Édition internationale

Dinan–Québec : Philippe Gautier tisse des passerelles cinématographiques

À l’Alliance Française de Montréal, la présentation canadienne du palmarès 2025 du Dinan Festival du court métrage a pris une dimension particulière avec l’intervention de son fondateur, Philippe Gautier. Devant un public composé de professionnels et de passionnés, il a dévoilé une vision claire : faire du Québec un partenaire privilégié pour la circulation de la jeune création francophone.

Philippe GautierPhilippe Gautier
Philippe Gautier dévoile le projet Passerelles Dinan–Québec 2026 à l’Alliance Française de Montréal. Photo LPJ
Écrit par Bertrand de Petigny
Publié le 10 avril 2026

 

 

« L’idée n’est pas simplement de créer une présence ponctuelle entre Dinan et Montréal, mais de co-construire ensemble de nouvelles formes de circulation entre nos territoires. » - Philippe Gautier


 

Créé en 2017 dans la ville patrimoniale de Dinan, en Bretagne, le Dinan Festival du court métrage s’est rapidement imposé comme un rendez-vous incontournable de la jeune création francophone. Avec près de 5 000 festivaliers chaque année, soit environ un habitant sur trois, l’événement se distingue par son ancrage territorial et son ambition internationale.

Lors de cette soirée montréalaise, Philippe Gautier a rappelé l’esprit qui anime le festival : « accompagner la jeune création francophone contemporaine et favoriser la circulation internationale des œuvres et des talents ». Cette approche s’inscrit dans une dynamique de coopération culturelle fondée sur des échanges durables entre les territoires.

 

Le dispositif Passerelles Dinan–Québec 2026

Moment central de la soirée, la présentation du dispositif Passerelles Dinan–Québec 2026 a illustré la volonté du festival de renforcer les liens transatlantiques. Ce programme vise notamment à développer des collaborations entre professionnels, institutions, écoles de cinéma et structures de diffusion, tout en favorisant la découvrabilité internationale des œuvres.

Philippe Gautier a souligné la place stratégique du Québec dans l’écosystème du cinéma francophone : « le Québec constitue une porte d’entrée naturelle vers l’Amérique du Nord et un partenaire essentiel pour accompagner la visibilité de la jeune création ». L’initiative prévoit également des invitations croisées de professionnels et la mise à l’honneur du Québec lors de la 9ᵉ édition du festival, qui se tiendra du 18 au 22 novembre 2026 à Dinan.

 

Dinan Film Pro : un espace de coopération pour la relève

Au cœur de cette stratégie, le développement de Dinan Film Pro représente une étape clé. Cette plateforme professionnelle, destinée à la nouvelle génération du cinéma francophone, ambitionne de devenir un laboratoire de coopérations futures et un lieu d’échanges transatlantiques. Elle vise notamment à encourager les coproductions et à faciliter la rencontre entre artistes, producteurs et diffuseurs.

Cette dimension professionnelle témoigne de la volonté du festival de dépasser le simple cadre de la diffusion pour s’inscrire dans une logique de structuration durable de l’écosystème cinématographique francophone.

 

Le court métrage en bref
Le court métrage est une œuvre cinématographique d’une durée inférieure à 60 minutes, selon les standards internationaux. Il peut relever de la fiction, du documentaire, de l’animation ou du cinéma expérimental.

Véritable laboratoire de création, ce format offre une grande liberté artistique et constitue souvent un tremplin pour les réalisateurs émergents. Grâce aux festivals et aux réseaux culturels, il joue également un rôle clé dans la circulation et la découvrabilité des œuvres francophones à l’échelle internationale.



 

Projection du palmarès 2025 du Dinan Festival du court métrage à l’Alliance Française de Montréal.
Projection du palmarès 2025 du Dinan Festival du court métrage à l’Alliance Française de Montréal.



 

Une soirée de cinéma et de rencontres

La soirée a également permis au public montréalais de découvrir une sélection du palmarès 2025 du festival. Parmi les œuvres présentées figuraient Les Oiselles, lauréat du prix du Syndicat français de la critique de cinéma, L’Enfant à la peau blanche, mention spéciale du jury, ainsi que Côté Cour, présenté en première canadienne.

 

 

Ces projections ont illustré la diversité et la vitalité du court métrage francophone, tout en renforçant le dialogue entre les communautés artistiques des deux rives de l’Atlantique.

 

 

Portrait d’un enfant du court

 

 

Morgane Filleau présidente des Bretons du Québec
Morgane Filleau présidente des Bretons du Québec



 

Un partenariat culturel porteur de sens

L’événement, organisé avec le soutien de l’Alliance Française de Montréal et de l’association Les Bretons du Québec, a mis en lumière la capacité du cinéma à rassembler les communautés et à faire rayonner la francophonie. En favorisant les rencontres entre artistes et professionnels, le dispositif Passerelles s’inscrit pleinement dans cette dynamique de coopération culturelle.

À travers cette initiative, Philippe Gautier propose bien plus qu’un simple programme d’échanges : il esquisse les contours d’un espace de circulation durable pour les œuvres et les talents francophones.

 

Le court métrage, accélérateur de la francophonie cinématographique

En rapprochant Dinan et le Québec, Philippe Gautier réaffirme le rôle central du court métrage comme véritable moteur du développement des cinématographies francophones. Espace de liberté et d’innovation, ce format agit comme un accélérateur de parcours pour les réalisateurs, favorisant la professionnalisation, la circulation des œuvres et la mise en réseau des acteurs du secteur. 

À travers ces nouvelles passerelles transatlantiques, l’initiative contribue à structurer un écosystème dynamique où le court métrage devient un levier stratégique pour renforcer la visibilité et la coopération internationale. 

Et si cette dynamique, au départ ancrée au Québec, ouvrait la voie à un dialogue élargi avec les communautés francophones du reste du Canada — de l’Ontario aux provinces de l’Atlantique, en passant par l’Ouest — faisant du court métrage un véritable trait d’union entre les territoires et les imaginaires de toute la francophonie canadienne ?

 

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