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De STEM à STEAM, sept idées pour plus de femmes scientifiques

Par Rachel Brunet | Publié le 08/03/2021 à 14:36 | Mis à jour le 09/03/2021 à 11:52
Femmes scientifiques

Le nom de ces cinq femmes aux fortes responsabilités dans un des plus grands groupes industriels français nous est évidemment inconnu :  Haiyan Hong, Nuth Fasa Abditimandiri, Nathalie Fekete, Teodora Lang et Carlijn Mulder. Ces cinq femmes vivent en Chine, en Indonésie, aux États-Unis et au Royaume-Uni et font parties d'un club très restreint, celui des femmes qui travaillent dans la science, les technologies, l'ingénierie et les mathématiques. Un secteur que le mot STEM résume.

Haiyan Hong, Nuth Fasa Abditimandiri, Nathalie Fekete, Teodora Lang et Carlijn Mulder font partie des 30,6 % de femmes dirigeantes du département Recherche & Développement de Saint-Gobain, la société française créée sous Louis XIV et qui conçoit, fabrique et distribue des matériaux et des solutions entre autres dans la construction, la mobilité et les soins de santé. Sur les huit centres de recherche et développement du groupe français disséminés à travers le monde, quatre sont dirigés par des femmes.

 

« Qu'il s'agisse de sexe, d'ethnie, de race ou d'âge »

« La diversité est la clé de la créativité et de l'innovation », explique Claire Pedini, vice-présidente de Saint-Gobain chargée des ressources humaines et de la transformation. « Qu'il s'agisse de genre, d'ethnie, de race ou d'âge, Il est important de s'assurer que chacun comprenne que la diversité est une source de richesse pour l'entreprise. » Le constat dans cette multinationale très présente aux États-Unis est le même que pour beaucoup d'entreprises.  « N'oubliez pas que la moitié des personnes talentueuses sur Terre sont des femmes, » rappelle Claire Pedini. « Alors, pourquoi ne pas utiliser ce réservoir de talents » ?

Ce qui est vrai au niveau du conseil d'administration et du Comex des entreprises trouve un écho encore plus grand dans la Recherche & le Développement.

L'histoire récente des recherches pharmacologiques pour trouver un vaccin efficace contre la Covid-19 en témoigne. Ce que tout le monde célèbre comme un miracle scientifique résulte essentiellement de quatre décennies de recherches et de travaux — restés dans l'ombre — menés par une femme biochimiste hongroise, Katalin Kariko, qui avait fui le communisme pour la France d'abord, puis les États-Unis.

Voilà simplement exprimé l'apport d'une femme scientifique qui a certes pu poursuivre ses recherches mais au prix d'un exil, d'une immense résilience professionnelle et de ne pas être suffisamment entendue et soutenue par ses collègues.

Il existe en fait un déficit de femmes formées en sciences, technologie, ingénierie et mathématiques.

Selon un rapport du Women's Forum for the Economy & Society remis au gouvernement français en février 2020, les femmes ne représentent que 24 % des professionnels travaillant dans les STEM. Pourtant, les emplois STEM devraient constituer la majorité des nouvelles professions qui domineront d'ici 2030. Sans une forte impulsion, explique le Women's Forum for the Economy & Society, il n'y aura pas assez de femmes scientifiques prête à rejoindre cette main-d'œuvre exigeante et créative.

Selon Hélène Chahine, directrice générale de la Fondation CGénial, qui encourage les jeunes à faire carrière dans les sciences et les technologies et avec laquelle Saint-Gobain est partenaire, plusieurs facteurs expliquent cette situation. « À l'école ou dans la sphère familiale, les biais de genre sont encore très prégnants. Des mots comme soins, famille ou littéraire seront facilement associés aux femmes, alors que leadership, carrière ou tech convoquent immédiatement une image masculine. » Il s'agit donc d'encourager un nouveau paradigme, d'effacer une croyance biaisée que seuls les garçons peuvent faire carrière dans les sciences et d'encourager les filles à envisager elles-aussi cette voie et à apprendre à coder — à devenir « des ninjas du code et des serial ingénieures », explique Hélène Chahine.

 

Sept moyens de promouvoir les femmes dans les STEM

La Fondation Cgenial a identifié sept moyens de promouvoir davantage de femmes dans les STEM. Présenter aux enfants des rôles modèles aux parcours inspirants et réussis grâce à des rencontres extrascolaires avec des femmes scientifiques. Fixer des quotas de 40 % d'étudiantes en STEM dans les universités et les écoles supérieures d'ici 2025. Passer du concept STEM à celui de STEAM, comme le préconise l'UNESCO en ajoutant la voyelle A en référence aux arts. Cela constituerait un moyen efficace d'attirer plus de femmes dans les carrières scientifiques en proposant une approche interdisciplinaire qui inclut également des perspectives sociales et sociétales. Créer davantage de réseaux STEM pour les femmes afin qu'elles trouvent parmi leurs pairs des réponses aux questions et aux doutes sur leur réussite dans ce secteur. Sensibiliser les enseignants à ce que sont réellement les carrières dans les STEM par le biais de visites sur site de production ou des départements de recherche et de développement. Apprendre à coder dès le plus jeune âge autour de projets qui favorisent l'intelligence collective et la créativité tout en excluant toute approche « genrée ». Et enfin, assurer la diversité des genres dans les équipes de développement d'Intelligence Artificielle afin de garantir des technologies neutres pour les hommes comme pour les femmes.

 

 

 

 

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Rachel Brunet

Rachel Brunet

Après être passée par la presse économique et la presse spécialisée, Rachel Brunet est la directrice et la rédactrice en chef de l’édition New York du Petit Journal.
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