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Où vit-on le mieux en Espagne ? Madrid et Valence devant la Catalogne

La Navarre domine le nouveau classement de l’INE. Madrid et la Communauté valencienne progressent et devancent la Catalogne, sous la moyenne nationale.

	Vue de Pampelune en Navarre, avec ses espaces verts et ses remparts, dans la région en tête du classement de qualité de vie de l'INE.	Vue de Pampelune en Navarre, avec ses espaces verts et ses remparts, dans la région en tête du classement de qualité de vie de l'INE.
La Navarre arrive en tête du classement de la qualité de vie en Espagne publié par l'INE en octobre 2026. Ici, Pampelune et ses espaces verts. / Anass Sedrati / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0
Écrit par Paul Pierroux-Taranto
Publié le 28 octobre 2026

C’est au nord que se dessine le podium de la qualité de vie en Espagne. La Navarre, La Rioja et le Pays basque occupent les trois premières places du dernier classement de l’Institut national espagnol de la statistique (INE). Plus loin, Madrid (102,81 points) et la Communauté valencienne (102,74) devancent la Catalogne (101,45), reléguée sous la moyenne nationale.

Publié le 23 octobre 2026, ce classement repose principalement sur des données de 2025. Et il ne se résume pas à une question de revenus ou de pouvoir d’achat. Santé, emploi, éducation, sécurité, environnement, relations sociales : 55 indicateurs composent cet indice multidimensionnel de qualité de vie. De quoi dessiner une géographie de l’Espagne assez différente de celle de ses destinations les plus prisées.

 

Qualité de vie en Espagne : la Navarre, La Rioja et le Pays basque en tête du classement

Avec 105,43 points, la Navarre conserve sa première place. Elle devance La Rioja (104,30), le Pays basque (104,12) et l’Aragon (103,62). Les quatre premières places reviennent ainsi à des régions du nord et du nord-est de l’Espagne.

La Navarre obtient les meilleurs résultats dans trois domaines : les loisirs et relations sociales, l’environnement et l’expérience générale de la vie. Le Pays basque se distingue par les conditions matérielles d’existence et l’éducation.

Cinquièmes avec 103,54 points, les Baléares arrivent en tête pour le travail et la santé. La Cantabrie se classe première en matière de sécurité physique et personnelle. Quant à la Communauté valencienne, elle domine la catégorie « gouvernance et droits fondamentaux », dont les données n’ont toutefois pas été actualisées cette année.

La région la mieux classée au général n’est donc pas nécessairement celle qui obtient les meilleurs résultats dans chaque domaine.

 

Madrid et Valence progressent, la Catalogne sous la moyenne

C’est l’un des principaux enseignements de cette édition : Madrid et la Communauté valencienne enregistrent les deux plus fortes progressions du pays entre 2024 et 2025, avec respectivement 0,59 et 0,50 point supplémentaire.

La Communauté de Madrid occupe le huitième rang national (102,81 points), juste devant la Communauté valencienne, neuvième (102,74). Toutes deux dépassent la moyenne espagnole, établie à 101,74 points.

La Catalogne est plus loin. Avec 101,45 points, elle se classe douzième sur dix-sept communautés autonomes, derrière la Castille-et-León et légèrement sous la moyenne nationale.

Ce résultat ne signifie pas que la qualité de vie des Catalans se soit nécessairement dégradée. Il indique que, selon les critères retenus par l’INE, la Catalogne obtient un indice inférieur à celui de Madrid, de la Communauté valencienne et de neuf autres régions.

Une précision s’impose : le classement porte sur les communautés autonomes, pas sur les villes. Les résultats de la Communauté valencienne ne concernent donc pas uniquement Valence, pas plus que ceux de la Catalogne ne résument la situation de Barcelone.

 

Le classement complet des régions où l’on vit le mieux en Espagne

Voici les résultats de l’indice de qualité de vie pour 2025, publiés par l’INE le 23 octobre 2026.

RangCommunauté autonomeIndice
1Navarre105,43
2La Rioja104,30
3Pays basque104,12
4Aragon103,62
5Baléares103,54
6Cantabrie103,32
7Asturies102,94
8Madrid102,81
9Communauté valencienne102,74
10Estrémadure101,79
11Castille-et-León101,53
12Catalogne101,45
13Castille-La Manche101,16
14Murcie100,64
15Galice99,88
16Andalousie99,85
17Canaries99,40

Moyenne nationale : 101,74 points.

Les villes autonomes de Melilla (98,39) et Ceuta (98,33), également évaluées par l’INE, présentent des indices encore inférieurs à celui des Canaries.

À l’échelle du pays, la qualité de vie progresse légèrement, passant de 101,43 points en 2024 à 101,74 en 2025, selon la série actualisée. Six des neuf dimensions étudiées s’améliorent, notamment le travail, la santé et les conditions matérielles. En revanche, les loisirs et relations sociales ainsi que la sécurité physique et personnelle enregistrent un recul.

 

Les Espagnols vivent-ils vraiment mieux qu’il y a dix ans ?

 

Les étrangers européens vivent-ils mieux que les Espagnols ?

Le rapport apporte une nouveauté particulièrement intéressante pour les Français installés en Espagne. Pour la première fois, l’INE distingue les résultats selon la nationalité des résidents, permettant de comparer les Espagnols, les ressortissants de l’Union européenne et les étrangers venus du reste du monde.

Sur l’indice global, les Espagnols arrivent en tête avec 102,76 points, devant les étrangers de l’UE (101,48) et ceux des pays non membres de l’Union (97,28).

L’écart est particulièrement marqué dans les conditions matérielles d’existence. Les Espagnols obtiennent 101,03 points, contre 94,59 pour les étrangers européens et 86,43 pour les ressortissants des autres pays. Ils présentent également de meilleurs résultats en matière d’éducation.

Mais sur l’« expérience générale de la vie », le classement s’inverse. Les étrangers de l’Union européenne arrivent cette fois en tête avec 110,17 points, devant les Espagnols (106,88) et les étrangers hors UE (96,66).

Cette dimension prend notamment en compte la satisfaction globale à l’égard de sa vie, les sentiments positifs et le sentiment de donner un sens à son existence. Elle mesure donc une perception plus subjective du bien-être, distincte des conditions matérielles.

Le contraste mérite d’être relevé : les ressortissants européens affichent un indice global inférieur à celui des Espagnols, mais une meilleure appréciation de leur expérience générale de la vie.

De là à conclure qu’ils sont plus heureux en Espagne, il y a un pas que les statistiques ne permettent pas de franchir. Ces résultats concernent des groupes de population dans leur ensemble et l’INE ne fournit pas de données spécifiques aux Français.

 

Ce que mesure réellement le classement de l’INE

Contrairement à une simple enquête de satisfaction, l’indicateur de l’INE associe des données statistiques à des éléments de perception. Ses 55 indicateurs sont répartis en neuf dimensions : conditions matérielles, travail, santé, éducation, loisirs et relations sociales, sécurité, gouvernance et droits fondamentaux, environnement et expérience générale de la vie.

Le résultat est un indice composite, calculé sur une base 100 en 2008. Un score de 105 n’est donc pas une note sur 100. Par défaut, les neuf dimensions ont le même poids dans le calcul final.

L’INE souligne aussi que toutes les données ne sont pas renouvelées chaque année. L’indicateur conserve un caractère expérimental et les résultats des années précédentes peuvent être révisés lorsque de nouvelles observations sont intégrées.

Ces précautions comptent, surtout lorsque les écarts sont faibles. Sept centièmes de point séparent Madrid de la Communauté valencienne, contre 2,69 points entre cette dernière et la Navarre.

Ce classement ne désigne donc pas un lieu idéal où chacun devrait s’installer. Il mesure les différences de qualité de vie entre les territoires espagnols à partir de critères communs. Et rappelle qu’une région agréable à vivre ne se résume ni à son climat ni à son dynamisme économique.

 

Sources et méthodologie

Cet article s’appuie sur l’Indicateur multidimensionnel de qualité de vie (IMCV), publié par l’INE le 23 octobre 2026. Le classement repose principalement sur des données de 2025 et compare les communautés autonomes, non les villes. Il agrège 55 indicateurs répartis en neuf dimensions, pondérées à parts égales par défaut. Exprimé sur une base 100 en 2008, l’indice ne constitue pas une note sur 100. L’INE précise son caractère expérimental : certaines données ne sont pas actualisées chaque année et les séries peuvent être révisées. Les résultats par nationalité concernent les ressortissants européens dans leur ensemble, sans distinguer les Français. Sources : Résultats officiels de l’INE · Projet technique et méthodologie (PDF)

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