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Women of New York : Pascaline Lepeltier ou l’amour du vin

Par Portraits de Femmes - avec le soutien de Rue du Paradis | Publié le 05/08/2019 à 14:41 | Mis à jour le 07/08/2019 à 05:53
Photo : Pascaline Lepeltier
Pascaline Lepeltier

Début mars sonne traditionnellement l’heure de la Paulée new-yorkaise. Cet évènement, qui tire son origine de la Paulée bourguignonne, met à l’honneur nombre de vins et de professionnels du milieu viticole. Dans le cadre du mois de la Femme - décrété par notre édition - couplé à cette semaine dédiée au vin, nous vous invitons à découvrir le portrait de Pascaline Lepeltier.

 

Rien ne prédestinait Pascaline Lepeltier à mener une carrière dans le vin, ni sa formation initiale, ni une tradition familiale. Khâgne, Hypokhâgne, des études de philosophie lançaient davantage l’étudiante d’alors sur la voie de l’enseignement de la philosophie. Mais c’est justement grâce à l'un des ses professeurs, grand amateur de vin, et à son enseignement, que « le vin devient une passion », pour Pascaline. S’en suit une année sabbatique qui va être marquée par une véritable révélation : le choix de son avenir professionnel. Pascaline prend alors le virage de sa carrière en se tournant vers un Master en Gestion Hôtelière. C’est au cours de son stage et de la dégustation d’un Château Yquem 1937, lequel allait être servi lors du dessert du mariage de la fille de Bernard Arnault, que Pascaline Lepeltier décide de s’orienter vers le métier de sommelier.

Elle fait son entrée dans un univers originellement masculin, mais dans lequel les femmes s’imposent de plus en plus. D’ailleurs, aux États-Unis, 55% des vignobles sont dirigés par des femmes. Pascaline Lepeltier explique ce phénomène par le fait que le vin ne fait finalement sa véritable apparition au pays de l’Oncle Sam qu’à partir des années 60. Les Américains commencent à découvrir ce délicat breuvage et à y porter un véritable intérêt voire une intarissable passion. Les années 60 correspondent aux États-Unis à la période d’émancipation de la femme. Ces deux phénomènes concomitants peuvent expliquer la féminisation de ce métier Outre Atlantique, alors qu’à la même période, l’univers viticole reste très masculin en France. Mais l’évolution sociétale s’étend jusque dans les vignes, puisque dans l’Hexagone aussi, le milieu professionnel lié au vin commence à se féminiser. Pascaline en est un redoutable exemple.

Elle passe au Cinq, le restaurant du célèbre hôtel Georges V, à Paris. Elle y travaille d’ailleurs sous la direction d’Eric Beaumard, meilleur sommelier européen et vice-meilleur sommelier du monde. Elle travaille pour Rouge Tomate à Bruxelles, où elle est directrice des boissons.

C’est ce même restaurant qui, en 2009, propose à Pascaline Lepeltier de travailler la carte des boissons du restaurant new-yorkais. La voici donc débarquée dans sa nouvelle ville d’adoption. Elle collabore aussi avec le Culinary Center où elle y dispense des cours.

En 2018, elle devient associée du restaurant Racines à Tribeca, où cette passionnée de vins biologiques, naturels et biodynamiques les met à l’honneur.

Entre 2006 et 2018, Pascaline enchaîne les titres. De "meilleur jeune sommelier de France" en 2006, elle est la première femme a obtenir les titres de "meilleur ouvrier de France" et celui de "meilleur sommelier de France", en 2018, prouvant ainsi que les femmes peuvent se faire une belle place dans le monde du vin, à force de persévérance et de travail.

Justement, en tant que femme, ce que Pascaline Lepeltier apprécie tout particulièrement à New York, c’est qu’il y a « moins de stéréotypes sur la gent féminine de ce côté de l’Atlantique ». Mais elle l’affirme avec philosophie : « Il faut toutefois continuer de se battre en tant que femme, quel que soit le pays dans lequel on habite, ne pas oublier que les femmes occidentales sont privilégiées de part la lutte que les générations précédentes ont entreprise. Même si la place de la femme comme l'égale de l’homme n’est pas encore bien entrée dans l’imaginaire collectif ». Du rôle de mère, elle pense qu’il est plus facile d’être une maman en France qu’aux USA. Elle insiste d’ailleurs quant à l’importance de la transmission aux enfants du principe d’égalité et de parité homme-femme. Le système culturel sur cette question est à changer et c’est aux femmes d’y contribuer fortement.

Pascaline Lepeltier l’affirme : « Nous devons nous émanciper sans renier nos différences ». Nous devons le soulever, celle qui a accompli un doublé historique en devenant la première femme lauréate des titres de Meilleur Ouvrier de France et de Meilleur Sommelier de France en est un très bel exemple.

 

Merci Pascaline pour être l’une de nos 31 femmes du mois de mars et comme vous le dites si bien, « nous ne devons pas nous reposer sur nos lauriers ».

 

Pour découvrir le restaurant Racines :

https://racinesny.com

 

Article rédigé par Rachel Scharly - rédactrice en chef de l’édition New York du Petit Journal

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