Édition internationale

MUSIQUE – Des Français au Jazz Cafe

Dans cette "venue" connue du public londonien amateur de jazz, soul, rap et hip-hop, les Français sont de plus en plus présents, sur la scène comme dans le public. Le Jazz Cafe est une véritable fenêtre de la musique urbaine française chez les Britanniques !

[crédits photo: Justine Martin]

Ouvert pour la première fois en décembre 1990, le Jazz Cafe devient le pendant du bar jazz Ronnie Scott's situé à Soho, en organisant des concerts de jazz toutes les nuits. Le club est repris plus tard par la société Mean Fiddler qui élargit le champ musical jazz à la soul, au funk, à la musique du monde et au hip-hop. MC Solaar, Hocus Pocus et Keren Ann et le promoteur qui les a choisis témoignent de cette Frenchie fashion au cœur de Camden.

Une salle historique et reconnue
Peu à peu, le Jazz Cafe se construit une réputation parmi les venues londoniennes, et acquiert une renommée dans tout le pays, qui s'exporte même à l'international. Le groupe de hip-hop français Hocus Pocus qualifie la salle de "lieu mythique de la soul et du hip-hop instrumental".  "Quand on regarde les photos qu'il y a sur les murs, on voit que ce sont toutes nos références qui ont joué ici, comme Common [qui passe au Jazz Cafe en 1998 avec Rascalz, ndl] ou J Live [en 2009], et de nombreuses références en jazz" ajoute le leader 20Syl. "C'est un passage obligatoire et pour nous, un honneur de jouer dans cette salle qui a été usée par les plus grands" conclut t-il. De même, quand on demande à Keren Ann si c'est sa première fois au Jazz Cafe, elle répond avec enthousiasme qu'elle ne connait pas encore mais qu'on lui en a beaucoup parlé ; surtout ses amis musiciens des Etats-Unis, tels que Cary Brothers. "J'avais eu de bons retours d'amis, qui m'ont dit c'est sympa, c'est très mignon, il y a tout ce qu'il faut" précise t-elle.

Une atmosphère particulière
Avec ses deux bars, son restaurant à l'étage et son petit gabari, le Jazz Cafe développe une intimité entre le spectateur et l'artiste auquel on pourrait facilement attraper le pied. Keren Ann souligne qu'elle a notamment choisi la salle en fonction de sa taille : "J'ai choisi particulièrement cet endroit par rapport au nombre de personnes qu'il accueille, par rapport à la liste des gens qui y jouent, je me suis dit que ça pouvait me correspondre". La dernière fois que MC Solaar est venu à Londres, il a donné trois concerts exclusifs au Jazz Cafe et a vendu plus de 1 000 places. C'est un habitué de cette petite scène de Camden. "J'ai joué plusieurs fois au Jazz Cafe. La première fois que j'ai joué ici c'était il y a 18 ans, avec Gilles Peterson qui m'a proposé de venir jouer avec pleins de groupes anglais un peu jazz. On aime bien cet endroit. On joue dans beaucoup d'autres salles mais on revient souvent ici. La formule Jazz Cafe est super, très intimiste".

Se tourner vers les artistes français…
Andy Robbins est promoteur de musique pour Mean Fiddler, la compagnie qui possède le Jazz Cafe. Il choisit qui va jouer, où et quand. "90% des concerts que j'organise se déroulent au Jazz Cafe, parce que j'ai toujours eu l'habitude de promouvoir des groupes de musique urbaine, de hip-hop, de soul, ou de funk, dans l'esprit du Jazz Cafe" déclare t-il. "Nous sommes assez connus" souligne t-il, "de nombreux agents nous contactent et je reçois des centaines de mails par jour proposant des groupes. En 20 ans, la salle a acquis une très bonne réputation, nous avons construit des liens avec plusieurs agences et artistes, qui reviennent jouer chaque année. C'est un bon espace pour les artistes qui veulent donner un concert inédit ou jouer pour la sortie de leur album car ce n'est pas trop grand. Les groupes qui viennent jouer au Jazz Cafe jouent la plupart du temps dans des plus grosses salles, mais ici c'est plus intime".

… De manière plus ou moins délibérée
Andy Robbins explique qu'il ne choisit pas consciemment des groupes français : "Notre but est avant tout de proposer de la bonne musique, qu'elle soit française, africaine, américaine...". "Cependant, ces dernières années, en tant que promoteur, j'ai remarqué que de nombreux gros groupes français n'étaient pas vraiment diffusés en Angleterre, comme Hocus Pocus. Je suis un amoureux de la musique mais aussi un business man. J'étais sûr qu'ils allaient être appréciés. Je pense que les groupes français ont un certain style qui convient parfaitement au Jazz Cafe". Les relations entre Jazz Cafe et Français semblent donc se resserrer "Nous avons de bonnes relations avec le Bureau Export de la musique française. La plupart du temps, je suis assez chanceux pour promouvoir des groupes que j'aime, tels que General Elektriks". MC Solaar note également cette French evolution : "Il y a de plus en plus de Français, avant c'était 60% d'Anglais et maintenant c'est moins de la moitié du public !". "En fait, je pense que le Jazz Cafe pourrait être connu comme la salle de concert pour les artistes français" conclue Andy.

Justine Martin (www.lepetitjournal.com/londres) jeudi 5 mai 2011

Plus d'infos :
Le site du Jazz Cafe : ICI
Jazz Cafe, 5 Parkway, Camden Town, London, NW1 7PG

Lire les interviews :
KEREN ANN – La musicienne marin chez les Londoniens

ENTRETIEN – Hocus Pocus chez les Britanniques

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