Portraits : six femmes historiques qui ont marqué Rome

Par Lepetitjournal Rome | Publié le 14/09/2022 à 17:30 | Mis à jour le 15/09/2022 à 11:51
femmes historiques de l'histoire de rome

Si Rome est réputée pour ses monuments historiques, des femmes remarquables en font également la renommée. La rédaction met à l’honneur les femmes romaines qui ont marqué la capitale italienne.


Diana Scultori Ghisi, première femme d’affaires italienne (1547-1612)

C’est grâce à elle que les femmes ont pu effectuer des carrières publiques en Italie. Formée à la gravure dès son plus jeune âge, elle a acquis une respectabilité pour sa ténacité inédite. En 1576, alors qu’elle est déjà réputée comme femme d’affaires à Rome, elle démarche la cour pontificale pour demander l’autorisation de vendre ses gravures sous son propre nom, celui de Diana Mantovana. Elle obtient l’accord de la cour et devient alors la première femme autorisée à vendre son travail sous son propre nom. Devenue une artiste talentueuse, elle produit 62 tirages jusqu’à sa mort. Le célèbre peintre Vasari lui rend hommage dans son édition des Vite.

 

Caterina Scarpellini, astronome mondialement reconnue (1808-1873)

Fraîchement âgée de 18 ans, elle s’installe à Rome et travaille avec son oncle à l’observatoire de l’université romaine de La Sapienza. Dès 1847, elle fonde et dirige, avec son mari, le journal Corrispondenza scientifica in Roma. Elle choisit alors de créer en 1856, près de l’observatoire de la Sapienza, une station météorologique et ozonométrique. Grâce à ses observations, elle découvre une relation entre la concentration d’ozone dans l’air et la propagation du choléra à Rome en 1867. Membre de l’Accademia dei Georgofili, dei Quiriti et de la Société impériale des naturalistes de Moscou, elle est reconnue par le gouvernement italien pour son travail en obtenant, en 1872, la médaille d’or de l’État italien. Elle s’éteint l’année suivante.


Settimia Spizzichino, survivante de la Shoah (1921-2000)

Fille d’un libraire et d’une enseignante, elle est née dans le ghetto juif de Rome, devenant la cinquième enfant d’une fratrie de six. Elle est déportée à l’âge de 22 ans, en octobre 1943, lorsque les nazis ont raflé plus de 1.000 juifs vivant dans le ghetto de Rome. Arrivée à Birkenau après six jours de voyage dans un train à bestiaux, elle est rasée et tatouée sur le bras avec le numéro 67210. Elle est transférée ensuite à Auschwitz où elle a subi les expériences du docteur nazi, Josef Mengele. Elle sera l’unique survivante du groupe de femmes juives qui avaient été déportées avec elle. Dès son retour, elle a effectué un travail de mémoire en témoignant à la télévision et dans les écoles et ce, jusqu’à son décès, en l’an 2000. À Rome, une allée au Parco della Pace, une école et un pont entre Via Ostiense et le périphérique portent son nom. Le documentaire « Nata 2 volte: storia di Settimia ebrea romana » lui est consacré.

 

Sofia Corradi, fondatrice du programme Erasmus (née en 1934)

Étudiante à l’Université romaine La Sapienza, elle part en 1957 effectuer un master en droit comparé à l’Université de Columbia (États-Unis). Une fois diplômée, elle rentre à Rome mais rencontre des difficultés : La Sapienza ne reconnait pas son diplôme obtenu à l’étranger. Elle est alors obligée de suivre le cursus en Italie pour valider son niveau d’études. C’est ainsi que lui vient l’idée du programme en Erasmus. En 1969, elle publie dans les journaux italiens un communiqué intitulé « La conférence des recteurs italo-français : accords pour la reconnaissance des études faites à l’étranger », qui entraine alors la réforme de l’université italienne. Il faudra attendre 1976 pour que la Communauté économique européenne (CEE) encourage les échanges d’étudiants entre les différents pays. Après plusieurs années d’expérimentation, le programme Erasmus est adopté en 1987. En 2016, elle remporte le Prix Carlo V pour avoir inventé le programme Erasmus. Pour les 30 ans du projet, Sofia Corradi a prononcé le discours officiel à l’Assemblée des présidents de chacun des pays de l’Union Européenne.

 

Alda Fendi, mécène artistique (née en 1940)

Cadette des cinq soeurs Fendi, Alda Fendi a contribué à la prospérité de la célèbre maison de couture italienne conçue par son père. Chacune des soeurs avaient choisi une spécialisation et celle d’Alda Fendi était la maroquinerie. Ce domaine est devenu un des aspects fondamentaux de la marque de luxe. Elle a alors travaillé avec Karl Lagerfeld. Elle a cependant toujours eu une grande passion pour l’art, ce qui l’a amené à concevoir, en 2001, la Fondazione Alda Fendi. La fondation a financé onze spectacles conçus et produits par Raffaele Curi, mais aussi le festival du film de Rome ainsi qu’une participation à la Biennale de Venise, une exposition au musée Guggenheim de Venise et la publication de trois livres. Après ces différents succès, Alda Fendi a décidé d’ouvrir un musée à Rome, entre le Mont Palatin et la Bocca de la Verità, dans le coeur historique de Rome, la Rhinoceros Gallery. Grâce à son mécénat artistique, Alda Fendi a été promue chevalier de la Légion d’honneur par l’ambassadeur de France en Italie, Christian Masset.


Barbara Jatta, conservatrice des trésors du Saint-Siège (née en 1962)

Historienne de l’art mondialement reconnue, Barbara Jatta est née dans une famille appréciant les oeuvres d’art. Sa grand-mère est peintre et sa mère ainsi que sa soeur sont restauratrices d’art. Après avoir travaillé au Royaume-Uni, au Portugal et aux États-Unis, elle s’installe, en 1996, à la bibliothèque apostolique du Vatican. En juin 2016, elle obtient la vice-présidence des musées du Vatican. Dès le mois de décembre de la même année, le Pape François la nomme directrice des musées du Saint-Siège. Elle succède alors à Antonio Paolucci et devient la première femme à occuper ce poste. Elle incarne désormais, à Rome, le début d’une féminisation des responsabilités du Vatican et permet d’ouvrir la voie aux autres femmes.

Suzanne Zeller

 

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Marie Astrid Roy

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