit ses textes et quand le travail sur le plateau a commencé, il les réécrit. Le texte évolue donc au fur et à la mesure de la création. Il y a une ouverture aux formes en Allemagne qu'il n'y avait pas en France pendant longtemps. Mais il y a des metteurs en scène et auteurs en France qui commencent à travailler de cette façon, comme par exemple David Bobee et Ronan Chéneau".
CORDULA TREML (www.lepetitjournal.com) vendredi 12 juin 2009
Festival Perspectives. Saarbrück, jusqu'au 13 juin.
En savoir plus : http://www.festival-perspectives.de/
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