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SANTÉ – Allergie : il existe un traitement efficace

Les yeux rouges, la gorge qui gratte, le nez qui démange, cela ressemble à de l'allergie? Comment identifier la rhinite allergique ? Comment en limiter les symptômes et quand consulter ? Médecin conseil du Consulat général de France, le Dr. Nicolas Garrigue travaille en libéral et à l'hôpital universitaire (UBA) Instituto de Investigaciones Médicas Alfredo Lanari, à Buenos Aires. Il fait le point sur cette affection très répandue

(Photo : Barbara Vignaux)

Tout d'abord, qu'est-ce que l'allergie ?
Si on laisse de côté les allergies alimentaires, qui peuvent être dangereuses mais restent rares, l'allergie la plus courante est une affection respiratoire aussi connue sous le nom de rhinite allergique. Réaction excessive du système immunitaire, elle est extrêmement répandue : selon les études, elle concernerait 5 à 20 % de la population. Les premiers symptômes se manifestent en moyenne dans une tranche d'âge de 5 à 20 ans. Cette affection a tendance à se développer, surtout dans les pays  industrialisés, et en particulier dans les agglomérations. Les hommes sont plus affectés que les femmes. En outre, avoir été enfant d'une mère fumeuse, surtout avant l'âge de 1 an, constitue un facteur de risque supplémentaire.

L'allergie ressemble à un simple rhume? Comment l'identifier ?
La rhinite allergique se caractérise par l'inflammation des mucosités nasales, une démangeaison dans le nez, la gorge et parfois dans les yeux. Elle s'accompagne parfois d'une congestion au niveau des sinus. D'autres symptômes, moins fréquents toutefois, sont la perte de goût, une gêne au niveau des oreilles et un écoulement rétro-nasal. Ces symptômes peuvent être très gênants, au point de provoquer absentéisme à l'école et au travail, même si cette affection ne présente aucun danger.

Quels sont les allergènes les plus courants ?
Il faut distinguer deux grands types d'allergie : les pérennes et les saisonnières. Dans le premier cas, les allergènes se trouvent dans l'environnement quotidien, foyer ou lieu de travail : poil de chat, acariens, poussière? Dans le second cas, il s'agit dans la plupart des cas d'une réaction à la pollinisation. Or, à Buenos Aires, le phénomène de pollinisation dure toute l'année, avec l'alternance de diverses espèces : tipa, palo borracho, jacarandá, plátano, lapacho? Les platanes sont parmi les arbres les plus allergènes, mais pas les seuls. Cela explique que certaines personnes n'ayant jamais souffrent d'allergie "deviennent" allergiques en s'installant en Argentine.

Que faire pour soulager les symptômes ?
S'agissant des allergies pérennes, il est recommandé d'aérer régulièrement son logement. De fait, les crises sont plus fréquentes en hiver car les appartements sont alors moins ventilés. Si une allergie de ce type devient trop pénible, faites un test pour en identifier la cause et réduire la qualité d'allergène dans votre environnement : si nécessaire, renoncer à avoir un animal domestique, par exemple. On conseille aussi d'envelopper matelas et oreillers de revêtements hermétiques (pour éviter le contact avec les acariens), d'éviter les atmosphères humides (en utilisant, au besoin, un déshumidifiant) et la moquette, et de laver le linge de maison à plus de 50°C. L'air conditionné soulage aussi ce type d'affections.

Et dans le cas des allergies saisonnières ?
Il est conseillé aux personnes qui en souffrent de ne pas aérer leur logement le matin : lorsque la ville s'éveille, tous les allergènes circulent. Prêtez attention au moment exact où votre allergie a débuté, afin de mieux en identifier la cause et d'éviter l'exposition à cet allergène (platane, par exemple).

Et lorsque ces mesures de prévention ne suffisent pas ?
Si nécessaire, il existe une solution efficace et sûre : les corticoïdes en inhalation, qui constituent aujourd'hui la première ligne de traitement. Ils peuvent être combinés avec les antihistaminiques de seconde génération, non sédatifs, utilisés depuis 1987 (pour remplacer la génération antérieure d'antihistaminiques, qui étaient très sédatifs). Des études probantes ont été conduites sur un gigantesque échantillon au Royaume-Uni (286.000 patients) pour vérifier l'innocuité de ce type de corticoïdes. Ces médicaments, efficaces dans la très grande majorité des cas, peuvent être prescrits par un généraliste. Un allergologue ou un ORL pourront être consultés en cas d'allergie très grave.

Propos recueillis par Barbara VIGNAUX - (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) le mercredi 12 mai 2010

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