Faire du vélo à New York: à vos risques et périls?

Par Nicolas Cauchy | Publié le 18/11/2022 à 14:57 | Mis à jour le 18/11/2022 à 15:53
velo new york

Lorsque vous projetez de vous installer à New York, la question des transports fait partie des grandes inconnues parce que, malgré votre bonne volonté et la connaissance que vous avez de la ville, vous aurez toujours tendance à voir trop petit. Aussi, cela ne vous paraîtra pas impossible de traverser New York à vélo pour emmener vos enfants à l’école, qu’il vente, pleuve ou neige. Après tout, vous le faisiez en France, à Paris ou ailleurs. C’est pareil, non? Non. Pas du tout. Et pas seulement à cause des distances.

A New York, à vélo, est-ce qu'on dépasse les autos?

Bien que la situation ait considérablement changé en quelques années avec la construction de pistes cyclables et la mise à disposition de vélos en location, les CitiBike - l’équivalent de nos bien-aimés Vélib’ -, la voiture domine totalement la circulation. Comme dans la plupart des villes du monde me direz vous. Mais à New York, les avenues sont très larges et très impressionnantes. En mauvais état, pleines de trous et de bosses.

Mais, surtout, les voitures sont, pour la plupart, de tailles vraiment démesurées. Au point d’en être à considérer, après quelques mois, une Audi Q5 ou une BMW X3 comme de petites voitures. C’est vous dire la taille des engins entre lesquels vous pouvez être amenés à glisser votre frêle CitiBike. Il y a vraiment de quoi être terrorisé.

En vivant à New York, vous comprenez assez rapidement que la voiture est inattaquable, au-dessus de toute critique; qu’il lui est permis de faire à peu près n’importe quoi sans s’attirer la moindre remarque. Elle est la priorité absolue pour tout le monde. Le chauffeur du bus s’arrêtera un peu plus loin si elle l’empêche de déposer ses passagers à l’endroit prévu. Les autres voitures laisseront sans rien dire la colossale Cadillac Escalade faire un demi-tour en milieu d’avenue. Le cycliste sortira de sa voie réservée pour contourner le tank noir qui l’occupe. Tout cela sans même y penser. La voiture est prioritaire en tout.

Mais il faut dire que le vélo se comporte, lui aussi, très mal.

Autant vous le dire tout de suite: aucun cycliste ne s’arrête au feu. Aucun. Vraiment. Ni à l’approche d’un passage piéton. Et d’ailleurs, aucun agent ne vous verbalisera jamais parce que vous avez brûlé un feu (brûler un feu… quelle expression quand même!) On prend vite l’habitude, je veux dire, quand on est cycliste. Pas quand on est piéton. Le comportement des vélos fait partie du top 10 des comportements qui agacent le plus les New-Yorkais. Avec les piétons qui n’avancent pas. Ou qui prennent toute la place.

Si tout ce que je vous ai raconté ne vous a pas dissuadé, abordons d’une manière un peu plus pratique la question du vélo. Les New-Yorkais n’achètent pas de vélos électriques, à moins d’être livreur pour Uber Eat, mais de formidables engins de course qu’ils utilisent pour faire le tour de Central Park à des vitesses prodigieuses, souvent en tenues colorées (et moulantes). Et c’est vrai que, même en CitiBike, l’expérience est magique. Pas de voiture, chacun son rythme, ça monte suffisamment pour vous faire perdre quelques calories, mais pas assez pour vous dissuader de pédaler dix kilomètres supplémentaires.

Quand ils ne font pas le tour de Central Park, ils s’échappent les week-ends en remontant les voies vertes le long de l’Hudson via Riverside Park, empruntent le Washington Bridge pour partir loin, loin, over land and sea. Ou bien vers Brooklyn ou le Queens.

Il n’empêche: pour atteindre ces voies vertes, vous devrez quand même traverser Manatthan et emprunter ces fameuses routes cyclables.

Elles sont de trois types.

  • Les pistes cyclables, théoriquement préservées de la circulation par des voitures en stationnement ou une barrière physique. Là, on se sent plutôt en sécurité.
  • Les voies cyclables sont peintes sur la route, généralement à proximité immédiate de la bande de stationnements, et sont identifiées par des symboles représentant un vélo. Tout va bien jusqu’au véhicule garé sur votre voie, ou la portière ouverte un peu brusquement.
  • Les voies communes, accessibles aux cyclistes et aux automobilistes. Elles sont identifiées par des symboles représentant un vélo et des chevrons, ainsi que des panneaux. À éviter si vous avec le choix, parce que vous n’en mènerez pas large.

CitiBike ?

Enfin, je voulais terminer cet article en faisant un point spécifique sur les CitiBike - financés, entre autres, pas la CitiBank.

Si vous êtes résident, je vous suggère de prendre un abonnement annuel, environ $180 qui vous permet, entre autres avantages, de ne pas payer à chaque prise de vélo, ce qui apporte beaucoup de souplesse pour faire plusieurs petits trajets dans la journée.

Les vélos électriques sont souvent en panne, mais lorsque vous parvenez à en trouver un récent, vous êtes le roi, ou la reine de New York et traversez la ville sans - presque - faire aucun effort. À noter qu’avec ces vélos, il faut pédaler pour enclencher l’assistance électrique. Mais, abonné ou pas, l’utilisation d’un vélo électrique est assez chère, presque le prix d’un taxi si vous trainez un peu.

L’application recèle également une fonction secrète et très utile: elle vous montre le déplacement des bus en temps réel.

Enfin, pour les utilisateurs fréquents, vous pouvez demander à devenir un « Bike Angel ». À chaque fois que vous prenez un vélo dans une station pleine ou que vous le reposez dans une station vide, vous gagnez des points qui, cumulés, vous permettent des locations de vélos électriques gratuits, des semaines d’abonnement et même, de jolis pin’s.

 

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nicolas cauchy

Nicolas Cauchy

Auteur de romans et d’albums jeunesse, journaliste fondateur de la revue Classica, j’ai travaillé une quinzaine d’années dans le marketing de l’édition avant de fonder une agence de storytelling.
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