Après neuf jours de combats meurtriers, la communautéinternationale a tentéhier de reprendre le dessus, dans le conflit entre Israël et le Hezbollah. Alors que Tsahal semble bien décidée àpoursuivre son opération, le Premier ministre libanais s'est ému de voir son pays abondonnéàson sort

Neuf jours de combat meurtriers et toujours pas le bout du tunnel. Alors que le conflit entre Israël et le Hezbollah, de l'aveu même du chef d'Etat major de Tsahal, semble désormais parti pour "durer longtemps", les institutions internationales et les capitales étrangères se sont efforcées hier de reprendre le dessus, pour tenter de trouver une solution àla crise.
Tout au long de la journée, les appels au cessez-le-feu se sont multipliés. Depuis Paris jusqu'àMoscou, en passant par le Vatican, les capitales étrangères ont encore une fois invitéles belligérants àabandonner les armes et às'asseoir àla table des négociations. De son côté, le secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, a renvoyédos àdos "l'usage excessif de la force"par Israël et l'attitude du Hezbollah, qui a "pris en otage"toute une nation.
Accord et désaccords
Devant le conseil de sécurité, Kofi Annan, qui rendait compte des activités d'une mission de médiation envoyée dans la région, a par ailleurs poséles jalons d'un possible plan de règlement du conflit. Ce dernier prévoirait la libération des deux soldats israéliens enlevés par le Hezbollah, le déploiement d'une force de maintien de la paix et l'organisation d'une conférence internationale, devant permettre notamment de lever des fonds pour la reconstruction du Liban.
Les obstacles àla mise en œuvre d'un tel plan, toutefois, sont nombreux. Jusqu'àaujourd'hui, la communautéinternationale n'a pas étécapable de s'entendre sur la question libanaise, en raison de l'opposition des Etats-Unis àune demande formelle d'arrêt des hostilités. Et si Washington, inquiet du nombre élevéde victimes civiles, appelle désormais àplus de retenue, son soutien àl'opération armée israélienne reste entier.
"Que fait la communautéinternationale ?"
Ces tergiversations diplomatiques, hier, ont provoquéla réaction indignée du Premier ministre libanais, Fouad Siniora. "Depuis une semaine, Israël mène le Liban en enfer (…) Les massacres et les destructions se poursuivent sans relâche (…) Mon pays est en lambeaux. Que fait la communautéinternationale ?", a-t-il déclaré. "Les Libanais veulent vivre. Nous refusons de mourir. J'espère que vous ne nous abandonnerez pas", a-t-il ajouté.
Un discours qui, àdéfaut d'être bien reçu par l'ensemble de la communautéinternationale, a étéentendu par la sociétécivile. A Dakar, àIslamabad, àManille, àMoscou ou encore àParis, des dizaines de manifestations ont eu lieu, aux quatre coins du monde, pour soutenir le peuple libanais. Avec un message commun : arrêter le bain de sang.
Valentin BONTEMPS. (LPJ) 21 juillet 2006
"L'exode"des étrangers se poursuit
Au neuvième jour du conflit, les évacuations de ressortissants étrangers se sont poursuivies avec une ampleur sans précédent, hier, au Liban. Un bateau affrétépar le gouvernement français a ainsi évacuéquelque 500 ressortissants français de Tyr, une ville du sud-Liban soumise àde violents bombardements. Plus de 1.000 Américains ont, par ailleurs, quittéle pays, encadrés par une quarantaine de marines, àbord du navire de guerre USS Nashville. Près de 5.000 autres devraient suivre, aujourd'hui et demain. Londres, àson tour, a entaméune évacuation massive de ses ressortissants, via le Bulwark, un navire de guerre capable de transporter plus de 5.000 personnes. Au total, près de 11.000 étrangers ont quittéle pays du Cèdre depuis le début de la semaine, et le mouvement devrait s'accélérer. Les opérations de rapatriement de Français du Liban se poursuivront "aussi longtemps que nécessaire", a fait savoir hier le Quai d'Orsay. Sur les 8.000 Français qui ont demandéàquitter le Liban, près de 2.000 ont déjàétéévacués. (LPJ – 21 juillet 2006)
Lire aussi
Le Courrier international, Israël a-t-il sous estiméson ennemi ?
Le Monde, Fouad Siniora crie la colère et la détresse du Liban
Le Figaro, Israël peut-il vraiment détruire le Hezbollah?
Libération, La colère des Chrétiens de Beyrouth
RFI, «Une solidaritéde circonstance avec le Hezbollah »








































