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Carnaval et dépenses publiques : faisons les comptes !

Par Perrine Bernard | Publié le 11/03/2019 à 11:00 | Mis à jour le 11/03/2019 à 11:00
Carnaval et dépenses publiques : faisons les comptes !

Le carnaval de rue est une fête populaire organisée par les municipalités. Cet événement attirant les foules, une gestion est mise en place pour accueillir les carnavaliers afin d’assurer le bon déroulement des festivités. Cela représente un coût non négligeable sur les finances publiques, tandis que l’heure est aux restrictions budgétaires. Financement du carnaval par les sponsors, annulation de l'évènement : débat et polémiques sur des dépenses jugées inutiles.

 

La Municipalité organise le carnaval de la ville à ses frais

L’organisation du carnaval est un travail considérable pour la ville, qui doit monter l’ensemble des structures destinées à accueillir les artistes et le public: les scènes, les estrades, les barrières de sécurité destinées à  redirectionner la circulation de la ville, l’installation de toilettes publiques dans toute la ville, le nettoyage des rues… Associés aux services de sécurité et de secours d’urgence, l’organisation du carnaval implique des dépenses considérables. Prenons l’exemple de la ville de São Paulo en 2018, le carnaval aurait coûté 10,5 millions de reais. Cette année les dépenses sont estimées à  environ 15 millions de reais. Sauf, que cette fois-ci les directives budgétaires concernant le carnaval ont été très claires : le Préfet de la ville João Doria a employé la phrase: «  objectif coût zéro ». Comment faire? La stratégie est de trouver des grands sponsors pour l’événement. La méthode fonctionne puisque l’année précédente, la préfecture a réussi à récolter 5 millions de reais, cette année ils sont arrivés à la hauteur de 10 millions de reais. Cette combinaison marche pour les grandes villes, qui accueillent plusieurs millions de personnes - plus 3 millions de personnes ont été accueillies pour le carnaval de São Paulo. En revanche, cela reste plus compliqué pour les autres villes.

 

Le carnaval de rue 2019 annulé dans certaines villes pour restrictions budgétaires

Les festivités ont été annulées dans plusieurs villes du Brésil. Cela a été le cas notamment à Taraucá (Accre).  Le Préfet s’est exprimé clairement sur son choix d’annuler l’évènement et d’investir l’argent habituellement dépensé pour ce dernier (environ 100.000 reais) dans l’amélioration de la ville. Santa Cruz de Cabralia, petite municipalité à proximité de Porto Seguro ( Bahia) a également annulé la fête, souhaitant maintenir les restrictions budgétaires de la ville afin d’équilibrer les dettes, sachant que certains fonctionnaires n’ont pas encore reçu l’ensemble de leurs salaires. Quant au traditionnel carnaval de « jardim » à proximité de Campo Grande, qui investit chaque année plus de 95.000 reais dans les festivités, a aussi refusé de participer cette année et s’engage à reverser la somme dans l’éducation.

 

Le carnaval indispensable au maintien de l’économie des villes touristiques du Brésil

D’après les chiffres du ministère du tourisme, les villes qui attirent le plus de carnavaliers sont : São Paulo, Salvador de Bahia, Rio de Janeiro, Recife, Olinda. L’évènement rapporte à l’échelle nationale entre 7 à 9 milliards de reais à l’industrie du tourisme, transport, hôtellerie, restauration. D’autres villages du littoral dépendent de ces jours fériés nationaux pour remplir les chambres d’hôtes et les restaurants, cela crée des emplois et revigore l’économie locale.

 

La polémique : économiser ou s’amuser ?

Il existe un réel débat entre les partisans du carnaval et ceux qui condamnent les dépenses publiques liées à l’évènement. Il existe même des pétitions demandant son arrêt définitif, le jugeant comme une dépense inutile ou une ode à la débauche. Toutefois, le carnaval n’est pas seulement une question économique, il est dans son symbole la ré-appropriation de l’espace public par le peuple et la consolidation des liens sociaux au sein d’une population.

perrine bernard

Perrine Bernard

Correspondant pour lepetitjournal.com. Rédactrice pour l'édition de Sao Paulo et interlocuteur commercial pour vos placements publicitaires.
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