Milan commémore une nouvelle fois l'un des épisodes les plus importants de son histoire. Du 18 au 22 mars 2026, la ville célèbre le 178e anniversaire des Cinq Jours de 1848, le soulèvement populaire qui a conduit Milan à se rebeller contre la domination austro-hongroise et qui représente un épisode clé du Risorgimento italien.


Une place et un monument sont dédiés aux Cinque Giornate de Milan. Mais que s’est-il exactement durant ces cinq jours de mars de 1848 ? Jour après jour, retour sur l’un des épisodes les plus importants de l’histoire milanaise.
Une révolte de cinq jours
Le 18 mars 1848, Milan se soulève contre l'occupation autrichienne, déclenchant une révolte de cinq jours qui mobilise toute la population, unie dans un même but.
Tout a commencé avec la nouvelle du soulèvement viennois du 13 mars et la chute de Metternich, jusqu’à enflammer Milan. Le matin du 18 mars, une foule importante se rassemble devant l'hôtel de ville (piazza dei Mercanti), le Broletto, et exige la formation de la Garde civique. Les troupes autrichiennes encerclent le bâtiment pour arrêter les fonctionnaires municipaux qui s'y trouvent et se mobilisent face aux barricades qui surgissent spontanément dans toute la ville.
Dès le deuxième jour, on en dénombre jusqu'à 1 650, constituées de pétards, de meubles, de pierres, d’objets provenant des églises et même de La Scala, et tout autre objet que l'on trouvait dans les commerces environnants. Ces barricades sont construites avec des objets qui reflètent les professions et la composition sociale des quartiers et des rues où elles se trouvent.
Les insurgés se révoltent, tirent des coups de feu et lancent des pierres sur les Autrichiens, même depuis les toits.
Ce système de barricades et de barricades mobiles, comme à Porta Tosa, permit aux Milanais de tenir tête à une armée supérieure en armement et en nombre.
Aujourd’hui, le Musée du Risorgimento de Milan abrite les peintures qui témoignent des Cinq Jours de la Révolte : les visages des défenseurs de la ville, des détails des barricades et des scènes de Milan à cette époque, encore parfaitement reconnaissables aujourd'hui près des portes médiévales.
Le 20 mars, au troisième jour, les Autrichiens commencent à se retirer de leurs positions : ils abandonnent le Palazzo Reale, la terrasse du Duomo, le Broletto et la Piazza dei Mercanti. Hissé sur le Duomo, le drapeau italien flotte au-dessus de la ville, tandis que le son des cloches prévient la population des événements.
Après plusieurs tentatives infructueuses, le 21 mars, les Milanais parviennent enfin à s'emparer du quartier général du génie militaire autrichien (Via Monte di Pietà 8). Pasquale Sottocorno, cordonnier blessé lors des affrontements et l'un des héros de la révolte, participe également à l'effort de guerre. Une rue lui est aujourd’hui dédiée.
Le même jour, le nouveau gouvernement provisoire est formé, confronté au choix entre l'intégration au royaume de Savoie et l'instauration de la République.
Le 22 mars est le dernier jour de la révolution. Tandis que les Autrichiens évacuent le Castello Sforzesco, les insurgés attaquent le cercle extérieur de bastions. La première porte à tomber est la Porta Tosa (aujourd'hui Porta Vittoria). L'utilisation de barricades mobiles s'avère cruciale pour cette victoire. Les troupes autrichiennes, menacées sur les bastions par les Milanais et par des groupes d'insurgés dans la campagne environnante, abandonnent la ville. Les Milanais parviennent ainsi à pénétrer dans la forteresse, libérer les prisonniers et hisser le drapeau italien.
En 1895, près de cinquante ans après les événements, le monument dédié aux Cinque Giornate, œuvre du sculpteur Giuseppe Grandi, est inauguré. Les noms des milanais tombés à cette époque sont inscrits sur l'obélisque, et la crypte abrite une partie des restes des disparus, transférés ici depuis la crypte de l'Ospedale Maggiore (aujourd'hui l'Université de Milan).
La liberté face à la domination autrichienne fut cependant de courte durée : début août de la même année, les Autrichiens revinrent à Milan.
Milan est mémoire
À l’occasion de la commémoration des Cinque Giornate, la Ville propose une variété d'événements dans le cadre du projet « Milan est mémoire ».
Ce programme comprend des visites guidées, des rencontres, des concerts, des visites historiques. Les sites emblématiques du Risorgimento, tels que le Monument des Cinq Jours, le Musée du Risorgimento, le Cimetière Monumental, le Palazzo Morando et l'École militaire Teulié, en sont les points d'orgue.
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