De Chambéry à Madrid, Alexis Haecker a transformé une passion d’enfance en véritable trajectoire professionnelle. À 23 ans, ce jeune entraîneur français vit aujourd’hui à 100 % du football dans la capitale espagnole, entre terrain et consulting international. Sur les pelouses de l’AD Villaviciosa de Odón, son club de cœur, il incarne une génération qui a fait du ballon rond bien plus qu’un rêve : un métier, une vie. Rencontre avec un expatrié qui a trouvé en Espagne un terrain de jeu à la hauteur de son ambition.


Pour moi, Madrid est la ville"qui vit le foot" !
Comment est née votre passion du foot ?
Vers mes 8 ans, j'ai tenté l'expérience de jouer au foot, comme beaucoup d'enfants, avec le soutien de mes parents. Ce sport m'a plu immédiatement. J'ai senti ensuite qu'il pourrait être une orientation de vie.
Mon rêve au départ était d'être seulement joueur. Ma mère m'a très vite encouragé, sentant mon réel engouement pour ce sport. On regardait les matchs à la télé ensemble, je commentais les matchs en direct avant même les commentateurs. On avait l'impression qu'ils reprenaient mes mots.
Dès le collège, j'ai intégré une classe de foot en sport étude. Déjà tous mes après-midis étaient consacrés à ce sport, et je jouais également en club. Dans mon club, deux fois par an nous devions entraîner des plus jeunes. Cette autre facette de ce sport m'a séduit.
A la fin du collège, nous sommes partis de Savoie, et nous sommes allés habiter en famille au Mexique. Pendant toutes mes années de lycée le foot est resté ma passion.

Comment s'est formé votre projet de rejoindre l'Espagne ?
Lors d'une présentation de cursus universitaires dans mon lycée international de Queretaro au Mexique, l'université de Europea de Madrid était là. Elle présentait son programme d'études en Sciences de l'Activité Physique et du Sport. Avec une possibilité de spécialisation haute performance dans le sport de notre choix. J'ai tenté l'aventure.
Pour moi Madrid est la ville "qui vit le foot !" Dès ma deuxième année, j'ai commencé en parallèle à passer mes diplômes d'entraîneur de football, UEFA C puis UEFA B l'année suivante. J'ai fait tous mes stages à l'AD Villaviciosa de Odon. Un club que j'ai vraiment apprécié.
En fin de cursus universitaire, j'ai choisi un master en direction de football, toujours dans cette même université, et grâce à mon directeur d'études, j'ai pu enchaîner sur une alternance de dix mois au Real Madrid. A ma sortie d'alternance j'ai eu des propositions d'autres clubs pour entraîner mais je suis resté fidèle à l'AD Villaviciosa de Odon où j'entraîne aujourd'hui et où je suis également préparateur physique.
En Espagne, où le football est partout, presque une culture à part entière, et plus encore à Madrid, difficile d’imaginer meilleur terrain pour en faire sa vie.
Comment vivez-vous entièrement du football aujourd'hui en Espagne ?
Je cumule deux casquettes. Le matin je travaille dans une entreprise de consulting dans le football, NextEra Sport. Nous avons une académie de football qui travaille en collaboration avec des fédérations (comme Singapour ou l'Arabie Saoudite), des gouvernements ou des clubs professionnels étrangers. Nous proposons des programmes de haute performance pour que leurs jeunes joueurs se développent au contact du football espagnol.Nous organisons également des stages pour ce même public. Certains ont été conduits par de grands professionnels internationaux comme Varane, Diaz ou Carreras. Ainsi que des tournois internationaux à Madrid. Toujours dans le même esprit.
Les jeunes équipes d'autres pays ont besoin de se confronter à des jeunes footballeurs espagnols. C'est une filière d'excellence au niveau mondial. Certaines jeunes équipes sont leaders dans leur championnat, ou viennent de centre formation de clubs européens prestigieux (comme le PSG, l'AS Roma, l'Ajax...) et pourtant elles peuvent perdre face à une équipe de la Communauté de Madrid qui n'appartient pas toujours à un grand club. C'est dire les différences de niveau, parfois !
L'après-midi, je suis sur le terrain de l'AD Villaviciosa de Odon, je fais mon métier d'entraîneur, de préparateur physique et de rééducateur. J'assiste également les entraîneurs du football à 7 dans leurs activités. Fidèle et engagé pour le club de mes débuts en Espagne.
En Espagne, où le football est partout, presque une culture à part entière, et plus encore à Madrid, difficile d’imaginer meilleur terrain pour en faire sa vie.
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