

Le Docteur Lanteri-Minet vient d'être nommé en qualité de Chef de Service du Département Douleurs et Soins Palliatifs du CHU de Nice.
Nous lui avons posé quelques questions sur l'actualité du Traitement de la Douleur.
En 2007, le thème choisi sur la douleur est : douleur chez la femme. Pourquoi ce sujet ?
En fait ce sujet est choisi par l'IASP (Internation Association for the Study of Pain) dont la SFETD (Société Française d'Etude et de Traitement de la Douleur) est la section française.
Pas de choses bien nouvelles, nous essayons de mettre en évidence la perception de la douleur par rapport au sexe, de l'influence des hormones sur le cerveau, mais cette analyse est controversée.
Il n'en reste pas moins qu'il y a des spécificités chez la femme : migraine, fibromyalgie, l'accouchement, séquelles du cancer du sein. Dans ce dernier cas, malgré le bon résultat de la chirurgie les douleurs persistent et altèrent la qualité de la vie.
La vulgarisation des centres anti-douleurs?
Je ne dirai pas vulgarisation, mais il est vrai, les besoins sont très importants.
Les douleurs chroniques (douleurs persistantes au-delà de l'évolution naturelle d'une maladie aigue ou d'un temps raisonnable après un traumatisme) y sont soignées.
La prévalence de ces douleurs chez l'adulte français est de 31 %. Chiffre très important?
Par contre en France nous ne sommes pas trop en retard, des structures existent mais ne sont hélas pas labellisées, seulement identifiées.
La labellisation permettrait la pérennité des structures et un meilleur financement.
Il en reste toutefois une inégalité géographique de ces structures. Il nous faut donc adapter la carte française de ces lieux.
Une réflexion auprès de la haute autorité de santé se fait actuellement.
On rencontre encore une certaine réticence de nombreux professionnels ou du public par rapport aux antalgiques?
Oui, ce sont souvent des réticences culturelles, c'est très français.
Reconnaissons tout de même que la prescription d'opioïdes liée aux soins s'améliore.
Le plan (3e) de lutte contre la douleur,* mis en place par le Gouvernement est-il en bonne voie d'application ?
Il est actuellement mis en veille car le gouvernement souhaite des actions plus rapides, des objectifs ? résultats avec tous les partenaires (sociétés savantes, CPAM, chargés de mission du Ministère).
La SFETD est en plein travail sur le sujet actuellement.
Des nouveautés de la pharmacologie ?
Pas beaucoup de nouveautés, mais des perspectives grâce aux progrès de la biologie moléculaire. On identifie actuellement des récepteurs périphériques (chaud, froid, toucher?) dont la conception de nouvelles molécules entraîneront des actions antalgiques plus spécifiques et mieux ciblées. Ceci à brève échéance.
Il reste aussi des approches non médicamenteuses, par exemple stimulation du système nerveux. Nous avons plusieurs cibles dont la stimulation est assez intéressante (médullaire, corticale, hypothalamus), l'action sur l'émotion?
Nous sommes là en grands progrès.
Propos recueillis par Gérard-G. Léopold di Offite. (www.lepetitjournal.com - Monaco), 30 octobre 2007
Infos:
25 octobre 2007
7ème Congrès Annuel de la SFETD Paris La Défense
Du 21 au 24 novembre 2007 "Douleurs Neuropathiques"
* améliorer la prise en charge
renforcer la formation pratique
améliorer les traitements médicaux
structurer la filière de soins




































