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Découvrez comment Singapour traite ses déchets et ordures ménagères

Par Catherine Zaccaria | Publié le 04/06/2019 à 14:15 | Mis à jour le 04/06/2019 à 14:15
Photo : @Facebook
Déchets, île décharge, Singapour

À Singapour, où on peut avoir une amende pour avoir jeté un papier parterre, fumé dans la rue ou mangé dans le métro, il n’y a aucune règlementation stricte sur le tri des déchets. Il se fait entre recyclables et non-recyclables.

À 8 km au large de Singapour, une île verdoyante entourée d’une gigantesque digue a été spécialement conçue par des ingénieurs et des environnementalistes de la National Environment Agency (NEA) de Singapour. Elle pourrait ressembler à une carte postale, mais ne vous y trompez pas, c’est en fait l’unique décharge de la cité-État. Près de 3 millions de tonnes de déchets sont déversés chaque année dans l’eau. Pourtant il n’y a pas d’odeur ni de pollution et la nature a même repris ses droits partout. Certains singapouriens viennent même y faire du tourisme.

Comment Singapour a réussi ce tour de force ?
Les habitants produisent 8 millions de tonnes de déchets par an, presque le double de Paris. Pourtant les rues et trottoirs sont impeccables, la propreté ici c’est une affaire d’État ! Tous les déchets non recyclés arrivent dans l’un des quatre incinérateurs de la ville. Le camion les décharge dans des gigantesques cuves. Papiers, sacs plastiques, déchets organiques, tout est brûlé à plus de 1 000 degrés. Le temps d’incinération dure entre 45 et 90 minutes. La chaleur générée par l’incinération est récupérée et générée, 20 % seront utilisés par l’usine et les 80 % restants seront intégrés au réseau. Cette puissance peut répondre à la demande en électricité de 3 % de Singapour. Chong Kuek On, directeur général du centre d’incinération, interrogé pour un reportage réalisé par France 2 explique que « les ordures occupent de l’espace, en les brûlant on réduit leur volume de 90 %, 100 m3 de déchets ne fait plus que 10 m3 ». Une fois sorties du four, les cendres sont mouillées et immédiatement chargées dans des immenses barges. Chaque jour elles transportent plus de 2 000 tonnes vers l’île poubelle.

Déchets, île décharge, Singapour
@ National Environment Agency

 

Aucun risque environnemental
L’île est formée à la base de deux îlots naturels. Entre eux, a été construit un immense mur sous-marin. C’est l’espace au milieu qui est comblé progressivement par les cendres des déchets de Singapour. La moitié est aujourd’hui remplie. Les camions déversent directement leur charge dans l’eau. Selon les responsables, l’eau est noire pourtant elle ne présenterait aucun risque. Selon Lon Lian Ming, directeur général de la décharge, toujours interviewé par France 2 précise que « ce n’est pas sale car les cendres sont analysées, elles doivent passer un test de toxicité pour déceler la présence de métaux lourds et si elles passent ce test c’est que tout va bien. Et pour empêcher les fluides de passer dans l’océan, une membrane imperméable recouvre la digue. Sur le dessus de cette membrane il y a du sable et un tissu pour retenir le sable. Après il y a une couche d’argile marine. Les deux couches, membrane et argile marine, rendent le lagon complètement étanche ».

Mais qu’adviendra-t-il dans 20 ou 50 ans ? Certaines organisations écologiques se posent tout de même la question. Hai Lin Pek, responsable de l’association Zero Waste Singapore relève dans ce même reportage que « les cendres seront là pour toujours, donc on ne sait pas trop ce qu’elles vont devenir. Le gouvernement devrait prendre des mesures beaucoup plus fortes pour pousser les professionnels mais aussi les habitants à réduire leur production de déchets ». Selon les estimations officielles, à ce rythme-là, l’île poubelle devrait être comblée en 2035. Le gouvernement de Singapour cherche déjà des alternatives et envisage tout simplement d’agrandir cette décharge maritime.

 

Catherine Zaccaria

Catherine Zaccaria

Après une longue relation amicale avec le Petit Journal, Catherine a rejoint l’équipe comme relectrice, correctrice, puis contributrice, avant de reprendre le poste de Rédactrice en chef.
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