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Dialogues du Farnèse : un débat passionnant porté sur les énergies de demain

Par Noé MALAPRIS | Publié le 09/11/2021 à 09:45 | Mis à jour le 10/11/2021 à 13:34
dialogues du Farnèse

Mardi dernier, un débat a été organisé à l’ambassade de France en Italie, dans le cadre des « Dialogues du Farnèse ». Autour de la table, quatre experts se sont livrés à des échanges très instructifs, que des non-initiés pouvaient comprendre grâce à l’accessibilité des paroles délivrées par les intervenants. Loin d’utiliser des termes jargonneux et d’oublier leur auditoire, ils ont au contraire fait l’effort de se rendre compréhensibles de tous. Une stratégie payante, car la conférence fut passionnante.

 

Etaient donc présents quatre experts de l’énergie ; deux Français, et deux Italiens. Les Français étaient Jean-Marie Tarascon, professeur au Collège de France et associé de l’Académie des Sciences, et Jean-Baptiste Fressoz, historien des sciences, de la technologie et de l’environnement, qui participait au débat en visioconférence. Les Italiens étaient Lorenzo Mottura, cadre chez Edison, et Gilberto Dialuce, président de l’ENEA (Agence nationale des nouvelles technologies, de l'énergie et du développement économique durable).

La soirée a commencé avec l’introduction de M. l’Ambassadeur Christian Masset, qui a rappelé que le thème des nouvelles énergies et du réchauffement climatique est on ne peut plus actuel, avec la tenue en l’espace d’une semaine du G20 de Rome et de la COP26 de Glasgow.

 

Des innovations pour de meilleures performances énergétiques

Le débat a porté, au début, sur la possibilité dans les années à venir, d’améliorer le rendement énergétique des appareils comme les batteries, en augmentant leurs capacités – on parle par exemple de batteries « intelligentes » à l’horizon 2030 –, ce qui leur permettrait de consommer moins d’énergie. La possibilité d’électrifier les consommations et de moins dépendre d’énergies polluantes est aussi invoquée comme un moyen d’améliorer la performance énergétique. C’est le cas également du recours à des gaz verts comme le biométhane ou l’hydrogène, qui devraient représenter 10% du bouquet énergétique en 2030.

 

L’idée de transition énergétique remise en cause

Jean-Baptiste Fressoz balaye cependant vite l’idée selon laquelle une transition énergétique pourrait s’opérer, sans rien modifier d’autre, en remplaçant seulement les énergies fossiles par des énergies renouvelables. Il rappelle qu’en réalité, les énergies ne sont pas dans des rapports de substitution, mais de symbiose. Il démystifie l’idée de transition énergétique par une démonstration historique : lors de la Révolution industrielle, l’utilisation massive du charbon n’a pas arrêté net la consommation de bois. Bien au contraire : plus on consommait de charbon, plus on consommait de bois. La mécanique est similaire lors de l’irruption du pétrole, qui n’a absolument pas entraîné la fin de l’utilisation du charbon.

 

Le nucléaire, solution miracle ?

Les énergies renouvelables ne pourront donc pas être seules dans le bouquet énergétique du futur. Et si la solution du nucléaire pourrait apparaître évidente, tant la fiabilité de la 4e génération de centrales est grande, cette idée est finalement à nuancer largement, notamment car il n’est ni souhaitable ni envisageable que prolifèrent des centrales nucléaires partout sur la planète.

 

Un besoin de sobriété

La conclusion du débat est que, si l’innovation est bienvenue et n’est en rien rejetée, il est nécessaire et urgent de reconnaître la sobriété énergétique comme le comportement principal à adopter. Car des améliorations à la marge ne feront que retarder l’échéance, sans y résister réellement.

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Noé MALAPRIS

Noé MALAPRIS

Étudiant à Sciences Po, j'ai la chance de passer ma 3e année à Rome, où j'effectue un stage d'un semestre au Petit journal.
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Marie Astrid Roy

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