Samedi 16 janvier 2021

La lutte contre le changement climatique, au cœur du 17e Prix Diálogo

Par Vincent Garnier* | Publié le 26/11/2020 à 18:00 | Mis à jour le 26/11/2020 à 18:42
prix dialogo

Jeudi 26 novembre de façon virtuelle a été organisée la 17e cérémonie de remise du Prix Diálogo, qui chaque année récompense des institutions ou des personnes qui caractérisent l'amitié franco-espagnole.

 

Pour cette édition 2020, ce sont deux femmes scientifiques qui ont été mises à l'honneur : la mathématicienne espagnole, experte en glaciologie, exploratrice et aventurière María del Carmen Domínguez, et la physicienne et climatologue française, co-présidente du groupe 1 du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), Valérie Masson-Delmotte.

Elle se tient traditionnellement en juin, cette année la remise du Prix Diálogo aura été décalée à la fin novembre et aura donc dû se tenir de façon virtuelle. On rendra hommage aux organisateurs d'avoir étés en mesure de s'entourer, dans ces conditions exceptionnelles, de deux lauréates particulièrement inspirantes, mais aussi d'une modératrice -la biologiste Odile Rodriguez de la Fuente- de l'Ambassadeur de France en Espagne et de la quatrième Vice-présidente du gouvernement espagnol et ministre de la Transition écologique, Teresa Ribera, qui auront su transmettre une sensation de "presque normalité", à cette cérémonie. À sa manière, la remise du Prix Diálogo a participé à briser les barrières que la distance sociale a dressées entre membres d'une même communauté.


C'est d'une autre lutte, celle contre le changement climatique, dont il a néanmoins été question au cours de la remise du Prix, qui aura en outre cette année le mérite de faire valoir une cause absolument essentielle, quelque peu éclipsée par l'urgence de la gestion de la pandémie de Covid. Au cours d'une session de questions - réponses d'une heure environ, les deux lauréates ont décrypté leur engagement pour la cause, tout en apportant des pistes de réflexion particulièrement pertinentes, à l'échelle technique comme philosophique. En fin de comptes, c'est un modèle de société que nous pourrions transmettre aux générations futures que María del Carmen Domínguez et Valérie Masson-Delmotte ont débattu, esquissant des solutions qui pour être réalistes et concrètes n'en restent pas moins révolutionnaires. "Ce n'est que par une révolution menvironnementale que nous pourrons sortir de cette situation", a ainsi exprimé la lauréate espagnole, qui a souligné l'importance d'un changement de priorités à l'échelle de l'ensemble des acteurs, notamment des entreprises. Soulevant le Prix qu'elle a reçu par courrier postal, María del Carmen Domínguez, cofondatrice d'une méthode unique de mesure du changement climatique dans le monde -le projet Glackma- a étouffé un sanglot tandis qu'elle indiquait que la reconnaissance de l'association d'amitié franco-espagnole lui arrivait "à un moment où les financements sont épuisés". Plus que jamais, le Prix Diálogo revêt cette année une dimension particulière, en mettant en relief le travail de chercheuses qui œuvrent pour le bien commun, mais dont l'activité dépend aussi des fonds attribués à la recherche.

 

prix dialogo

 

Notre action est en train de stagner !

"Plus que jamais, le terme de dialogue est d'actualité", a pour sa part évoqué Valérie Masson-Delmotte, qui co-préside donc un groupe de réflexion intergouvernemental, dépendant de l’Organisation météorologique mondiale et du Programme des Nations unies pour l'environnement. "Le dialogue entre scientifiques et entre représentants des pays est fondamental", a-t-elle estimé, d'autant qu'en la matière de lutte contre le changement climatique les enjeux sont immenses et les tentations de déni ou de repli sur soi, fortes. Mais c'est aussi l'enjeu du dialogue intergénérationnel que la scientifique française a mis en valeur. "J'ai en permanence à l'esprit l'horizon 2050, quand mes enfants seront adultes, ou l'horizon 2100 -c'est demain- quand les effets du changement climatique seront inéluctables", a-t-elle déclaré. "De notre attachement aux conditions de vie des plus jeunes, dépend notre capacité à changer le monde qui sera le leur". Concrètement, de nos actions aujourd'hui, même des plus modestes, dépend notre capacité à changer le monde de demain. Un message qui, certes, nous a été répétés a saciété, mais qui dispose des moyens de nous parvenir, pour peu qu'ils soient développés. Des interventions de la physicienne, on retiendra ainsi les pistes évoquées pour "agir directement sur la cause du problème". "Il faut renforcer l'éducation et la formation", a-t-elle avancé au cours des débats, estimant aussi qu'il faut renforcer l'innovation  technologique et sociale : "Il existe une forme d'innovation frugale qui en limitant la demande, en favorisant une consommation saine et intelligente, réduit son impact sur l'environnement", a-t-elle détaillé. Valérie Masson-Delmotte a en outre évoqué la possibilité de construire des groupes d'experts régionaux, et de s'appuyer sur leurs connaissances des acteurs de terrain pour atteindre un développement "résilient". Elle a surtout signifié l'importance de mettre en place une grille d'analyse des décisions prises à l'échelle mondiale, calquée sur les objectifs de développement durable définis par les Nations Unies, qui permettrait de mesurer de façon systèmatique la pertinence de chacune de ces décisions.

 

Nous devons nous efforcer à continuer à faire vivre l'esprit de Paris


Est-ce une coïncidence ? Le Prix Diálogo a cette année lieu à l'occasion du 5e anniversaire de la COP 21. L'Ambassadeur de France en Espagne, Jean-Michel Casa, a tenu à rappeler le rôle essentiel joué par la diplomatie française pour la signature des accors de Paris. Il a évoqué l'organisation de la COP 25 à Madrid, il y a désormais un an, et rendu hommage à la capacité de l'Espagne de reprendre au pied levé le flambeau, après le renoncement du Chili. "Nous devons nous efforcer à continuer à faire vivre l'esprit de Paris", a-t-il déclaré. D'autant que les Etats ont peu avancé depuis le dernier sommet. "2020 aurait dû lancer une nouvelle décennie d'action, nous en sommes loin", a regretté l'Ambassadeur. La France, organisatrice de l'initiative "Make Our Planet Great Again" et des rencontres anuelles "One Planet Summit" (le prochain ayant lieu le 21 janvier prochain), compte bien rappeler à la communauté internationale l'importance de tenir les engagements définis à Paris en 2015. 

"Nous devons prendre garde à ce que les jeunes générations ne soient pas paralysées par l'ampleur du défi climatique" a estimé lors des débats Valérie Masson-Delmotte. "L'Histoire nous montre que ce sont toujours des groupes de gens qui prennent à bras le corps des problèmes et élaborent des solutions, pas des gouvernements". "Notre action est en train de stagner !" a quant à elle averti María del Carmen Domínguez. La prise de conscience est donc essentielle et le Prix Diálogo 2020 "souligne le rôle des chercheurs, mais aussi des femmes" dans cette lutte, comme n'a pas manqué de le souligner Teresa Ribera. "La société civile se doit de diffuser ces connaissances", a quant à lui défendu José Maria Segovia, Président de Diálogo.

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DENISE laurent lun 14/12/2020 - 15:19

comme disait Albert Einstein : "On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré. " on ne vous a parlé que du carbone, pourtant tous les scientifiques le savent bien, le principal gaz à effet de serre c'est la vapeur d'eau, 60% des effets contre seulement 26% pour le carbone (source GIEC). Ils ne vous ont parlé que du carbone parce que leur spécialité c'est uniquement le carbone, ils n'ont jamais parlé de la vapeur d'eau parce qu'ils sont persuadés que les activités humaines n'ont pas d'impact sur le taux de vapeur d'eau de l'atmosphère, erreur fatale puisque c'est la dé-végétalisation des sols (déforestation) qui coupe la régulation thermique des continents : 60% de l'énergie solaire qui arrive jusqu'au sol est évacuée par l'évaporation sur les mers ou l'évapotranspiration (végétation) sur les terres, les sols secs et sans végétation stockent la chaleur et provoquent des canicules ! En arrêtant à 100% les énergies fossiles on arrêtera la pollution massive des villes mais ça n'aura aucun impact sur le dérèglement climatique. Un air vicié contient 4 à 5 % de plus de dioxyde de carbone (CO2) qu’un air pur et donc, comme le dioxyde de carbone a pris la place de l’oxygène dans sa composition, l’air vicié contient 4 à 5 % de moins d’oxygène (O2) que l’air pur. Une forêt absorbe du CO2 et libère de l’oxygène, une ville produit du CO2 et consomme de l’oxygène (moteur thermique et même respiration humaine); si on y ajoute les résidus de combustion (moteurs, chauffage, etc …) on a une bulle d’air vicié qui fragilise fortement la santé humaine. Les poumons sont une barrière de protection naturelle contre les virus, quand cette barrière est altérée par la pollution les individus sont plus fragiles, ce qui pourrait même expliquer en partie pourquoi le Covid touche plus les villes que les campagnes. La forêt est un écosystème autonome qui a survécut seul pendant des millions d’années, la ville n’est pas un écosystème mais une invention humaine qui a les caractéristiques opposées à la forêt, elle a un bilan climatique bien pire qu’un désert de sable et affecte gravement la santé humaine. La réduction des émissions de CO2 est primordiale en ville parce qu’il n’y a pas assez de végétation pour l’absorber et fournir de l’oxygène, à la campagne l’air n’est pas vicié parce que les surfaces végétales sont plus importantes que les surfaces artificialisées. Et encore une fois c’est la concentration urbaine qui pose problème ! Les surfaces végétales baissent l’albédo des sols, évacuent la chaleur (chaleur latente), absorbent du CO2, libèrent de l’oxygène, nourrissent et protègent toute la biodiversité sur les continents … En stigmatisant la consommation d’eau des plantes (et donc de l’agriculture) on détruit la vie sur terre ! La caractéristique d'un désert c'est justement l'absence de végétation et donc de photosynthèse ! Les sécheresses et les inondations ne sont pas des fatalités mais le résultat logique d'une très mauvaise gestion des eaux de surface, Inondation c’est quand l’eau repart trop vite vers la mer, sécheresse c’est quand elle est repartie trop vite … Depuis plus de 30 ans les climatologues disent bien, qu'avec le dérèglement climatique, il n'y aura pas moins d'eau mais une dégradation de la répartition annuelle des pluies : inondations l'hiver et sécheresse l'été, exactement le scénario qui s’installe durablement en France et partout dans le monde. En France la menace vient de l'eau des terres et pas de la submersion des mers ! Actuellement les rivières françaises rejettent entre 50 et 70% des précipitations alors qu'il ne faudrait jamais dépasser les 30% ! Le bon sens aurait voulu qu'on anticipe en construisant des retenues en amont des villes pour maintenir un débit acceptable et plus régulier en aval tout au long de l'année, mais depuis quelques années l'administration ordonne la destruction des ouvrages sur les rivières au nom de la continuité écologique, ce qui a amplifié massivement un phénomène parfaitement prévisible !

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