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SOCIAL - Le CPE déclenche la foudre

Des milliers de personnes ont manifestéhier partout en France, àl'appel des syndicats de salariés, de lycéens et d'étudiants, pour réclamer l'abandon du contrat première embauche. Villepin, lui, fait moitiéla sourde oreille, moitiépas?

Les syndicats ont estiméà40.000 le nombre de manifestants àParis. (Photo : AFP)

Les jeunes piquent une grosse colère. Hier, aux quatre coins de la France, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue pour demander au gouvernement d'abandonner son projet de contrat première embauche (CPE), accuséde précariser l'emploi des jeunes. Un sondage BVA pour Les Echos indiquait que 67% des Français approuvaient le mouvement contre le CPE.
Derrière cette mobilisation, on trouve les classiques syndicats de salariés, qui avaient déjàréussi àréunir près de 100.000 manifestants la semaine dernière autour de la défense du pouvoir d'achat. Mais aux côtés de la CGT, de la CFDT, de FO ou encore de la FSU (fonctionnaires), ce sont les syndicats de lycéens (UNL) et d'étudiants (UNEF) qui se sont le plus fait remarquer. Même si tous ont reconnu qu'ils attendaient plus de monde, Bruno Julliard, le président de l'Unef, a espéréposer "les bases d'une mobilisation qui dure".
Ceux qui manifestent et les autres
Des rassemblements ont eu lieu dans une centaine de villes françaises, regroupant environ 200.000 manifestants. A Paris, ils étaient 40.000 d'après les syndicats àêtre venus protester contre le CPE, 10.000 selon la police. Les manifestations les importantes, en province, ont eu lieu àToulouse, Bordeaux, Marseille, Lille ou Rennes. Le slogan le plus répandu était "Retrait du CPE", mais certains se sont montrés plus inventifs, avec "CPE = contrat poubelle embauche"ou "C comme chômage, P comme précarité, E comme éjectable".
A l'Assemblée, les députés examinaient justement hier la question du CPE, adjoint par amendement au projet de loi sur l'Egalitédes chances. Face aux députéde l'opposition, Dominique de Villepin a lancé: "J'écoute ceux qui manifestent mais j'écoute aussi ceux qui ne manifestent pas". Il a estiméque le problème de l'emploi allait au-delàdes clivages droite-gauche et affirméque "la sécuritépour les Français dans l'emploi passe par des changements".
Le bruit avait couru ces derniers jours que le gouvernement envisageait un passage en force et le recours àl'article 49-3, permettant de valider le projet sans le vote des députés. Ce spectre s'est éloignéhier lorsque le Premier ministre a déclarésouhaiter que les députés puisse aller "au bout du texte", quitte àpasser toute la semaine àl'examiner.
Camille VAYSSETTES. (LPJ) 8 février 2006

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L'Express, Jour J pour les jeunes

Le Monde, Les leaders étudiants restent dans la sphère d'influence du PS
Libération, Le CPE ne fait pas le plein contre lui
Le Figaro, Manifester ou pas, le dilemme socialiste

A Orly aussi, un mouvement social
Les voyageurs ont connu une journée difficile hier àl'aéroport de Paris-Orly. Une grève des contrôleurs aériens a entraînéla suspension des vols prévus de 6h du matin à15h, avec une pause entre 10h et 13h. 352 vols ont étéannulés sur les 650 prévus pour la journée. La sociétédes Aéroports de Paris avait mobilisé163 employés pour accompagner et tranquiliser les passagers. (LPJ ? 8 février 2007)

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