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HUNGRY GHOST FESTIVAL – Explication par un jeune Singapourien

Par Lepetitjournal Singapour | Publié le 19/08/2018 à 13:30 | Mis à jour le 12/10/2018 à 09:54
HUNGRY GHOST FESTIVAL SINGAPORE

A Singapour, le Hungry Ghost Festival, fête taoïste des esprits, est l'un des événements les plus importants pour la communauté chinoise. Il est célébré cette année du 11 août au 09 septembre.

Le Hungry Ghost Festival est aussi dénommé Zhongyuanjie - quinzième jour du septième mois sur le calendrier lunaire dit mois des fantômes. D'après les croyances populaires, c'est durant cette période que sont relâchés sur Terre les esprits des morts, retenus aux enfers. Le 30e jour de la septième lune, les fantômes retrouvent le chemin de l'enfer où les portes se referment sur eux.

Les origines à Singapour
Il faut remonter à la fin du 19e siècle, pour comprendre l'importance de ce festival dans la cité du Lion. A cette époque, les immigrants chinois constituaient l'ethnie majoritaire de Singapour. Venus pour y travailler, certains d'entre eux moururent seuls à cause des maladies et des conditions de vie extrêmes de cette époque. Leurs corps ne furent pas renvoyés en Chine auprès de leur famille et leurs âmes, devenues vagabondes, hantent les rues de Singapour ...
Ces "esprits orphelins et fantômes sauvages" comme on pourrait le traduire de l'expression chinoise guhunyegui, se voient donc offrir de nombreux présents, des repas réconfortants appelés pudus. Un grand nombre de cérémonies sont célébrées par la population locale afin d'honorer les revenants. Les premiers rangs des spectacles leur sont spécialement réservés.
Malgré les nombreuses prières et cérémonies, le mois des fantômes est considéré comme porteur de malchance voire même dangereux selon les plus traditionnels. C'est pourquoi il est fortement déconseillé durant cette période, de se marier, d'ouvrir une nouvelle activité commerciale, de voyager et même de déménager ...

Le Hungry Ghost Festival d'autrefois
"Les gens étaient alors plus superstitieux que de nos jours. Je me souviens lorsque j'étais enfant, c'était le mois en particulier où ma mère me mettait en garde contre un certain nombre de choses que je ne devrais pas faire: sortir la nuit après le coucher du soleil, jouer dans la cour de récréation, dire du mal des gens (ou même des fantômes), montez sur les tas des cendres de papier brûlé ", nous confie Alexius Tan*.
"Des opéras chinois dans les rues, sur des scènes de fortune, étaient monnaie courante qu'il pleuve ou qu'il fasse très chaud, que le public soit au rendez vous ou pas, peu importait car ces représentations n'étaient pas faites pour faire vivre la troupe mais pour calmer les âmes errantes. (...) Je me rappelle que des dragons géants constitués de bâtons d'encens s'alignaient le long des rues. C'était un mois très enfumé, les bâtons d'encens allumés du matin au soir et les offrandes en papier qui brulaient formaient un brouillard persistant."

Le Hungry Ghost Festival d'aujourd'hui
Les festivités d'aujourd'hui sont moins élaborées, et après plusieurs générations, l'importance de la célébration a diminué. Pour préserver l'environnement la NEA (l'Agence Nationale pour l'Environnement) a émis des restrictions et les offrandes d'encens ont été réduites au fil des ans.
Certaines superstitions sont encore respectées, les gens croient généralement qu'il vaut mieux prévenir que guérir et il n'est pas du tout nocif de rester chez soi de toute façon.
"De nombreuses entreprises locales organisent des prières et des prêtres sont payés pour venir chanter afin de calmer les fantômes affamés. Elles achètent des tonnes de riz, des boîtes de conserves, des fruits frais et autres aliments en guise d'offrandes. Les employés brûlent des montagnes de papier (argent, voitures, maisons et autres articles). Après la prière commune, chaque employé partage sa nourriture.
Des théâtres populaires de rue chinois, sous forme de spectacle très vivant sont organisés, on les appelle les Getai. Ils adaptent des opéras, des romans, des téléfilms et les entrecoupent de sketches comiques et de chansons populaires. Le Getai a pour but de divertir et d'attirer la jeunesse, pour que cette tradition se transmette aux générations suivantes.
A mon avis, le Hungry Ghost Festival à Singapour va continuer de changer car il représente une culture en constante évolution propre à la communauté chinoise de Singapour
."

*Alexius Tan est Singapourien. Il est né dans les années 1980 et a grandi dans une famille traditionnelle chinoise. C'est un passionné de l'écriture et des langues.

 

Article déjà publiée par Carole Chomat pour lepetitjournal.com/Singapour

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