La Société nationale du Québec à Laval a dévoilé, le 23 mai, les lauréats de La Dictée lavalloise 2026. Entre salles pleines, mobilisation bénévole et ouverture vers la Francophonie internationale, l’événement confirme son rôle grandissant dans la valorisation du français.


Une dictée qui remplit les salles
Dès l’arrivée au Pavillon du Bois-Papineau, à Laval, l’ambiance donnait le ton. Dans les corridors, des familles attendaient leur tour, des bénévoles accueillaient les participants, tandis que les salles de dictée se remplissaient progressivement de jeunes, d’adultes et d’habitués venus parfois depuis plusieurs années.
Le 22 mars dernier, 196 personnes ont participé à l’édition en présentiel de La Dictée lavalloise, dont 144 adultes et 52 jeunes. Dans les salles aménagées pour les différentes catégories, le silence s’installait peu à peu avant le début des textes, dans une atmosphère à la fois studieuse et conviviale.
Certaines images résument bien l’esprit de l’événement : des parents attendant dans les couloirs avec les plus jeunes, des adolescents concentrés devant leur feuille, des retraités assis aux côtés de nouveaux arrivants, tous réunis autour du même exercice linguistique.

Le français comme lieu de rencontre
Au-delà de la compétition, la Dictée lavalloise revendique clairement une mission culturelle et identitaire. Lors de son intervention, Michel Leduc, président de la Société nationale du Québec à Laval, a rappelé l’importance de défendre et faire vivre la langue française à travers des activités accessibles au grand public.
Dans les différentes salles, cette diversité était visible. La dictée réunissait autant des familles établies depuis longtemps à Laval que des participants issus de l’immigration récente. Une réalité qui rejoint directement le discours porté par les organisateurs : faire du français un espace commun plutôt qu’un simple outil académique.

La présence des représentants municipaux témoignait aussi de cette volonté de valoriser le français dans l’espace public lavallois. Yannick Langlois, conseiller municipal de L’Orée-des-Bois et représentant du maire de Laval, a salué le rôle joué par la SNQ Laval dans la promotion de la langue française tout au long de l’année.
Une édition tournée vers les jeunes
L’édition 2026 accordait une place importante au milieu scolaire. Les dictées destinées au 3e cycle du primaire, au 1er cycle du secondaire et aux classes d’accueil ont été diffusées dans huit écoles du Centre de services scolaire de Laval, rejoignant plus de 967 élèves.
La dictée jeunesse présentée en salle avait d’ailleurs été rédigée par Anas Attaleb, élève de 6e année, et cosignée par l’auteur François Tardif. Une manière symbolique d’impliquer directement la relève dans la création même de l’événement.
Dans les salles réservées aux jeunes participants, l’atmosphère différait légèrement de celle des adultes. On y voyait davantage de nervosité, parfois quelques regards vers les parents à travers les vitres, mais aussi une certaine fierté d’être là, stylo en main, dans un événement consacré entièrement à la langue française.

Laval, Abidjan et la Francophonie
Cette année, la Dictée lavalloise a aussi franchi un cap symbolique. Pour la première fois, l’activité a été présentée dans un lycée à Abidjan, en Côte d’Ivoire, grâce au soutien du Bureau du Québec à Abidjan et de Jean-Pierre Dionne.
Durant la journée, plusieurs interventions ont insisté sur cette idée d’une Francophonie plurielle, portée par des accents, des réalités et des cultures différentes, mais unies par une langue commune.
Cette ouverture internationale n’était pas seulement protocolaire. Elle traduisait une question plus large : comment faire vivre le français dans un monde où les habitudes culturelles et numériques évoluent rapidement ?
Une chanson pour faire circuler la Francophonie
La Dictée lavalloise 2026 ne s’est pas limitée aux règles grammaticales et aux pièges orthographiques. Avant le début des épreuves, les participants ont aussi découvert Franco-Action, une chanson présentée comme un véritable chant de rassemblement francophone.
Le projet est né entre Laval et Wallis-et-Futuna, au cœur du Pacifique, de la collaboration entre Gérard Charpentier — impliqué dans l’organisation de la dictée — et Philippe Greffet, installé dans l’archipel français du Pacifique. L’idée : créer une chanson capable de relier différentes francophonies autour d’une même langue, tout en laissant place à la diversité des accents et des cultures.
Une chanson pour relier les francophonies
Durant l’événement, les organisateurs ont invité les participants à écouter, reprendre et même réinterpréter la chanson. L’objectif n’était pas de produire un hymne figé, mais plutôt un projet participatif appelé à voyager d’un territoire francophone à l’autre.
Dans une journée consacrée à la langue française, cette chanson ajoutait une dimension supplémentaire : celle d’une Francophonie qui ne se contente plus seulement d’écrire ou de lire en français, mais qui cherche aussi à créer des œuvres communes capables de circuler entre les continents.
Les lauréats de l’édition 2026
Les lauréats ont été honorés le 23 mai en présence de leurs familles et du comité organisateur.
Dans la catégorie Dictée lavalloise scolaire, Yani Benchalal a remporté la catégorie 3e cycle du primaire, tandis qu’Anir Boufti s’est distingué dans la catégorie 1er cycle du secondaire.
Dans la catégorie Dictée lavalloise 2026, Louise Trudel a été sacrée grande gagnante dans la catégorie adulte, devant les finalistes Jean-Daniel Tessier et Gilles Desbiens.
Dans la catégorie secondaire, Emma Lafond et Amina-Thanina Tahir ont été désignées gagnantes, avec Maya Abderrahmani comme finaliste.
Dans la catégorie primaire 3e cycle, Meriem Oumerzouk l’a emporté devant Yassine El Omari et Cecilia Shifman Perez.
Dans la catégorie primaire 2e cycle, Mila Furtado a été nommée gagnante, avec Olivia Landucci et Édouard Matteau comme finalistes.
Une simple dictée… ou davantage ?
Derrière l’exercice orthographique se cache peut-être une question plus vaste. Dans un espace francophone confronté à la domination des plateformes anglophones et à la fragmentation des usages culturels, des événements comme La Dictée lavalloise peuvent-ils devenir davantage que des rendez-vous symboliques ?
Car ce que montrent ces salles remplies, ces centaines de jeunes mobilisés et cette ouverture vers Abidjan, c’est qu’il existe encore un désir de partager une langue commune. Reste maintenant à savoir comment cette énergie peut être prolongée au-delà d’une journée de dictée : dans les écoles, dans les médias, sur les plateformes numériques… et plus largement dans toute la Francophonie.
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