Édition internationale

L’Espagne, meilleur pays au monde pour la qualité de vie des expatriés en 2026

Soleil, restaurants, santé, loisirs, voyages… Pour la cinquième année consécutive, l’Espagne est le pays où les expatriés jugent leur qualité de vie la meilleure. Une première place mondiale qui cache pourtant un paradoxe : formidable pour vivre, le pays l’est beaucoup moins lorsqu’il s’agit d’y faire carrière.

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Jorge Fernández Salas (Unsplash)
Écrit par Paul Pierroux-Taranto
Publié le 16 septembre 2026

Cinq ans, et toujours personne pour la détrôner. En 2026, l’Espagne reste numéro un du Quality of Life Index d’InterNations, devant Singapour, les Émirats arabes unis, le Japon et l’Autriche. La France se classe 9e, sur 31 pays retenus.

Ce palmarès ne compare ni PIB ni espérance de vie. Il mesure le quotidien tel que le perçoivent les expatriés : climat, santé, sécurité, transports, environnement, restaurants, culture, loisirs ou possibilités de faire du sport. Et sur ce terrain,
l’Espagne règne depuis 2022.

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89 % des expatriés conquis par le climat en Espagne

Le soleil aide, évidemment. 89 % des expatriés interrogés en Espagne se disent satisfaits du climat et de la météo, contre 58 % dans l’ensemble de l’enquête. Le pays se classe 2e mondial sur ce critère et 5e pour l’ensemble « environnement et climat ».

Mais l’Espagne ne gagne pas qu’au thermomètre. Elle arrive aussi 2e pour les loisirs, comme pour la culture et la vie nocturne ainsi que les possibilités de pratiquer un sport. Et 87 % des expatriés saluent la diversité des restaurants et de l’offre gastronomique, contre 75 % dans le monde.

Plages et montagnes, terrasses et musées, sport en plein air une bonne partie de l’année… La force espagnole tient moins à un atout qu’à leur addition.

 

Santé : l’autre grande force espagnole

Au-delà du soleil et des loisirs, l’Espagne marque des points sur un terrain plus concret : la santé, où elle se classe 4e mondiale. Quelque 80 % des expatriés jugent les soins abordables, contre 61 % dans l’ensemble de l’enquête ; 83 % sont satisfaits de leur disponibilité et de leur qualité, contre 71 % dans les deux cas au niveau mondial.

Même avantage pour les déplacements. L’Espagne arrive 7e pour les voyages et les transports. 93 % apprécient les possibilités de voyager depuis le pays et 87 % jugent facile et sûr de se déplacer à pied ou à vélo.

Son moins bon résultat concerne la sécurité et la stabilité, avec une 11e place. Si 77 % des expatriés estiment pouvoir exprimer librement leurs opinions, l’Espagne ne se classe que 18e pour la stabilité politique.

 

L’Espagne, un aller presque sans retour

Certains viennent précisément chercher cette qualité de vie. 20 % des expatriés installés en Espagne disent avoir déménagé pour l’améliorer, plus du double de la moyenne mondiale (9 %). Et 8 % sont venus prendre leur retraite, contre 4 % dans l’ensemble de l’enquête.

Le plus révélateur vient peut-être après l’installation : 41 % aimeraient rester en Espagne pour toujours, contre 27 % dans le monde. Au total, 82 % se disent satisfaits de leur vie dans le pays, douze points au-dessus de la moyenne internationale (70 %).

 

Formidable pour vivre, beaucoup moins pour faire carrière

C’est le grand paradoxe espagnol. Numéro un mondial pour la qualité de vie, l’Espagne tombe à la 6e place sur 31 dans le classement général Expat Insider 2026, qui intègre aussi travail, finances, installation et aspects pratiques du quotidien.

Le décrochage est brutal côté emploi : 26e pour le travail à l’étranger. Seuls 27 % des expatriés jugent positivement le marché du travail espagnol, contre 38 % dans le monde. Et si 55 % des expatriés estiment que leur départ a amélioré leurs perspectives de carrière, ils ne sont que 37 % en Espagne.

Le quotidien administratif n’aide guère. L’Espagne se classe 20e pour les “Expat Essentials” et 54 % des répondants trouvent difficile de traiter avec les administrations locales, contre 39 % au niveau mondial. Le logement n’arrive que 19e : 29 % le jugent abordable et 37 % facile à trouver, deux résultats inférieurs aux moyennes internationales.

Une éclaircie tout de même : l’Espagne se classe 8e mondiale pour l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, avec 68 % de satisfaits. Autrement dit, on y apprécie davantage la vie autour du travail que le travail lui-même.

 

« Meilleur pays du monde » ? Pas exactement

Une précision s’impose. Le Quality of Life Index ne désigne pas scientifiquement « le meilleur pays du monde où vivre » : il mesure la satisfaction déclarée des expatriés interrogés.

L’édition 2026 repose sur les réponses de 7.786 expatriés de 162 nationalités, recueillies du 1er février au 31 mars auprès de la communauté InterNations, mais aussi via les réseaux sociaux et d’autres groupes d’expatriés. Un minimum de 50 répondants était nécessaire pour classer un pays ; 31 ont franchi ce seuil.

Les participants notent de 1 à 7 différents aspects de leur vie à l’étranger. L’indice de qualité de vie en retient cinq : voyages et transports, sécurité, loisirs, santé, environnement et climat. Il mesure donc des perceptions, pas des données objectives de criminalité, de pollution ou de performance hospitalière.

La nuance compte. Le résultat aussi : pour la cinquième année consécutive, aucun autre pays ne procure à ses expatriés interrogés une meilleure qualité de vie perçue que l’Espagne.

Avec, au fond, un paradoxe assez espagnol : on n’y vient pas forcément pour faire la plus belle carrière de sa vie. Mais beaucoup semblent y trouver la vie qu’ils avaient envie de mener.

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