Édition internationale

À la présidence de l’AF de Montréal Marianne Lépinoit ouvre la phase de consolidation

Nouvelle présidente de l’Alliance française de Montréal, Marianne Lépinoit entend accompagner une phase clé de structuration et de consolidation. Une présidence bénévole, assumée dans un esprit de responsabilité, au service d’une institution encore jeune dans le paysage montréalais.

Marianne LépinoitMarianne Lépinoit
Marianne Lépinoit, nouvelle présidente de l’Alliance française de Montréal, engagée dans une phase de consolidation et de structuration durable de l’institution. - Photo Courtoisie
Écrit par Bertrand de Petigny
Publié le 16 février 2026

 

 

 

En prenant la présidence de l’Alliance française de Montréal, Marianne Lépinoit succède à Fanny Macé. Cette dernière a accompagné la phase de démarrage de l’Alliance, avant de se retirer pour des raisons professionnelles.

Cette transition intervient à un moment clé : l’Alliance a désormais dépassé l’étape fondatrice pour entrer dans une phase de consolidation, où les enjeux de gouvernance, de stabilité et de projection à moyen terme deviennent centraux.

 

 

Une arrivée par la gouvernance

Entrée au conseil d’administration comme trésorière, Marianne Lépinoit connaît l’Alliance de l’intérieur. Son parcours, marqué par des fonctions de direction financière et de gouvernance au sein d’organisations en croissance, l’a conduite naturellement à assumer la présidence. Plus qu’un changement de cap, sa nomination répond à un besoin de continuité stratégique, d’attention aux risques et de structuration durable.

 

 

Un renouveau après 20 ans d'absence

 

La force d’un réseau mondial

Si l’Alliance française de Montréal est encore jeune, elle bénéficie de la puissance d’un réseau international reconnu. « Nous ne partons pas de zéro. La marque Alliance française est connue partout dans le monde, et cela nous donne une crédibilité immédiate », souligne Marianne Lépinoit.

Regroupées au sein de la Fondation des Alliances Françaises, organisation labellisée par l’Organisation internationale de la Francophonie et membre de la Conférence des OING de la Francophonie, les Alliances s’inscrivent dans un écosystème structuré de la société civile francophone.

Ce réseau n’est pas seulement symbolique : il permet la circulation d’artistes, le partage de spectacles et l’accès à des programmations culturelles de grande qualité. « C’est une chance pour Montréal. Cela nous permet de proposer des événements exigeants tout en développant progressivement notre propre signature », ajoute la présidente.

 

 

Une renaissance dans le Vieux-Port

 

Une présidence d’accompagnement

À Montréal, l’Alliance française repose sur un modèle singulier : une équipe salariée d’une vingtaine de personnes, encadrée par un conseil d’administration bénévole mais fortement professionnalisé. Dans ce contexte, la présidence ne se confond pas avec la direction opérationnelle. Le rôle de Marianne Lépinoit consiste avant tout à accompagner la direction générale, à veiller à la cohérence stratégique, à anticiper les risques — financiers, humains, numériques — et à garantir le respect de la mission de l’Alliance.

 

 

Une année de croissance exceptionnelle

 

Gouverner sans perdre de vue l’humain

Organisme à but non lucratif et acteur de l’économie sociale montréalaise, l’Alliance française de Montréal porte une responsabilité particulière : celle d’accueillir, de former et d’accompagner des personnes pour qui l’apprentissage du français constitue souvent une étape déterminante de leur parcours de vie. Cette dimension humaine traverse les travaux du conseil d’administration et oriente ses décisions. Derrière les indicateurs, les budgets et les enjeux de croissance, demeurent toujours des publics, des trajectoires et des attentes concrètes.

 

CA de AF Mtl
Le Conseil d'Administration 2025 de l'Alliance Française de Montréal, de gauche à droite : Arnaud Nobile, Fanny Macé, Jean-Paul Sabini, Christophe Brayet, Pierre-Franck Honorin, Marianne Lépinoit, Fabien Kuntzmann, Valériane Boschetti Dumont.

 

Un conseil d’administration aux expertises croisées

La gouvernance de l’Alliance s’appuie sur un conseil aux profils complémentaires : pédagogie, culture, monde associatif, juridique, financier, gouvernance d’entreprise. Cette diversité permet de traiter les enjeux avec nuance et efficacité, qu’il s’agisse de ressources humaines, de partenariats, de conformité ou de développement. Des comités ad hoc sont mobilisés selon les besoins, dans une logique agile et pragmatique.

 

 

Un nouvel espace culturel comme prolongement de la mission

L’ouverture récente du nouvel espace culturel de l’Alliance française de Montréal marque une étape structurante. Pensé non comme une salle de diffusion isolée, mais comme un lieu de vie, il prolonge le parcours des apprenants au-delà de la salle de classe. Après l’apprentissage de la langue vient celui de la culture, puis celui de l’intégration : concerts intimistes, expositions, projections et rencontres permettent de franchir ce seuil.

Pour la présidente, cet espace ne répond pas à une logique de rentabilité immédiate. Il s’inscrit pleinement dans le modèle d’organisme à but non lucratif de l’Alliance, financé et rendu possible par les activités d’enseignement et d’examens. Sa vocation est avant tout relationnelle et culturelle : offrir un point d’ancrage aux francophones, aux francophiles et aux apprenants, sans fonctionner en silo. L’Alliance privilégie ainsi la co-organisation avec les acteurs culturels montréalais, tout en affirmant progressivement sa propre signature, en lien avec le vaste réseau international des Alliances françaises.

Modeste par sa capacité mais ambitieux par son rôle, ce nouvel espace incarne la volonté de l’Alliance de Montréal de s’inscrire durablement dans l’écosystème culturel de la ville, sans concurrence inutile, mais dans une logique de complémentarité, d’ouverture et de transmission.

 

 

L’Alliance française de Montréal ouvre son espace culturel

 

 

Devenir membre pour soutenir et faire vivre l’Alliance

Avec l’ouverture de son nouvel espace culturel, l’Alliance française de Montréal donne désormais tout son sens à l’adhésion de ses membres. « Jusqu’ici, nous demandions surtout aux gens de nous faire confiance. Aujourd’hui, nous pouvons vraiment leur proposer de participer à la vie de l’Alliance », souligne Marianne Lépinoit.

Devenir membre, c’est d’abord soutenir concrètement un organisme à but non lucratif, engagé dans l’enseignement du français et le rayonnement de la culture francophone. C’est aussi accéder à des avantages liés à la programmation culturelle, s’inscrire dans une communauté vivante et contribuer à la pérennité d’un lieu pensé comme un espace d’accueil et de rencontres. « Nous voulons que les membres se sentent chez eux, qu’ils puissent venir pour un événement, une exposition, une discussion, et pas seulement pour un cours », ajoute la présidente.

Pour les apprenants, l’adhésion prolonge naturellement le parcours d’intégration par la culture. Pour les francophiles et les acteurs du milieu, elle offre un point d’ancrage clair au sein d’une institution qui assume pleinement son rôle de lieu de vie francophone. Proposée à un tarif volontairement accessible, cette formule d’adhésion accompagne l’évolution de l’Alliance française de Montréal vers un modèle plus participatif, où le soutien du public devient un véritable levier collectif.

 

 

Consolider pour durer

Si l’Alliance française de Montréal connaît une croissance soutenue, sa présidente insiste sur un principe clair : pas de développement pour le développement. La priorité demeure la consolidation du modèle, la qualité de l’enseignement, la constitution de réserves et l’ancrage durable de l’institution dans son environnement.

Encore jeune à l’échelle du réseau mondial des Alliances françaises, l’Alliance de Montréal avance avec méthode et lucidité. Les réflexions sur l’avenir — qu’il s’agisse d’une présence accrue ailleurs au Québec, de nouvelles offres ou du rayonnement culturel — s’inscrivent dans un temps long et maîtrisé. « L’enjeu, c’est d’être toujours là dans dix ans », résume Marianne Lépinoit, fidèle à une vision qui privilégie la solidité, la cohérence et la mission avant toute expansion.

 

 

Quelle prochaine étape pour l’Alliance française de Montréal ?

Avec Marianne Lépinoit, l’Alliance française de Montréal se dote d’une présidence de gouvernance, attentive à la solidité du modèle et à la fidélité à la mission. Une présidence qui privilégie le temps long, la cohérence et l’ancrage, dans une ville où la francophonie est à la fois une évidence et un défi permanent.

La question qui se dessine désormais est celle de la prochaine étape : l’Alliance française de Montréal doit-elle continuer à grandir au cœur de la métropole, ou imaginer d’autres formes de présence ailleurs au Québec, pour répondre aux besoins d’un territoire qui se transforme et d’une immigration de plus en plus orientée vers les régions ? Entre stabilité, rayonnement et adaptation, c’est cette réflexion — encore ouverte — qui pourrait bien façonner le futur visage de l’Alliance dans les années à venir.


 

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