Vivre en tant que LGBTQ+ en Corée du Sud : le guide complet

Par Damien Bouhours | Publié le 15/08/2022 à 20:00 | Mis à jour le 17/08/2022 à 14:59
Vivre en tant que LGBTQ+ en Corée du Sud

L’expatriation est parfois plus compliquée pour les personnes LGBTQ+. Quelle est la situation en Corée du Sud ? Est-ce que les membres de la communauté ont les mêmes droits ? Quelles sont les lois en vigueur ? Quels sont les lieux où sortir en toute sécurité ? Suivez le guide arc-en-ciel de l’expatriation en Corée du Sud.

 

Être gay, lesbienne, trans, ou bisexuel.le peut s’avérer compliqué en Corée du Sud. Comme de nombreux pays asiatiques, la société sud-coréenne est assez conservatrice et on ne préfère pas afficher son orientation sexuelle. Tout ce qui est de l’ordre du privé, reste dans le privé, que ce soit dans le monde professionnelle mais aussi auprès de ses parents.

 

Comment est acceptée la communauté LGBTQ+ en Corée du Sud ?

Si les moeurs changent notamment chez les plus jeunes, les personnes membres de la communauté LGBTQ+ n’ont pas les mêmes droits que les autres et continuent d’y être discriminés. L’homosexualité, d’ailleurs plus que la transexualité, reste un sujet tabou et peu de personnes en discutent ouvertement en public, à part à son cercle amical proche. Si de plus en plus de K-drama évoquent des relations entre personnes du même sexe, peu d’artistes et de personnalités sud-coréennes ont fait publiquement leur coming-out. L’homosexualité n’y a d’ailleurs été dépénalisée qu’en 2003.

 

Quelles sont les droits pour les personnes LGBTQ+ en Corée du Sud ?

Comme dans de nombreux pays asiatiques, le mariage entre personnes du même sexe n’est pas légal en Corée du Sud. Les couples étrangers ne peuvent pas non plus faire reconnaitre leur mariage sauf dans le cas des diplomates étrangers.

L’homosexualité n’est pas illégale ou pénalisée mais il n’y a pas de protection spécifique en cas de discriminations ou d’actes homophobes. Donner son sang n’est pas autorisé pour les homosexuels et les thérapies de conversion y sont toujours légales.

 

Quels sont les droits pour les personnes transgenres ?

Les personnes transgenres sont autorisées à réaliser une opération de réaffectation sexuelle dès l’âge de 20 ans. Elles peuvent également demander une modification des informations liées au genre sur leurs documents officiels.

 

Vivre en tant que LGBTQ+ en Corée du Sud

 

L’homosexualité punie au sein de l’armée sud-coréenne

Un service militaire d’environ deux ans est obligatoire pour tous les hommes de nationalité sud-coréenne, entre 18 et 28 ans. Or, l’homosexualité doit y être complètement invisible. Récemment cependant, des avancées semblent prendre forme.

 

Les relations sexuelles entre personnes consentes du même sexe dans l’armée sud-coréenne sont passibles, selon la loi pénale militaire, d’une peine allant jusqu’à un an de prison. Or, la Cour suprême de Corée du Sud a annulé récemment plusieurs jugements datant de 2017. La Cour a estimé que si les actes sexuels entre personnes de même sexe ont eu lieu en dehors de la base, alors que les soldats n'étaient pas en service et par consentement mutuel, la loi ne s'applique pas. Elle a également estimé que la criminalisation de ces actes violerait de manière déraisonnable le droit à l'autonomie sexuelle des soldats et nierait leurs droits à la non-discrimination, à l'égalité et à la dignité, ainsi que leur droit à la poursuite du bonheur garanti par la Constitution. 

 

Le rapport d'Amnesty International Serving in Silence : LGBTI People in South Korea's Military a révélé l'impact destructeur sur les personnes LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexes) de la criminalisation des relations sexuelles entre personnes de même sexe consentantes dans l'armée sud-coréenne.

 

Un bar gay à Itaewon, Séoul

 

Quels sont les lieux LGBTQ+ pour sortir à Séoul ?

Si la scène LGBT reste encore discrète en Corée du Sud, les lieux gay-friendly sont principalement situés dans les quartiers d’Itaewon (et sa Homo Hill) et de Jong-Ro. Malheureusement, les clubs exclusivement lesbiens de Séoul comme Labris ou Pink Hole sont aujourd’hui fermés.

 

Le bar Soho à Itaewon

Le plus grand et le plus populaire des bars et clubs gay de Séoul, le Soho est un lieu inclusif où les gays, lesbiennes, trans et alliés hétérosexuels se retrouvent et passent un bon moment.

 

Le Queen à Itaewon

Ouvert uniquement le vendredi et le samedi, cette boîte de nuit est l'une des plus sympathiques de Homo Hill. Le bar Queen n'est pas aussi grand que les autres, donc ne venez pas trop tard ! 

 

Why Not à Itaewon

Ce bar est prisé par la communauté gay de Séoul, qui y apprécie autant les cocktails que les potentielles rencontres. Alors Why not ?

 

 

Des associations LGBT+ à Séoul pour les expatriés

De nombreuses associations sud-coréennes tentent d’apporter plus de visibilité à la cause LGBTQ+ dans le pays. Nous vous en présentons trois qui acceptent dons et bénévoles.

 

Solidarity for LGBT Human Rights of Korea (HaengSeongIn)

HaengSeongIn a débuté en tant qu'association LGBT de l'université coréenne en 1997 et a changé de nom pour devenir l'organisation actuelle, HaengSeongIn, en 1998. Depuis lors, notre organisation, en tant que représentant LGBT, a mené des activités LGBT jusqu'à aujourd'hui. De nombreuses diversités de genre, telles que les lesbiennes, les gays, les bisexuels, les transgenres/transexuels et les intersexuels se réunissent pour que la société respecte les droits de l'homme des minorités.

 

KQCF (The Korean Queer Culture Festival)

Cette organisation s'occupe notamment du Korean Queer Culture Festival qui vient de se relancer après la pandémie. La KQCF ne peut fonctionner que grâce aux efforts bénévoles de son personnel et aux dons financiers de particuliers et de groupes queer/alliés. Elle accepte les dons tout au long de l'année et utilise les fonds pour financer et organiser les événements de la Fierté (très coûteux) en Corée chaque été, à Séoul et à Daegu.

 

DDing Dong

Centre d'aide aux jeunes LGBTQ DDing Dong soutient et protège les adolescents des minorités sexuelles qui sont confrontés à des situations de crise et les guide pour qu'ils mènent une vie indépendante, garantie de bien-être physique et mental et d'estime de soi en fonction de leur orientation sexuelle et de leur identité de genre.

 

DDing Dong a l'intention de devenir une organisation polyvalente qui aide les adolescents homosexuels à se reposer, à jouer, à prendre des repas, à dormir, à se laver, à étudier, à apprendre les droits de l'homme et les aide à être indépendants. Elle s'efforcera également de devenir un refuge professionnel fonctionnant 24 heures sur 24. Vous pouvez l’aider en faisant des dons depuis son site.

 

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Damien Bouhours

Damien Bouhours

Diplômé de sociologie à l'Université de Nantes et Tromsø (Norvège), il a vécu plus d'une décennie en Asie du Sud-Est (Laos et Thaïlande). Il a rejoint lepetitjournal.com en 2008 dont il est directeur éditorial et partenariats.
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