A l’occasion de son déplacement en Italie les 4 et 5 juin derniers, rencontre avec Louis Margueritte, directeur général de Business France depuis trois mois.


Il s’agit de votre première visite en Italie depuis votre prise de fonction il y a trois mois. Quelle place occupe l’Italie dans la stratégie de Business France ?
Elle est évidemment importante à divers titres. Je finalise ma feuille de route trois mois après ma nomination par le président de la République. J’ai déjà visité des destinations plus lointaines comme l’Asie, les Etats-Unis et l’Afrique, et des destinations de proximité comme l’Espagne, le Royaume-Uni et aujourd'hui l’Italie.
Nous avons ici un important bureau composé de plus de 20 personnes, avec à la fois les activités export dans de nombreux domaines, - tels que la Tech, l'agriculture et les arts de vivre - et la partie Invest pour aider nos entreprises françaises à se projeter à l’international et à l’inverse de susciter les investisseurs italiens pour venir en France.
Il y a d’ailleurs eu deux annonces majeures d’entreprises italiennes lors du sommet Choose France début juin, de Marcegaglia et Ferrero. Ce neuvième sommet a signé une année record. Que retenez-vous ?
En effet, 93 milliards d’euros et 71 projets ont été annoncés pour plus de 15.600 emplois créés, un record. Et quasiment l’ensemble des projets annoncés lors des précédents sommets vont jusqu’au bout : 50% des projets annoncés depuis 2018 sont sortis de terre et près de la moitié sont en process.
De l’IA à la santé, de l’énergie aux technologies critiques, de la mobilité à la finance, la France s’impose comme un véritable terrain d’accélération pour les entreprises internationales.
Aux côtés de l’Etat, des régions, des collectivités territoriales, les équipes de Business France, en Italie comme ailleurs dans le monde, sont pleinement mobilisées pour transformer cette attractivité en projets concrets.
Concernant les projets italiens, qu’est-ce qui attire les investisseurs en France, au-delà la proximité géographique ?
D’abord des infrastructures solides, qu’il s’agisse de transport ferroviaire, de logistique, d’interconnexion et du réseau fluvial, mais aussi des écosystèmes partout en France assez intégrés entre les entreprises et les formations du supérieur. Notre atout énergétique est également extrêmement fort - une électricité abondante et décarbonée - un mix énergétique très largement basé sur le nucléaire et complété par du renouvelable. Cela permet d’avoir beaucoup de dossiers dans l’IA, la Tech et tout autre secteur énergivore.
Et inversement, quelles sont les opportunités pour les entreprises françaises en Italie ?
Il existe beaucoup d’opportunités pour l’agroalimentaire. La France comme l’Italie ont une clientèle qualitative avec une forte demande. On note également des opportunités dans la défense et le nucléaire, dans une logique partenariale.
L’économie italienne est une économie diversifiée, elle-même ouverte sur le monde. Une économie de services mais aussi industrielle, particulièrement en Italie du Nord, ce qui offre de nombreuses opportunités.
Lors de votre visite à Milan, vous avez notamment visité le salon Esxence, dédié à la parfumerie de luxe. Que représente la filière ?
Le luxe de niche est un marché très fort pour l’Italie et la France. Le luxe est le deuxième excédent commercial de la France, il représente 35 milliards de revenus et 2 milliards d’export. La visite du Pavillon France et les échanges m’ont convaincu de la vitalité de la filière, à la fois créative et engagée.
Ce salon est aussi l’exemple de ce que Business France sait faire, ici au cœur de la dynamique franco-italienne : sur plus de 300 exposants à Milan, près d’un tiers était des entreprises françaises, dont 30 accompagnées au sein du Pavillon Business France.
A Milan puis à Rome, quelles sont vos ambitions à travers votre programme de visites en Italie ?
A Rome, j’ai revu plusieurs dirigeants italiens présents lors du sommet Choose France, et c’est important car l’export comme l’investissement sont des affaires de long terme, de confiance et de contacts humains.
J’ai également rencontré mon homologue italien de façon à préparer et formaliser un partenariat. Concrétiser des chaînes de valeurs internationales de chaque côté des Alpes a beaucoup de sens.
Parmi les rendez-vous institutionnels, j’ai rencontré l’ambassadrice de France à Rome, Anne-Marie Descôtes, afin de préparer le forum Ambition Europe qui aura lieu en octobre prochain à Paris, un sommet très ambitieux pour parler de l’Europe économique. Dans un contexte de compétition mondiale entre la Chine et les États-Unis, l’Union européenne doit renforcer sa souveraineté industrielle, numérique et sanitaire. Les entreprises jouent un rôle clé pour combler le retard en innovation.
Ce déplacement est également une opportunité pour participer au Farnèse d’Or, un évènement incontournable de la relation franco-italienne. A cette occasion, j’ai pu remettre le prix Institutions à BPI France et Invitalia, récompensées pour la mise en place d’un appel à projets conjoint visant à soutenir les start-ups. Un programme qui renforce la compétitivité européenne en créant des liens structurés entre les entreprises, les investisseurs et les partenaires industriels.
Ce déplacement s’inscrit dans la lignée de grands évènements à venir pour la France et l’Italie.
Rappelons en effet le sommet franco-italien à Cannes les 25 et 26 juin qui rassemblera Emmanuel Macron et Giorgia Meloni afin de consolider le Traité du Quirinal. Et en parallèle, le Forum d'Affaires France-Italie au Cannet le 25 juin pour réunir les décideurs économiques des deux pays. De grandes occasions qui permettront de continuer à entretenir l’amitié franco-italienne.
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