Édition internationale

RENCONTRE - Dominique Depriester, un conseiller engagé

Écrit par Lepetitjournal Rome
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012

Enseignant de Sciences de la vie et de la Terre au lycée Chateaubriand, Dominique Depriester est également un homme engagé. Représentant à l'Assemblée des Français à l'étranger depuis un an, il revient sur son rôle d'élu, ses priorités de rentrée et ses satisfecit

Vous êtes Conseiller à l'Assemblée des Français de l'Etranger. Pourriez-vous nous expliquer votre rôle d'élu ?
J'ai trois niveaux d'intervention. Tout d'abord, je suis membre de droit d'un certain nombre de commissions consulaires et des conseils d'établissement des lycées français. Ca me permet notamment de faire un travail de fond sur les dossiers de protection sociale ou d'attribution de bourses. J'assiste également en tant qu'élu à deux sessions plénières qui se tiennent à Paris. C'est l'occasion, par ailleurs, de travailler en comité restreint. Pour ma part, je suis membre de la commission "culture et audiovisuel"et de la "commission temporaire des anciens combattants". A la fin de ces sessions, nous transmettons des motions au gouvernement. Enfin, j'interviens au quotidien auprès des administrations françaises. Ce peut être par exemple pour des dossiers de reconstitution de carrières, pour des retraites ou d'attribution de bourses scolaires.

Octobre signe la fin de la rentrée avec la gratuité des frais de scolarité pour les terminales à l'étranger. Etes-vous d'accord avec cette mesure ?
La prise en charge des frais de scolarité des élèves français à l'étranger est ma première préoccupation. La gratuité des frais de scolarité pour les terminales annoncée par Bernard Kouchner ne me satisfait pas. C'est un sujet que nous avons longuement abordé durant la séance plénière le 3 septembre. Il divise les représentants de l'Assemblée des Français de l'étranger. En tant que membre de l'ADFE, je me bats pour une augmentation du budget des bourses afin de pouvoir les répartir sur tous les niveaux scolaires. Il faut augmenter le nombre d'élèves boursiers afin de permettre l'entrée dans le système scolaire français dès la petite section.

Outre le problème des bourses, quelles sont vos autres priorités ?
La protection sociale et la représentation politique des français de l'étranger. Pour la protection sociale, nous craignons une baisse de l'enveloppe allouée au consulat pour l'aide sociale. Pour la représentation politique, nous souhaitons que les représentants de l'assemblée des Français de l'étranger soient à la fois présents à l'Assemblée nationale et au Sénat. Actuellement, nous n'avons que douze élus parmi les sénateurs. Nous souhaitons également faire évoluer l'Assemblée des Français de l'étranger vers une collectivité territoriale d'outre frontière. Cela nous permettrait d'avoir un budget propre comme une région. Avec ce transfert de compétence, nous pourrions, par exemple, gérer les bâtiments des établissements scolaires et les budgets sociaux en tenant compte des spécificités de chaque pays.

Cela fait à peu près un an que vous êtes élu, quel bilan tirez-vous de votre première année de mandat ?
Tout d'abord de la satisfaction. Selon moi, la tenue des commissions en Italie est de plus en plus homogène. Le principe d'égalité me semble davantage respecté. Nous avons également évité la fermeture de l'école française de Florence. Aujourd'hui, elle est gérée par la mission laïque française qui parle déjà d'ouvrir un lycée et veut se lancer dans l'enseignement trilingue français-italien-anglais. Nous avons également effectué un travail important durant les élections afin qu'un plus grand nombre de bureaux de vote soit ouvert. Cela a permis la création de 6 bureaux supplémentaires dans toute l'Italie. A titre personnel, je suis également très heureux de voir des dossiers de retraite et des dossiers sociaux aboutir.

Vous vivez en Italie depuis une quinzaine d'années. Les Français de l'étranger forment-ils une communauté distincte du reste de la société française ?
C'était sans doute vrai il y a quelques années. Aujourd'hui, ça l'est de moins en moins. La communauté française se rajeunit. Les jeunes qui viennent ne sont plus, pour la plupart, des expatriés. Ils cherchent un travail sur place et sont engagés en contrat local. La majorité ont un réel désir d'intégration. Certains sont venus en Erasmus et, charmés par le pays, ont décidé de rester. La communauté française se dissout donc de plus en plus dans la communauté italienne.

Les Français ne partent pas tous dans des conditions favorables. Pensez-vous que la France fait suffisamment pour ses expatriés ?
En termes d'emploi, je pense que des améliorations sont à faire. Il faudrait que la France réussisse à travailler de plus en plus avec les administrations italiennes. Les conseillers EURES ne semblent pas actuellement remplir leur rôle. Il faudrait également prévoir plus de structures qui permettent de préparer son départ pour l'étranger. Partir comporte toujours une part de risques. Le transfert actuel de trois mois d'indemnité chômage n'est pas satisfaisant. Il faudrait également pouvoir étendre la couverture sociale. La France devrait également mettre en place des structures d'aide au retour.
Propos recueillis par Sara FREDAIGUE. (www.lepetitjournal.com - Rome) mercredi 24 octobre 2007

Pour plus d'informations sur Dominique Depriester, cliquez ici

Retrouvez mercredi prochain l'interview de Raymond Petri-Guasco, Représentant des Français de l'Etranger, membre du groupe UFE.

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Publié le 24 octobre 2007, mis à jour le 13 novembre 2012
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