Édition internationale

François Lubrina, candidat de la liste Union des droites pour écouter...

Dans le cadre de la campagne des élections consulaires, nous donnons la parole aux têtes de liste pour la 4e circonscription du Canada. François Lubrina mène la liste Union des droites pour écouter, agir et servir les Français du Québec et des Maritimes. Il répond à nos questions.

François Lubrina François Lubrina

 

 

Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases?

Quittant la France tout jeune, et arrivé au Canada dans la foulée du Général de Gaulle, mais sans parents ni personne sur place pour m’accueillir ou m’aider, j’ai véritablement connu toutes les galères migratoires, dormant parfois sur des vêtements à même le sol ou roulant dans une vieille Ford Mustang bringuebalante payée 5 $. Mais avec toujours cette mission et cet objectif constants en tête : entrer en résistance pour maintenir durablement le fait français au Canada.

Devenu père de famille, avec une enfant handicapée à ma charge, j’ai vite réalisé, in vivo, les difficultés d’acceptation que représentaient, alors, les enfants différents dans notre système scolaire français et dans notre société. Pour joindre les deux bouts, voire à titre purement bénévole, j’ai exercé de multiples métiers ou activités : éditeur, organisateur d'événements caritatifs, cuisinier pour nos compatriotes âgés, publicitaire, auteurs de plusieurs livres, marionnettiste, médecin-vétérinaire, homme de ménage, journaliste, conseiller à l’Assemblée des Français de l’Étranger, comédien (toujours membre de l’Union des Artistes), photographe, chroniqueur radio et télé (entre autre sur France inter et TF1),… et même vétérinaire des Présidents de la République… (la liste est loin d’être exhaustive!).

Ce vécu unique, âpre et complexe, dans des conditions douloureuses, parfois ingrates aussi et que peu de candidats à cette élection consulaire possèdent, m’aura permis de réaliser rapidement et pleinement toutes les difficultés, souffrances et sacrifices inhérents à l’immigration, tant pour nos jeunes que nos moins jeunes compatriotes, au Québec comme au Canada. Sans parler de l’éloignement de sa famille et de sa Patrie. 

 

Que représente pour vous la mission principale de conseiller des Français de l’étranger?

Ce n’est pas un travail à temps partiel, ni une activité d’amateur ( de <dilettante> comme on dirait en italien ), mais un bénévolat total qui mobilise l’élu de terrain tous les jours, du 1er janvier au 31 décembre, matin, midi et soir, samedis, dimanches et jours de congés compris. Outre une écoute attentive et constante, il ne faudra pas hésiter à aller à Paris, au pied levé, pour rencontrer et convaincre un ministre, voire même le Président de la République, si nécessaire, pour résoudre un problème précis ou modifier une décision administrative néfaste aux intérêts ou aux besoins de nos compatriotes. Ce qui suppose de solides réseaux.

Un simple exemple, parmi d’autres, pour démontrer la différence entre l’élu consulaire résigné ou fataliste et celui qui aura la volonté de se battre pour une juste cause avec l’énergie du désespoir. Lorsque notre ambassadrice Kareen RISPAL annonça, lors d’un conseil consulaire tenu à l’ambassade de France en présence du directeur des Français de l’Étranger, du directeur des Amériques et des Caraïbes, des consuls généraux, des consuls honoraires et  des conseillers consulaires du Canada réunis, etc. la fermeture programmée du consulat général de France à Moncton, aucun de ces derniers ne réagirent vigoureusement devant l’ambassadrice face à cette décision lourde de conséquences pour nos compatriotes des Provinces atlantiques du Canada, mais aussi pour l’Acadie. Sauf votre serviteur qui déclara devant cette assemblée, avec conviction et fermeté : "Madame l’ambassadrice, on ne fermera pas notre consulat général à Moncton!" Ce qui déclencha, discrètement, quelques sourires dubitatifs.

Suite à de nombreuses interventions et autres péripéties, j’ai finalement été reçu à l’Élysée, accompagné d’Antonine MAILLET (écrivaine acadienne, prix Goncourt), par le Président de la République qui déclara devant moi à Kareen RISPAL venue tout spécialement à Paris pour l’occasion : "Madame l’ambassadrice, cela doit être très clair : nous ne fermerons pas notre consulat général à Moncton!" Pour pérenniser cette relation France-Acadie, nous avons même planté, avec le Président, un chêne rouge d’Amérique dans le parc de l’Élysée. 

Être conseiller des Français de l’Étranger, c’est un véritable sacerdoce à temps plein, avec une mission et une vraie ambition de résultats, tout en déployant une énergie sans faille.  


     

Comment avez-vous construit votre liste?

Dans la perspective de représenter véritablement et au mieux l’ensemble de notre communauté française avec ses difficultés, ses besoins et ses aspirations. Cette liste réunit ainsi toutes les tranches d’âges de 19 ans à 89 ans.

De multiples profils sociaux-professionnels aussi : employé syndiqué, chef d’entreprise, restaurateurs, étudiants, artiste, médecins, enseignants, infirmière, avocat, cadre, cuisinier, vétérinaire, retraités, etc.

De nombreuses régions de notre circonscription sont représentées en outre : la Montérégie, les Laurentides, les Provinces Atlantiques, Lanaudière, Montréal, l’Estrie,…    

L’important étant d’avoir une équipe de personnes engagées et actives dans notre communauté, la plus représentative possible, pour répondre aux besoins, soucis et réalités vécues par nos compatriotes dans notre circonscription.

 

François Lubrina et les 9 assiettes

 

 

Pourquoi est-il important pour les Français de l’Étranger de prendre part à ces élections?

À la différence de pays comme le Canada, les États-Unis, la Grande-Bretagne, etc. les Français de l’Étranger sont véritablement pris en compte par leur Mère Patrie. Ils ont l’immense avantage, pour ne pas dire l’énorme privilège, d’être représentés par 11 députés, 12 sénateurs, des conseillers consulaires locaux ou à l’Assemblée des Français de l’Étranger, pour défendre leurs intérêts et résoudre leurs difficultés. Il est certain qu’advenant une faible participation électorale (ce qui est malheureusement la règle dans ce type d’élections), nos compatriotes manifestent alors une sorte de désintérêt pour la vie consulaire française et pour leurs liens avec la France. Le cas échéant : pourquoi la France s’intéresserait-elle alors à eux en matière de services de chancellerie, d’enseignement, d’aide sociale, de bourses scolaires, de personnes en situation de handicap,… s’ils ne s’intéressent pas eux-mêmes à la France? Au risque de devenir des Français de seconde zone! 

À la différence de nombre de nations développées, nous bénéficions, à titre d’exemple, d’un vaste, et unique au monde, réseau scolaire de plus de 612 établissements français à l’étranger, homologués par l’ AFE et le ministère de l’Éducation national français, répartis dans 138 pays, dont deux dans notre circonscription et bientôt un autre à Moncton. Tout cela représente un coût important que notre pays assume au bénéfice de sa diaspora expatriée aux quatre coins du globe.

Le résultat de ces élections demeure aussi un enjeu important quant à l’attribution du personnel consulaire.  

 

Quel est selon vous le plus grand défi auquel font face les Français de votre circonscription ?

Au lieu d’être une communauté robuste, unie, nombreuse et influente sur le plan  provincial et fédéral, à l’instar de nombre de communauté expatriées au Québec, nous sommes, bien au contraire, divisés, peu actifs au Canada sur le plan politique, institutionnel et social. Ce qui nous prive de ressources humaines consulaires, mais aussi, sur le plan associatif, des précieuses subventions fédérales ou provinciales dont bénéficient les autres communautés immigrées. L’assimilation est donc le plus grand danger et fléau qui menace les 300.000 et 350.000 Français du Québec (dont à peine 90.000, environ, sont immatriculés). Ne pas immatriculer ses enfants à l’État-civil français, par paresse, rejet de ses origines ou indifférence, est une faute grave vis-à-vis de sa propre progéniture et de sa descendance, mais aussi de la France. Par pure insouciance, détachement de la Mère Patrie ou ignorance, combien de parents ou de grands-parents français se sont ainsi vu reprocher par leurs descendants cette grave et coupable négligence qui aura privé des dizaines de milliers de Français virtuels, nés au Québec, de la  nationalité française et d’un passeport européen? 

Vivre au Canada m’a au moins fait réaliser que bien des gens nés  en France, sont français un peu par hasard : parce qu’ils n’ont rien connu d’autre. C’est le fait de vivre à l’étranger qui révèle, en fait, générations après génération, le véritable caractère français.  

Pour lutter contre l’assimilation, il convient de sensibiliser nos compatriotes sur l’importance vitale et prioritaire de transmettre à leur enfants ou petits-enfants leur nationalité, leur langue et leur culture française nationale, mais aussi régionale, avec de la bonne volonté et les moyens du bord.

À titre de témoignage voici un bien modeste exemple d’efforts et d’initiatives pour assumer la transmission de notre culture populaire : lorsque mes enfants eurent entre trois et quatre ans, je me suis demandé si j’avais vraiment une très bonne excuse pour les laisser devant la télévision, le dimanche après-midi, du fait qu’il n’y avait pas, à Montréal, de théâtre de marionnettes avec Guignol et ses joyeux complices. Pour pallier à cette carence locale et leur transmettre cette tradition bien française, j’ai donc fait découper le mur de mon sous-sol, mon épouse a cousu les rideaux de velours rouge, j‘ai dessiné moi-même les décors, écrit les scenari, fait le marionnettiste (avec un registre de quatre voix masculines et trois féminines) et débuté avec les trois incontournables classiques : Guignol, Gnafron et le Gendarme. Auxquelles se sont rajoutées par la suite 16 autres personnages, dont Madelon, Toinon et la Mère Cottivet, pour le plus grand bonheur de mes filles et de leurs amis. Si bien que lorsque je les emmenées, par la suite, aux Marionnettes du Champs de Mars, à Paris, elles étaient totalement dans l’atmosphère et la continuité des spectacles qui  avaient bercé et émerveillé mon enfance et la leur aussi. Et la tradition continue avec mes petits-enfants! L’important, c’est de  maintenir nos valeurs nationales et culturelles avec l’ardente volonté de les transmettre.

                                 

 

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