

Ils sont peu. Mais toujours plus nombreux, ces hommes qui partagent le même destin d'avoir un jour dit oui, puis d'avoir suivi leur femme en Italie. En cette semaine d'ode à l'amour, la rédaction a voulu rendre hommage à ces valentins qui ont accepté de donner des ailes à la vie professionnelle de leur valentine et de jouer une partition différente de celle qu'ils avaient imaginée. Trois hommes et un destin. Mais aujourd'hui, est-ce encore "Milan, sinon rien ?"
Chéri, j'ai décroché le travail de mes rêves à Milan? Tu me suis ?
Evidemment, on ne change pas de vie sans en avoir un peu envie. Suivre l'autre n'est pas donné à tout le monde. Mais quand c'est Madame qui donne le ton, certains hommes savent saisir l'opportunité. Tel est le cas de Sébastien, Nicolas et Olivier qui tous trois, alors que professionnellement établis en France, déclarent à l'unisson avoir choisi de vivre l'expérience. "Le choix de notre arrivée en Italie a été mûrement réfléchi en couple, et même en famille avec nos deux enfants, avec pour objectif de profiter de ce transfert pour vivre une riche expérience familiale" raconte Nicolas. "Je n'ai donc en aucun cas subi cette décision. Au contraire, je l'ai même toujours considérée comme une opportunité qu'il ne fallait pas hésiter à saisir" ajoute-t-il. Pour Sébastien autre son de cloche puisqu'"elle avait même le choix de ne pas partir". Quant à Olivier, l'expatriation est devenue une démarche volontaire, quand, après une traversée du Pacifique à la voile et la naissance de leur première fille, vivre à Paris n'était plus possible. Tous deux ont alors cherché de poursuivre une vie professionnelle à l'étranger et c'est Madame qui l'a emporté !
Chaque couple s'est alors lancé dans l'aventure avec pour bagage, une expérience bien différente de l'expatriation. Si pour Nicolas et sa famille, le départ était une première, Olivier avait lui "l'expérience d'études au Canada et d'un VIE au Moyen Orient". "Nous avions chacun de notre côté déjà vécu à l'étranger durant nos études. S'expatrier avait été pour moi une expérience excitante et très enrichissante" se souvient Sébastien.
Quand à la destination?aucun des trois ne la connaissait vraiment. "Mis à part quelques séjours touristiques qui nous avaient beaucoup plus, nous ne connaissions pas vraiment l'Italie, nous n'y avons pas d'attache particulière" ajoute-t-il alors qu'Olivier se disait carrément réticent car il ne parlait pas italien et "n'y avait aucune perspective".
Quand Monsieur joue l'équilibriste entre le boulot et les enfants
Car c'est bien l'idée de perspective ? ou l'absence de perspective qui aurait pu les arrêter. Pas facile de lâcher un confort matériel, une situation professionnelle. Confiant et lucide avant de partir, Nicolas analyse "J'ai certes dû démissionner d'un poste qui me plaisait mais avec la conviction que, compte tenu de mon domaine d'activité, je pourrais retrouver des opportunités. Je ne connaissais cependant pas le marché italien et repartir de zéro après près de 15 ans d'expérience n'est pas simple quand même !".
A son opposé, Olivier raconte : "J'ai accepté de la suivre presque dans un moment d'égarement, et du jour au lendemain j'ai lâché mon job de consultant et me suis retrouvé avec un poupon dans une chambre d'hôtel ! Pour un temps, j'ai repris des mission

Toutefois, pour Sébastien, l'intégration professionnelle a été mois facile, même s'il a retrouvé un poste relativement rapidement, il a fait le choix avec son épouse d'un mi-temps pour s'occuper des enfants. "Professionnellement, ce n'est pas idyllique mais je m'y attendais. Ne parlant pas couramment italien, je n'espérais pas trouver un poste facilement. De plus, si je travaillais à temps plein, il me serait impossible de m'occuper de mes enfants comme je le fais actuellement.? Mais heureusement la situation est provisoire".
Une situation que déclare apprécier Nicolas avec son statut de travailleur indépendant qui lui permet de "gérer son emploi du temps à sa guise", avec les avantages et les inconvénients que cela implique.
Alors?heureux ?
Finalement Olivier se dit être reconnaissant à sa femme de l'avoir entrainé. "Depuis, elle m'a suivi, et à son tour en quittant son job, elle a pris le chemin de l'entreprenariat en Italie!"
Sébastien, plus mesuré observe : "J'aurais peut être attendu que nos enfants soient un peu plus grands. Je me suis aperçu la charge de travail que représentent des enfants en bas âge?mais ma femme me dit régulièrement qu'elle est reconnaissante. Comme moi, elle n'aimerait pas qu'une nounou s'occupe d'eux la plupart du temps. Elle apprécie que je puisse être là pour eux. Elle ferait de même si les rôles étaient inversés".
Quant à Nicolas, "Si c'était à refaire, très sincèrement, je referais, en tous points, la même chose. Je ne changerais absolument rien. Et pour en parler assez régulièrement, je pense que ma femme est effectivement reconnaissante de ce choix. Elle lui permet une évolution professionnelle riche, intéressante ; de vivre et participer à un nouveau challenge excitant dans un nouveau pays, avec une équipe différente. Et nous la remercions aussi souvent de nous offrir l'opportunité de vivre ensemble cette belle aventure ! Après 2 ans et demi, nous n'avons aucune envie de quitter Milan !"
Alors, Messieurs, si Madame vous fait une proposition très honnête, levez la tête ! Vous ne serez pas le premier !
Sophie Her (Lepetitjournal.com de Milan) ? mercredi 12 février 2014
Crédits photos : Corbis, LD
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