

Marcello Catalano est italo-belge et vit à Rome depuis 26 ans. Comédien de formation, réalisateur de 22h22 sélectionné dans de nombreux festivals, il livre sa vision de la ville éternelle
Marcello Catalano, comédien italo-belge, vit depuis 26 ans à Rome. ((photo S.F.)
Dans quel quartier vivez-vous ?
Dans le Rione Monti. C'est un quartier assez tranquille qui appartient encore à ses habitants. Cela ressemble à un petit village.
Quand et pourquoi Rome ?
Je suis d'origine italo-belge et j'ai passé toute mon enfance en France. Après avoir eu mon bac à Strasbourg, j'ai eu envie de tenter le concours de l'Académie Nationale d'Art dramatique Silvio d'Amico. J'avais envie d'Italie, de couleurs.
Professionnellement, quel bilan tirez-vous de cette expérience ?
Il est difficile de travailler à Rome sans réseau. Le cinéma italien est très politisé. On travaille beaucoup sur présentation ou recommandation et moins sur la valeur réelle de l'acteur. En France, j'ai le sentiment qu'il y a plus de respect par rapport au travail, les opportunités sont peut être plus fréquentes. Il est également plus difficile de monter des projets. Les subventions sont plus difficiles à obtenir par rapport à la France.
Rome en une phrase ?
Incantevole ! C'est une ville magnifique où la vie est très agréable mais qui peut également avoir un coté très pénible si on pense à la circulation ou l'administration. J'entretiens avec Rome une relation amour-haine.
Qu'aimez-vous à Rome ?
En plus du climat et des couleurs, l'indolence des gens.
Ce à quoi vous ne vous êtes jamais fait ?
L'administration et une certaine lassitude de la classe dirigeante de se contenter de ce qui existe. Rome pourrait être une ville à l'avant-garde mais elle vit sur ses acquis. Elle ressemble à une cité provinciale où les choses ne bougent pas énormément.
Vos bons plans à Rome ?
Les Fori imperiali, le Palatino et la Villa Doria Pamphili sont les endroits idéaux pour se balader. Pour manger du poisson, j'aime beaucoup aller au Tempio di Iside près du Colisée ou, si j'ai un peu de temps, aller à Maccarese à la trattoria de La Playa : on y mange sur la plage? Bien que le brunch ne soit pas très répandu à Rome, le Café café via de SS. Quattro en sert un excellent. Pour le soir, j'aime beaucoup la piazza di Pietra et le Salotto 42 ou tout simplement profiter des charmes de la piazzeta della Madonna dei Monti.
Ton mot ou ton expression préféré(e) en italien ?
Li mortacci de Pippo. C'est une expression qui peut être offensante si elle est adressé à quelqu'un en particulier. Néanmoins, dans le contexte romanesque, elle s'adresse à Pippo (personnage de Walt Disney). Elle devient alors une expression de surprise, de réaction. C'est comme si on disait "oh la vache!" ou "mince alors!" et dite par des Romains, elle m'a toujours fait marrer.
La recette italienne qui épate tes convives ?
Les lasagnes et la parmigiana. C'est inratable et ça plait à tout le monde.
Le plus bel endroit en Italie ?
La Toscane et les Pouilles. J'aime me rendre en Toscane pour ses agritourismes où on peut se relaxer sur une terrasse. Le panorama est très reposant et régénérant. Pour les Pouilles, le paysage est tout simplement magique. J'aime cette terre rouge, presque sang. Je ne me lasse pas de balades dans les champs d'oliviers ou en bord de mer du côté de Salento.
Quels conseils pour ceux qui souhaitent vivre à Rome?
Il faut savoir se laisser vivre et accepter l'indolence romaine.
Propos recueillis par Sara Fredaigue (www.lepetitjournal.com - Rome) mercredi 1er juillet 2009
En savoir plus sur Marcello Catalano :
Arrivé à 18 ans à Rome, Marcello Catalano s'est formé à l'Académie nationale d'art dramatique Silvio d'Amico. Après des débuts au théâtre avec Luca Ronconi et Lorenzo Salveti, il s'est tourné vers le cinéma et la télévision. En France, il a participé au téléfilm de Marion Sarrault La Florentine. En Italie, il a notamment tourné aux côtés de Monica Belluci et sous l'?il de Giuseppe Tornatore dans Malena. Il a également joué dans La mémoire perdue de Pier Paolo Gandini remarqué au 50ème festival international de Venise. Il a par ailleurs collaboré au film de Giuseppe Bertolucci L'Amour probablement et de Eugenio Cappuccio Volevo solo dormirle addosso. En 1996, il est passé à la réalisation avec 22h22, court-métrage sélectionné dans de nombreux festivals dont celui de Venise, Palm Springs, Uppsala (Suède). Il travaille actuellement à l'adaptation du livre Plus fort que la haine de Tim Guénard. Ce projet a retenu l'intérêt de Corinne Touzet chez Yes Production et est actuellement en montage de co-productions.


































