Très grave déclin d’espèces animales et végétales en Australie

Par Capucine Canonne | Publié le 21/07/2022 à 14:06 | Mis à jour le 21/07/2022 à 14:38
Un koala adulte dort sur une branche d'arbre en Australie

 

Les centaines de pages du rapport australien sur l’état de l’environnement font froid dans le dos : Au moins dix-neuf écosystèmes australiens présentent des signes d’effondrement. Le reste du document est tout aussi alarmant… 

 

Le rapport australien sur l’état de l’environnement devait être publié en 2021. Il est finalement sorti le 19 juillet et fait état d’une flore et d’une faune gravement menacées. Le document est le fruit du travail d’une trentaine de scientifiques, remis au Gouvernement. 

 

En cinq ans, plus de 200 espèces animales et végétales sont devenues des espèces menacées 

Selon le rapport « l’Australie a perdu plus de mammifères que n’importe quel autre continent » et affiche « l’un des taux de déclin des espèces les plus élevés parmi les pays de l’OCDE ». Parmi les espèces menacées, on retrouve le koala ou le cacatoès à tête rouge, des animaux que l’on ne retrouve que sur le Continent Australien. 

Mais ce n’est pas tout. L’écosystème coralien (pour ne citer que lui) est également en grave danger. La célèbre barrière de corail dans l’Océan Pacifique subit un blanchissement tel, qu’on estime à 91% du récif qui est atteint. Inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco et considéré comme l’une des sept merveilles du monde, l’écosystème est sur le point d’être placé sur la liste des sites « en danger », établie par l’Unesco. Une liste qui, sans être une sanction, sensibilise la communauté internationale et met ainsi la pression au Gouvernement australien pour réagir vite. 

 

blanchiment du corail en australie

 

Pour quelles raisons l’Australie est si touchée par l’extinction des espèces ?

Le rapport présente une augmentation moyenne de la température de l’Australie de 1,4 degrédepuis les années 1900. Ce réchauffement du pays (et de la planète à fortiori) a inévitablement accéléré la détérioration de la faune et de la flore : « les pressions croissantes du réchauffement climatique, de la perte d’habitats naturels, des espèces invasives, de la pollution, et de l’extraction de ressources sont des conséquences directes du mauvais état de l’environnement australien ».

Le déclin s’est accentué en 2019 et 2020 en raison des mégafeux qui ont ravagé 8 millions d’hectares de végétation et éliminé ou déplacé « entre 1 et 3 milliards d’animaux » selon le rapport. Nommés « Black Summer » (été noir), les feux ravageurs sont de plus en plus fréquents, conséquence directe du réchauffement climatique qui rend la végétation facilement inflammable et vulnérable. 

 

mega feu en australie en 2019

 

La réaction des autorités australiennes face à l’alerte environnementale 

Le rapport est clair : La réponse des autorités est aujourd’hui insuffisante et inadaptée. La commission des scientifiques dénonce notamment des coupes budgétaires dans la recherche et le manque d’investissements dans la protection des espèces. Le nouveau gouvernement prend au sérieux les questions écologiques, au vu, entre autres, de la réaction de la ministre de l’Environnement Tanya Plibersek , qui parle « d’un document choquant », ajoutant : « Avec le gouvernement travailliste, l’environnement est de nouveau sur la liste des priorités […] ».  

 

The loss of threatened species, the loss of habitat, and the impact of climate change is felt right across Australia. We’re getting straight to work to reverse a decade of decline.

pic.twitter.com/ICJdQUDP3F — Tanya Plibersek (@tanya_plibersek) July 20, 2022

 


Des actions se multiplient ces dernières années, à l’image du plan de protection « Reef 2050 » autour de la Grande Barrière de Corail, depuis 2015. Du côté de l’emblématique koala, le gouvernement fédéral promet une aide de 50 millions de dollars (31 millions d’euros) pour garantir le rétablissement de l’espèce et la restauration de l’habitat. Une annonce saluée par les associations de défense animale mais qui restent mitigées puisque ces actions colmatent sans résoudre l’origine du mal, le changement climatique.

 

 

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Capucine Canonne

Après 10 ans d’expérience en marketing média, Capucine se reconvertit en journalisme. Ancienne expatriée et fondatrice de l’édition lepetitjournal.com de Chennai en 2019, elle intègre la rédaction internationale à Paris.
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