Deux ans après avoir été mise en lumière lors des premiers Trophées des Français du Canada, Ecotime poursuit son développement avec une nouvelle reconnaissance qui dépasse largement le simple argument marketing. En obtenant la certification B Corp, l’entreprise québécoise spécialisée dans la gestion circulaire de l’eau cherche surtout à faire reconnaître une cohérence : celle d’une société qui veut transformer la façon dont les bâtiments consomment l’eau tout en appliquant les mêmes principes humains à l’intérieur même de son organisation.


Pour Eddy Dureuil, cofondateur et vice-président d’Ecotime, cette certification n’a jamais été pensée comme une opération d’image.
« Au-delà du label, la démarche B Corp a surtout permis à Ecotime de démontrer, preuves à l’appui, la cohérence entre sa mission environnementale et sa manière de fonctionner au quotidien. » explique-t-il.
Cette idée revient constamment dans les échanges avec l’équipe d’Ecotime : derrière la technologie, il y a une philosophie d’entreprise.
Depuis plusieurs années, la société développe des systèmes permettant de récupérer les eaux de pluie et de recycler les eaux grises afin de réduire la dépendance à l’eau potable dans les bâtiments. Une approche qui répond directement aux enjeux de pression sur les infrastructures municipales et de gestion durable des ressources hydriques.
Mais au fil de sa croissance, Ecotime a voulu aller plus loin que le seul impact technique de ses installations.
Ecotime : repenser la gestion de l’eau
Une certification qui valide une cohérence
Créée en 2006 par l’organisme B Lab, la certification B Corp évalue les entreprises selon plusieurs critères : gouvernance, impact environnemental, relations avec les employés, implication communautaire et responsabilité envers les clients. Le processus est réputé exigeant. « C’est six mois d’échanges, de vérifications, de documentation », résume Eddy Dureuil.
Avec environ 150 entreprises certifiées B Corp au Québec, Ecotime rejoint un cercle encore restreint d’organisations ayant accepté de soumettre leurs pratiques sociales, environnementales et organisationnelles à l’un des processus d’évaluation les plus exigeants du monde des affaires.
Pour l’équipe, l’objectif était aussi de démontrer que la mission écologique de l’entreprise se reflète dans sa manière de fonctionner au quotidien.
Ecotime revendique un modèle d’« entreprise libérée », où les décisions se prennent collectivement, avec une grande autonomie laissée aux employés, des horaires flexibles et une culture interne fondée sur la confiance plutôt que sur le contrôle hiérarchique.
« Nous avons toujours cru que prendre soin des ressources naturelles et prendre soin des personnes qui composent notre équipe, c’est la même logique », affirme Eddy Dureuil durant notre conversation.
Dans un secteur souvent dominé par les enjeux techniques et réglementaires, cette dimension humaine devient presque un élément différenciateur.
Une croissance qui reste indépendante
L’obtention de la certification intervient également dans une phase importante du développement d’Ecotime. L’entreprise poursuit actuellement son expansion, notamment vers l’Ontario, tout en conservant un modèle entièrement indépendant, sans fonds d’investissement externe au capital. Un choix assumé.
« On veut construire quelque chose qui nous ressemble et qui tienne dans le temps »
Cette indépendance permet aussi à l’entreprise de conserver un certain contrôle sur sa vision à long terme, dans un marché où les enjeux liés à l’eau prennent rapidement de l’ampleur.
Car derrière les systèmes techniques installés par Ecotime se dessine une question beaucoup plus large : celle de la résilience des villes et des bâtiments face aux transformations climatiques.
L’eau comme enjeu stratégique des prochaines décennies
Lorsque l’on parle de transition écologique, les débats publics se concentrent souvent sur l’énergie ou le carbone. Pourtant, de plus en plus d’acteurs du secteur environnemental considèrent désormais l’eau comme l’un des grands enjeux stratégiques des prochaines décennies.
Réduction de la consommation d’eau potable, récupération des eaux de pluie, réutilisation des eaux grises, adaptation des infrastructures urbaines : ces sujets sortent progressivement des laboratoires spécialisés pour entrer dans les politiques publiques et les projets immobiliers.
C’est précisément dans cet espace qu’Ecotime se positionne. Et pour l’entreprise québécoise, la certification B Corp devient finalement bien plus qu’un label. Elle agit comme une forme de validation internationale dans un contexte où les municipalités, les promoteurs et les investisseurs cherchent de plus en plus des partenaires capables de démontrer concrètement leur impact environnemental et social.
« On ne voulait pas simplement dire qu’on fait les choses correctement. On voulait que cela soit évalué par une entité indépendante et reconnue »
Une manière aussi de montrer qu’une PME québécoise peut chercher à transformer son secteur sans forcément attendre de devenir une multinationale pour structurer ses engagements.
Deux ans après avoir commencé à attirer l’attention lors des Trophées des Français du Canada, Ecotime semble désormais entrer dans une nouvelle phase : celle où la jeune entreprise spécialisée dans l’eau commence à être regardée non plus seulement comme une startup environnementale prometteuse, mais comme un acteur capable d’influencer durablement les pratiques du secteur de la construction et de la gestion des ressources.
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