

Philippe Claudel lors de son passage à Casablanca, un potentiel Goncourt 2007... (photo DR)
Philippe Claudel connaît le Maroc qu'il apprécie beaucoup, en particulier l'artisanat dont certains objets ornent l'intérieur de sa maison. Dans le cadre du Salon du livre de Casablanca de 2006, les lecteurs casablancais avaient eu la chance de le rencontrer lors d'une séance de signatures.
Ce voyage à Casablanca fut également l'occasion pour les élèves de classes littéraires du lycée Lyautey de le questionner sur son métier, ses livres et l'écriture en règle générale.
On le retrouve aujourd'hui grâce au Rapport de Brodeck (Stock) qui est un véritable cadeau parmi les 493 romans français de la rentrée littéraire 2007.
Professeur de Lettres, écrivain et scénariste, Philippe Claudel nous avait déjà offert Les âmes grises, prix Renaudot en 2003 et La petite fille de Monsieur Linh que d'aucuns ont sans doute lus et appréciés. Son dernier roman, inscrit dans leur ligne directe, est sans doute le plus abouti. L'auteur y développe toute l'empathie qu'il éprouve pour l'espèce humaine dont il décrit la dualité dans une langue simple et juste dont on ne se lasse pas. C'est un des trop rares livres que l'on pose avec regret.
"Je m'appelle Brodeck et je n'y suis pour rien... ", ainsi débute l'histoire d'un événement tragique survenu dans un village imaginaire, situé à l'Est, où l'on s'exprime peu dans une langue à consonance germanique, après la dernière guerre mondiale.
Veilleur éclairé
Le rapport, commandé à Brodeck par les autres villageois, est prétexte à la description de personnages sombres, de souvenirs amers, de paysages précis.
D'emblée, on ressent de la sympathie pour ce Brodeck qui, peu à peu, au fil de la rédaction du fameux rapport, livrera son passé douloureux. La force de Claudel réside souvent dans l'absence de tout jugement porté, il se contente de décrire magnifiquement et laisse le lecteur seul juge.
La grâce de cette rédaction le place dans les favoris pour le prochain Goncourt? Dans un entretien pour France 2, en 2005, Philippe Claudel livrait : "La guerre, c'est quelque chose qui marque. Un écrivain ne fait que métaphoriser le monde, c'est une problématique qui me hante. L'écrivain est un veilleur".
Le rapport de Brodeck est un roman que l'on devrait impérativement faire lire aux adolescents, tant pour le contexte historique que pour la qualité de l'écriture d'un des meilleurs auteurs français contemporains. Philippe, revenez vite au Maroc, nous réserverons le meilleur accueil au veilleur que vous êtes !
Isabelle GIRAUDET (www.lepetitjournal.com - Casablanca) jeudi 13 septembre 2007

Le Rapport de Brodek
Philippe Claudel
Stock, 21.50 ?




































