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PASSERELLES NUMERIQUES - forme en informatique des jeunes issus de milieux très défavorisés

Par Lepetitjournal Singapour | Publié le 27/10/2015 à 12:00 | Mis à jour le 28/10/2015 à 07:03

Créée en France il y a tout juste 10 ans, cette « entreprise passerelle » intervient au Cambodge, aux Philippines et au Vietnam en formant pendant 2 ans à l'informatique des jeunes issus de milieux très défavorisés, avec un taux de succès de 92% pour l'accès à l'emploi.

Passerelles numériquesEn déplacement à Singapour ce mardi, le Président de l'Association Passerelles numériques, Benoit Génuini, est venu plaidé la cause de son association auprès de sponsors et partenaires potentiels qui permettraient, au delà des 1500 jeunes déjà formés dans le cadre du programme « Passerelles numériques », de poursuivre l'action et d'ouvrir de nouveaux centres pour changer la vie de plus de jeunes encore en Asie.

Qu'est-ce que Passerelles numériques ?

Benoit Genuini – « Passerelles numériques » accueille des jeunes issus de milieux très défavorisés, qui ont pu suivre des études secondaires grâce à l'action d'ONG, mais qui sont ensuite, faute de moyens, incapables de poursuivre leurs études, et qui, dans la plupart des cas,  risquent de retomber dans une situation de grande pauvreté faute de qualification professionnelle.

L'association propose à ces jeunes une formation de 2 ans (3 ans aux Philippines) en informatique et les aide ensuite à trouver un métier. Au delà des aspects techniques, nous offrons aussi, compte tenu du parcours des jeunes concernés par le programme, un certain nombre d'apprentissages qui touchent aux soft skills, tels que la maîtrise de l'anglais, le développement du savoir-être en entreprise ou la compréhension du monde de l'entreprise. C'est cette approche très complète qui permet aux jeunes de trouver ensuite un emploi qualifié et de sortir durablement de la spirale de la pauvreté.

Comment l'idée est-elle née ?

- Elle est née en 2005, à l'initiative de 3 anciens volontaires de l'Association Enfants du Mékong qui avaient identifié au Cambodge cette lacune entre la scolarisation des enfants au niveau secondaire et l'accès à des formations permettant d'acquérir un métier. A l'époque, je dirigeais la société Accenture qui était très impliquée depuis 2003 dans le mécénat de compétences, un dispositif permettant de financer des missions humanitaires réalisées par de jeunes consultants pendant leurs périodes de congés. Accenture a ainsi participé à la naissance de Passerelles numériques.  

Comment identifiez-vous les jeunes qui participent à ces formations?

- 
Nous faisons beaucoup de communication sur le terrain, dans les lycées et auprès des ONG. Les jeunes sont sélectionnés au travers d'un examen qui évalue leur capacité à suivre le programme et sur la base de critères socio-économiques. Nous nous assurons de la motivation des jeunes et vérifions que les familles, pour qui l'absence d'une fille ou d'un fils pendant 2 ans peut représenter un challenge, le sont aussi. Ils se répartissent à parts égales entre filles et garçons.

Passerelles numériquesComment se déroulent les formations ?

- Les jeunes sont accueillis dans les centres que nous avons mis en place au Cambodge, au Vietnam et aux Philippines. Les formations techniques sont assurées par des professeurs rémunérés par l'association. Au Vietnam et au Philippines, cela se fait en partenariat avec des universités.  Nous prenons tout en charge, logement, nourriture, couverture maladie,.. En pratique, pour leurs frais de vie, les jeunes reçoivent une indemnité mensuelle dont ils reversent 3$ par mois pour le vélo qui est mis à leur disposition et qui devient leur propriété à l'issue de la formation. C'est une manière d'en faire des adultes responsables. La formation d'un niveau BTS comprend 2 stages, l'un de 2 mois en première année, l'autre de 4 mois en 2ème année, que les jeunes réalisent dans l'une des 150 entreprises partenaires du programme « Passerelles numériques ».  

Pourquoi l'informatique ?

- Parce que c'est un secteur dans lequel il y a d'importantes opportunités d'emplois dans les pays où nous intervenons. A cet égard, l'impact est double puisque les formations permettent aux jeunes de trouver un emploi et répondent aux besoins d'économies émergentes en forte demande de jeunes qualifiés. L'emploi est un objectif essentiel que nous nous fixons pour les jeunes à l'issue de la formation. C'est ce qui explique par exemple que nous n'ayons pas à ce jour ouvert un programme au Laos, car les besoins de compétences en informatique, qui garantiraient un emploi à nos jeunes, ne sont pas encore avérés. Sur les 1500 jeunes qui ont suivi la formation, 92 % ont trouvé un emploi et gagnent ainsi un salaire qui est entre 3 et 4 fois supérieur au salaire moyen dans le pays.

Quel est le budget de l'Association ?

- Nous fonctionnons avec un budget de 1,8 millions d'euros dont 40% est financé par les entreprises sponsors et le reste par des particuliers et des fondations privées. Cela permet de rémunérer la centaine de salariés de l'association dans  les pays, dont 80% sont des locaux, et la petite équipe de coordination parisienne.

Comment peut-on aider l'Association « Passerelles numériques » à Singapour ?

- Nous sommes à la recherche de relais qui peuvent aider à faire connaître l'association. Nous avons aussi besoin de bénévoles et d'entreprises qui supportent notre action.

Propos recueillis par Bertrand Fouquoire (www.lepetitjournal.com/singapour) mercredi 28 octobre 2015

Voir le site de Passerelles numériques

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