Pourquoi le french kiss est-il français pour les Américains ?

Par Rachel Brunet | Publié le 19/03/2021 à 17:30 | Mis à jour le 05/04/2021 à 12:45
Deux personnes s'embrassant aux Etats-Unis

Il existe tout un imaginaire autour des Français : romantiques, séducteurs, libres voire un tantinet libertins. Mais surtout, ils pratiqueraient un art : celui du baiser. Un baiser français qui serait moins prude qu’un autre baiser ? Notre édition est partie à la recherche de l’origine de ce fameux french kiss.

 

D’où vient le french kiss ?

Techniquement, un french kiss est un baiser avec la langue. Fougueux et passionné. Un baiser mouillé. Mais il y a autant de manières d'embrasser qu'il y a de femmes et d'hommes. Ce qui plaît à un homme ou une femme fera prendre ses jambes à son cou à un partenaire. Le baiser parfait se construit à deux. Mais pourquoi french kiss ?

Selon Sheril Kirshenbaum, auteure de l’ouvrage The Science of Kissing, — tout un programme — la locution « a french kiss » aurait fait son apparition en 1923. « Il est probable que l’expression ait été adoptée par des Américains ayant voyagé en France et embrassé des Françaises qui n’étaient pas contre un baiser avec la langue », écrit-elle. Il fallut attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale, et le retour des soldats américains d’Europe, avant que la pratique ne se démocratise de l’autre côté de l’Atlantique », affirme Kirshenbaum. Échange de bons procédés. On leur a pris leurs cigarettes Marlboro, ils nous ont pris notre baiser...

En témoigne la célèbre photographie « The Kiss » prise par Alfred Eisenstaedt. Tandis que les piétons regardent, un marin américain embrasse passionnément - un french kiss de toute évidence - une femme en uniforme blanc, à Times Square, pour célébrer la victoire tant attendue sur le Japon. Ce baiser, bien que plus tard controversé, est devenu le symbole de la victoire. Ce baiser, ou plutôt ce cliché, a été pris le jour de l'annonce de la capitulation du Japon, il est devenu l'image icône de la fin du conflit. Greta Zimmer Friedman, assistante dentaire alors âgée de 21 ans, est embrassée à pleine bouche par un marin de l'US Navy fou de joie. Contrairement à ce que ce baiser avait laissé penser, le couple ne se connaissait pas avant cet instant entré dans toutes les mémoires.

 

« The Kiss » par Alfred Eisenstaedt

« The Kiss » par Alfred Eisenstaedt.

 

Un baiser de cinéma

Au cinéma, le french kiss tient aussi la vedette. Avec l’actrice américaine Meg Ryan et Kevin Kline, le film French Kiss raconte l'histoire d'une femme qui s'envole pour la France pour y retrouver son fiancé lequel a des ennuis lorsque un charmant escroc assis à côté d'elle l'utilise pour faire passer en contrebande un collier de diamants volé.

Fougueux, timides, tendres, volés... Les baisers de cinéma restent en tête car ils témoignent de la fusion de deux acteurs, ou rappellent des souvenirs, fiévreux. Parmi les plus célèbres, celui de George Peppard et Audrey Hepburn dans Breakfast at Tiffany's de Blake Edwards en 1961, celui de Cary Grant et d’Ingrid Bergman dans Notorious d'Alfred Hitchcock en 1948 ou encore celui de Leonardo DiCaprio et de Kate Winslet dans Titanic de James Cameron en 1997.

 

5 calories brûlées par French Kiss

Moins glamour, des chercheurs suédois se sont penchés sur l’aspect physique du french kiss.

Lorsque l’on s’embrasse, quelque 40.000 parasites et 250 types de bactéries s’échangent entre les partenaires ! Autant dire qu’on ne peut pas embrasser n’importe qui... Le couple partage aussi 0,7 grammes de protéines, 0,45 grammes de gras et 0,19 grammes d’autres substances organiques… À chaque french kiss échangé, 5 calories sont brûlées et 29 muscles faciaux se mettent en mouvement. La tension artérielle, le rythme cardiaque ainsi que les niveaux d’hormones dans le sang augmentent dans le corps des amants.

En 2001, deux Américains du New Jersey se sont embrassés durant 30 heures, 59 minutes et 27 secondes ! C’est le plus long french kiss de l’histoire.

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Rachel Brunet

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Après être passée par la presse économique et la presse spécialisée, Rachel Brunet est l'ancienne directrice des éditions New York et Miami
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