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Elle a osé entreprendre : rencontre avec Nadeige Choplet

Par Laure Gudgel | Publié le 30/04/2019 à 21:41 | Mis à jour le 02/05/2019 à 10:31
Photo : Nadeige Choplet
Nadeige Choplet Choplet Ceramics New-York

Muse Within est parti à la rencontre de Nadeige Choplet, artiste et fondatrice de Choplet Ceramics à Brooklyn. Elle partage sa passion pour l'argile au sein de son studio de céramique, dont elle a ouvert les portes en 2006. 

 

Muse Within : qu’est ce que tu voulais faire quand tu étais petite ? 

Nadeige Choplet : Quand j’étais petite, je passais beaucoup de temps à dessiner, à colorier, à faire des choses en 3D. Je passais beaucoup de temps toute seule dans ma chambre. Je pense que c’était déjà clair que j’allais m’orienter sur une voie artistique. 

Quand j’ai du choisir mon orientation pour le bac, j’ai fait un test de psychologie avec mon oncle qui était thérapeute, et alors que je pensais m’orienter sur un cursus linguistique, il m’a amenée à reconsidérer la voie artistique. J'ai passé les concours d’entrée dans les écoles d’arts appliqués où j’ai été prise tout de suite, les choses se sont faites comme ça.

 

Quel genre de femme était ta maman ? 

Ma maman était très révolutionnaire pour son époque, je m’en aperçois maintenant. Mes parents se sont séparés quand j’avais 3 ans et ma maman nous a élevés toute seule, mon frère et moi. Elle a dû faire face à des problèmes de santé physique et mentale, et suite à une grosse dépression, elle a trouvé le bouddhisme, univers dans lequel j’ai été élevée. 

Je me souviens qu’elle faisait son mantra tous les matins et tous les soirs. Elle avait besoin de se sauver elle, de trouver son bonheur pour être en mesure de pouvoir nous élever. Elle était très peu à la maison car très impliquée dans ses recherches spirituelles. 

Elle nous a donné beaucoup de liberté, mais a su nous transmettre et nous inculquer la confiance et le respect. J’ai été élevée dans la philosophie bouddhiste, j’ai de fait appris à me responsabiliser très tôt, à comprendre que je créais moi-même mon karma et que je ne pouvais pas blâmer les autres pour ce qui m’arrivait. Et puis, elle m’a offert mon indépendance, en me soutenant dans mes choix, dans mes prises de décisions et en m’obligeant à me débrouiller par moi-même pour y arriver.

 

Quelles études as-tu faites ?

J’ai commencé avec les arts appliqués, j’ai fait une prépa à l’Ecole Olivier de Serres à Paris, suivi d’un BTS de textile puis d’un DSA - qui correspond à 2 ans après le BTS -  à l’école Duperré, l’école de la mode. Mon diplôme était destiné à former les étudiants au métier de directeur artistique, comprendre le système de collection, comment communiquer avec une équipe sur la création, la conceptualisation et le suivi d’un projet. 

En parallèle, j’ai passé le concours d’entrée aux Beaux-Arts de Paris. J’ai été reçu et j'ai pu faire ma 2ème année de DSA en même temps que je commençais les Beaux-Arts, où j'ai intégré directement  la 3ème année car j’avais déjà une expérience artistique. 

Une fois mon DSA en poche j’ai entamé ma 4ème année aux Beaux-Arts au cours de laquelle j’ai demandé une bourse pour aller étudier aux Etats-Unis, à New York, où je suis restée 2 semestres. Quand je suis rentrée sur Paris pour mon année de diplôme, j’ai candidaté à une Fulbright Scholarship - une bourse internationale - dans le but de retourner étudier à New York. 

J’ai été diplômée des Beaux-Arts avec les honneurs du jury cette année-là, et peu après, j’apprenais que j’avais obtenu la Bourse Fulbright pour retourner aux Etats-Unis, donc j’ai fait mes valises et je suis repartie à New York.

 

Comment s’est passée ton arrivée à New York et tes débuts dans la céramique ?

Quand j’ai visité les arts appliqués, j’avais 17 ans et c'est à Estienne, l’école où j’ai fait mon année de prépa que j’ai vu pour la première fois un atelier de céramique . J’ai été émerveillée tout de suite mais je me rappelle qu’on m‘ait dit que la Céramique n’était pas pour ceux qui étaient doués à l’école, donc pas pour moi. Je me suis laissée influencée et je m’en suis détournée à ce moment-là, mais ça n’était que pour mieux y revenir. 

Quand je suis arrivée aux Beaux-Arts à New York, inscrites en atelier de peinture et que j’ai vu qu’il y avait également une atelier de Céramique, je me suis immédiatement inscrite. C’est là que je suis tombée dans le pot et je n’en suis jamais ressortie.

Je passais tout mon temps dans l’atelier de Céramique, au point que quand je suis rentrée de mon premier voyage aux Etats-Unis pour finir mon année de Beaux-Arts à Paris, j’ai passé mon diplôme en sculpture alors que j’étais rentrée en peinture. Je me rappelle avoir dit à mes chefs d’ateliers que j’allais finalement présenter de la  3D pour mon diplôme et de leur réaction... mais c’est ce que mon instinct me disait, c’est ce que j’avais envie d’exprimer…  et en effet, je me suis mise à travailler plein de matériaux différents, du moulage, du métal... Tout ce que j’avais à exprimer, toutes mes idées, tous mes concepts étaient en volume, il était clair que je devais passer ce diplôme sur du volume. 

Je n’ai jamais vraiment fait les choses comme tout le monde, si je crois en quelque chose, j’y vais, je travaille dur et je vais mettre toute mon énergie dessus. Je n’aime pas qu’on essaie de me mettre dans une case. À la fin de mon diplôme à Paris, la bourse internationale que j’avais obtenue m’a permis de retourner sur New York pour faire un autre Master et c’est là que je me suis vraiment spécialisée dans la Céramique. 

C'est à New York qu'a eu lieu ma première initiation à la Céramique, la première fois que je suis venue, j’avais 23 ans. Je l'ai découvert à nouveau deux ans plus tard quand je suis revenue aux Etats-Unis et puis ça ne s’est jamais arrêté.

 

Comment est-ce que tu as démarré ton business ?

Pendant mon Master de Céramique à New York, l’école m’a proposé un job d’enseignante en sculpture. J’avais mon diplôme des Beaux-Arts de Paris en sculpture et ils m’ont donné l’opportunité d’enseigner un cours. En parallèle, j’étais aussi technicienne de l’atelier et ça m’a permis de gagner un peu ma vie, de payer mon loyer, de manger. Rien d’extra, mais comme je passais mon temps dans l’atelier, ça ne me dérangeait pas. Je n’avais pas beaucoup d’argent, mais j’avais cet accès, presque non limité à un atelier de Céramique, je pouvais cuire mes terres, j’avais le matériel, c’était le bonheur total. 

Et puis, lorsque j’ai été diplômée, j’ai enseigné la Céramique pendant 15 ans, dans deux universités différentes de New York, et en parallèle, j'ai commencé à vendre mes créations. 

Au départ je réalisais mes céramiques dans l’atelier de l’université et puis, comme ça se développait, j’ai commencé à prendre un peu trop de place. C'était le moment d'avoir mon propre atelier. J’ai déménagé à Brooklyn, dans le quartier de Williamsburg et j’ai organisé mon atelier dans le sous-sol de ma maison où je suis encore aujourd’hui et ça, c’était en l’an 2000.

 

Comment as-tu développé ton activité ?

En France, je travaillais avec la Galerie Claude Samuel, avenue Daumesnil qui me représentait. Avec eux, j’ai fait ma première exposition exclusivement en Céramique, ce qui était assez révolutionnaire pour la France à cette époque car la Céramique était encore vue comme de la poterie. Ce qui m’avait vraiment plu à New York, c’est que les céramistes faisaient aussi de la sculpture et toutes sortes d'autres choses, ce qui était complètement nouveau en France.

En parallèle, aux Etats-Unis, j’ai commencé à faire beaucoup de salons de design et “art shows” où j’exposais mes créations et les magasins de design passaient commande.

 

Comment s’est passée la transition entre l’artiste Céramiste que tu étais et que tu es toujours, à la femme entrepreneure qui dirige aujourd’hui une véritable petite entreprise ?

Ça s’est fait assez naturellement, à aucun moment ça n’a été pensé ou réfléchit à travers un business plan, ça n’existe clairement que parce que c’est ma passion ! Je ne suis pas quelqu’un qui pourrait développer n’importe quel business. 

Au démarrage, je travaillais énormément en solitaire dans mon studio et c’était très différent de l'atmosphère que je partageais avec d’autres céramistes et étudiants à l’université. 

Après quelques années à travailler en solo toute la journée, j’ai eu envie de partager mon espace et mes heures de travail avec d’autres personnes. J’ai donc mis ce qu’on appelle ici un “sandwich board” devant la porte du studio, un panneau qui proposait des classes de Céramique. À l’époque, Williamsburg était un quartier très artistique avec une grosse communauté de peintres, de sculpteurs et je me disais que potentiellement, ça pourrait leur plaire.

J’ai commencé avec quelques tours, des tables de travail et les gens ont commencé à venir et à créer. Et puis, comme je suis peintre de formation au départ, que j’ai toujours aimé la couleur et “le textile design” j’offrais une palette de couleurs et de terres assez large, je gardais tout ce que je testais et je le mettais à la disposition des gens dans le studio. Aujourd’hui, on a 12 terres différentes et 50 émaux, question praticalité, ça n’est pas forcément l'idéal et probablement pas le meilleur “business move” mais c’est important pour moi de donner aux gens qui viennent à l'atelier, les mêmes bénéfices que je me donne à moi.

 

Aujourd’hui que représente Choplet Ceramics en terme d’équipe et d’activité ?

En ce qui concerne l’équipe, j’ai 4 personnes qui managent l’atelier avec moi, nous avons 10 techniciens pour faire les émaux, remplir les fours et faire la manutention, 12 instructeurs et 2 personnes qui aident au maintien du matériel, aux réparations constantes, au nettoyage etc...

En terme d’activité, nous donnons des cours au sein du studio Choplet Ceramics, nous offrons également un espace de travail avec un accès à un atelier professionnel et au matériel pour les artistes indépendants au sein de Choplet Williamsburg Center. Nous avons aussi un service de commandes pour les designers, les architectes ou tous ceux qui souhaitent faire réaliser des prototypes design. Et j’essaie également de garder un petit peu de temps pour mon travail personnel.

 

C’est comment de lancer son entreprise aux Etats-Unis? Quelles difficultés majeures as-tu rencontrées ?

Dans mon cas, mon entreprise s’est vraiment développée brique par brique donc petit à petit, mais je dirais que la plus grosse difficulté, c’est le droit du travail et les Ressources Humaines. Il faut être très bien informé et comme nous sommes un petit business, ça n’est pas comme une compagnie qui a son propre service RH, il faut tout gérer. 

En France, mon frère est dans les Ressources Humaines, et dans un autre contexte, il aurait pu m’aider, mais malheureusement le droit du travail ici est complètement différent. Ça reste quelque chose de très important qui prend beaucoup de temps. 

 

Quel est le plus gros sacrifice que tu aies fait pour démarrer ton business?

Quand tu as un petit business, les sacrifices se font tout le temps, pas seulement au démarrage. C’est la place que ça prend dans le quotidien.

Il y a peut être des gens qui sont plus équipés à mettre des barrières entre leur vie professionnelle et leur vie familiale, probablement beaucoup plus en France qu’aux Etats-Unis d'ailleurs, mais pour moi c’est difficile. Et puis ici, nous sommes dans une situation un peu exceptionnelle puisqu’on vit au dessus de l’atelier, mais ça veut dire que cette activité c’est aussi une famille, une grande famille.

 

Quelle est la plus grande peur que tu aies dépassée en lançant ton entreprise ?

Encore une fois, les choses se sont faites petit à petit, ce qui m’a permis de minimiser les peurs. Quand j’ai commencé à vendre mes céramiques, j’étais aussi enseignante donc je n’avais pas tous mes oeufs dans le même panier. Il n’y avait pas la peur de si ça ne marche pas je n’ai plus rien, car j’avais d'autres activités à côté. Et puis je n’ai pas fait de gros investissements au départ, ce qui aurait pu également générer une peur et une pression financière. J’ai vraiment fait les choses au fur et à mesure. J’étais très impliquée et je travaillais très dur, mais je n’avais pas cette peur financière qui peut parfois mettre beaucoup de pression. Au moment de l’agrandissement de l’atelier, il y a 5 ans, avec la hausse du loyer, il y a eu un peu de crainte de ce côté-là, mais l’activité a rapidement suivie donc ça n’a pas été un problème.

 

Un conseil Business que tu souhaiterais partager ?

Je vais certainement donner un conseil qui est complètement inverse de ce à quoi on pourrait s’attendre. 

Je pense que pour se lancer, un certain degré de préparation c’est bien, mais en savoir trop ça peut faire tellement peur. Si tu anticipes toutes les galères que tu vas peut-être devoir traverser, il y a de grandes chances que tu ne le fasses pas. 

Se préparer oui, mais en même temps se dire que les galères vont s’affronter une par une. C'est comme si tu es sur une route de montagne et que tu t'autorises à regarder le prochain virage et peut-être le suivant, mais si tu penses à tous les virages qui t’attendent avant d’arriver en haut de la montagne tu va prendre peur et ça va te ralentir. 

Avancer pas à pas, “small but achievable goals”.

Un autre conseil serait : assures-toi que tu te lances dans ce qui est vraiment ta passion car ça va devenir du travail. Il y a un moment donné où la création passe en secondaire car tu as un business à manager, donc c’est important que l’activité derrière te porte. 

Et puis, parce qu'on travaille avec une petite équipe, il faut aussi être en mesure de savoir faire le travail de l’autre s'il s’absente car ça peut être un vrai problème. Mais ça c’est pour ce qui est des petits business évidemment.

 

Quel est ton rapport à la ville de New York aujourd’hui ?

Je l’aime toujours. Après toutes ces années. Tout change constamment, c’est fou cette ville. Aujourd’hui, ils sont en train de construire le “Hudson Yard” à Manhattan, quand tu crois qu’il n'y a plus de place, ils arrivent encore à ré-inventer un quartier et tout change à nouveau. Mon quartier de Williamsburg a tellement changé depuis que je m'y suis installée. 

New York, c'est cette énergie à aller de l’avant qui te porte constamment, c’est assez incroyable. Ça n’est pas les Etats-Unis, c’est vraiment cosmopolite, c’est “Yes We Can” pour reprendre une phrase célèbre, on peut toujours trouver une solution ici et continuer d'avancer.

Maintenant que j’ai un enfant et que je rentre régulièrement en France, c’est sur qu’il y a une qualité de vie incroyable là-bas et que les choses ont beaucoup évolué, mais à New York, ce mélange de genres, de backgrounds, d’âges, de classes sociales qui peuvent se rencontrer dans une seule soirée, c'est tellement enrichissant !

 

Qu’est-ce que tu préfères dans ton environnement de travail ?

J’aime la collectivité. J’aime que lorsque tu travailles il y ait d’autres gens autour de toi qui travaillent. C’est un  peu comme la gym en fait. (Rires)

Et c’est un peu ce qu’on constate avec le développement des espaces de co-working, les gens cherchent à être entourés, sentir qu’on est pas tout seul, qu’on appartient à une communauté.

 

Quel regard portes-tu aujourd’hui sur le chemin parcouru ?

"Grateful". Je suis reconnaissante que mes efforts aient porté leurs fruits. Reconnaissante aussi de la qualité des relations humaines que nous avons construite et en grosse partie grâce à cet atelier qui attire des gens d’une diversité incroyable. Des plus jeunes au plus âgés. Une de nos enseignantes a fêté récemment ses 75 ans et elle est toujours d’une énergie extraordinaire, elle a tellement de choses à transmettre. Tu peux toujours apprendre de tout le monde. 

Et puis, il y a des vraies relations qui se sont créées à l’intérieur de l’atelier et qui se poursuivent en dehors et ça c’était exactement mon but au départ. Créer un atelier pour pouvoir rencontrer du monde avec des gens “ like minded” et en même temps continuer à travailler. C’est ce dont j’avais besoin et envie, et j’ai eu la chance que ça corresponde aux envies d’autres personnes.

 

Quelle est ta définition du succès ?

Etre heureux dans ce qu’on fait. Le travail fait tellement partie de notre vie, si ton travail ne te rend pas heureux ça va te polluer la vie. J’en reviens,  à la recherche spirituelle de ma mère il y a des années où elle me disait qu’elle devait se battre pour être heureuse parce que pour elle ça n’était pas une évidence. À l'époque, j’étais gamine et je ne comprenais pas ce que ça voulait dire de se battre pour être heureux. Maintenant, avec le recul, je comprends que ça n’est pas forcément donné, qu’il y a un travail à faire dans le relationnel avec les autres, le relationnel avec ton enfant, avec ton partenaire... 

Le succès pour moi c’est si tu peux payer tes factures et que tu n’as pas à t’inquiéter de ça et que tu es heureux dans ce que tu fais.

 

La plus grande leçon que tu aies apprise en étant ta propre patronne ?

L’importance de la communication avec l’autre. Essayer de comprendre un peu d’où vient le point de vue de l’autre. Comme nous sommes une industrie de service, le relationnel avec les autres est très important, comment réussir à mettre des limites, des règles, des guides et les communiquer clairement dans le respect pour que tout le monde puisse s’y retrouver et pouvoir éviter les exceptions individuelles. Gérer l’individu sous toutes ses formes, ça demande beaucoup de travail.

 

Quelle citation t’inspire et te motive à rester toi et à faire ce que tu aimes ?

Quand il y a des difficultés, j’essaie de prendre du recul et me dire qu’au bout du compte “ I am blessed, I am healthy, I am happy “. 

Essayer de voir “The big Picture”. Et puis de temps en temps, quand je sens monter l’anxiété parce que tous les problèmes s’escaladent, je m’arrête pour respirer un bon coup et faire quelques respirations lentes pour mieux redémarrer.

Dans les moments de doutes, mon mari a d’autres approches et ça me fait aussi du bien de parler avec lui et de partager les points de vue.

 

Quels sont les traits de ton caractère dont tu es la plus fière ?

Courageuse, déterminée. Je ne lâche pas. Persévérante.

 

Quelle est ta devise au niveau personnel et/ou professionnel ?

Être honnête, transparente et juste.

 

Selon toi, de quoi le monde a-t-il le plus besoin aujourd’hui ?

Se déconnecter plus souvent de tous nos "devices"... Instagram est un outil de communication et de renseignement incroyable, mais c'est aussi un danger et une dépendance collective. 

 

Quelle est ta façon à toi d’y contribuer ?

Quand tu as les mains dans la terre, c'est difficile de regarder ton téléphone....donc tu déconnectes, et pour un temps, ton attention se porte sur une seule chose. Tu ressens la texture de la terre dans tes mains, tu es présent à 100%.

 

Qu’est ce que tu aimes faire le plus après une longue journée de travail ?

Souvent, pour moi, la journée de travail ne s'arrête pas vraiment jusqu'à ce que je me couche , mais elle s'entrecoupe et ralentit quand je vais chercher mon fils à l'école le soir. Quelques heures plus tard, nous mangeons en famille. Souvent, des amis se joignent à nous pour un repas à la bonne franquette. Nos portes sont ouvertes. J'aime la simplicité et la véracité de ses soirées où enfants et adultes se retrouvent autour d'une table pour se raconter leur journée et plaisanter avec la musique d'accompagnement choisie par mon mari.

 

Une femme que tu admires ?

Il y en a tellement.... Michelle Obama bien sûr : Intelligente, belle, pleine de classe. 

Lucie Rie: Céramiste Anglaise, grande source d'inspiration pour moi quand j'ai commencé. Très beau travail de force avec pourtant une fluidité exceptionnelle. Ses céramiques sont intemporelles.

Toutes les femmes qui travaillent et enseignent à l'atelier: des artistes avec une belle générosité qui partagent leur savoir et une vraie implication dans notre mission de partage autour de l'apprentissage de la céramique.

 

Un livre que tu recommanderais, qui t’as aidé ?

« Fail, Fail again, Fail better » de Pema Chodron. 

On y apprend le sens du succès, avoir des buts, les poursuivre et les accomplir. Et ce qui se passe quand ça ne va pas comme on l'avait imaginé, quand on ne réussit pas et qu'il y a des barrages. À travers une défaite, on se sent vulnérable et on passe par différents états : la colère, blâmer l'autre ou soi même, douter de soi, etc... Pema Chodron suggère qu'en apprenant à  être conscient de ses différents états, cela peut-être la plus belle porte ouverte vers les autres et que nous pouvons y découvrir nos plus belles qualités humaines.

 

La première chose que tu fais le matin pour commencer ta journée du bon pied ?

Je bois un grand verre d'eau et je fais quelques respirations profondes :) 

 

Si tu avais accès à une somme illimitée d’argent, mènerais-tu ton business de manière différente ?

Cet atelier a été construit pierre par pierre et s'est agrandi au fil du temps. Je suis une artiste. Je n'avais pas d'argent quand j'ai commencé. Si j'avais eu une somme illimitée au départ tout aurait été conceptualisé de façon cohésive. On peut comparer ça à la rénovation d'une maison d'un seul coup et une rénovation au fur et à mesure. La première sera mieux pensée et plus belle, mais la deuxième représente chaque étape de la vie et a donc probablement plus de charme et une âme...

 

What’s next ? Ta vision à plus long terme ?

Continuer. Agrandir peut-être. Acquérir cette balance Travail/ Famille. Avoir du temps de qualité avec mes proches.

 

Muse Within a été pensé et conçu pour encourager et accompagner les femmes à s’accomplir dans leurs choix professionnels. Pour toi, Muse Within, ça évoque quoi ?

Suis ton instinct!

 

Pour en savoir plus sur Muse Within :

www.musewithin.com

 

Pour en savoir plus sur Choplet Ceramics :

https://choplet.com

Muse Within

 

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Laure Gudgel

Fondatrice de Muse Within, programme créatif et entrepreneurial pour expats audacieuses
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