Mardi 14 juillet 2020

Sanchez dévoile son nouveau gouvernement, le poids de Podemos dilué

Par Armelle Pape Van Dyck | Publié le 12/01/2020 à 19:25 | Mis à jour le 13/01/2020 à 10:05
Photo : Pool Moncloa/JM Cuadrado
pedro sanchez gouvernement espagne

Le gouvernement espagnol rendu public dimanche ne compte pas moins de 4 vice-présidents et 23 ministres, le deuxième en importance depuis la Transition. 

 

Depuis l'investiture de Pedro Sanchez mardi dernier, celui-ci a communiqué au compte gouttes la composition de son gouvernement. L'une des annonces les plus surprenantes a été la création d'une quatrième vice-présidence, diluant ainsi un peu plus celle de Pablo Iglesias. L’important cordon sanitaire du PSOE vis-à-vis d’Unidas Podemos est visible en particulier dans le domaine économique et veut laisser un message clair : l'économie reste entre les mains du Parti socialiste. Sanchez est conscient qu’il ne peut pas gouverner contre les chefs d’entreprise, tout comme les hommes d'affaires ont déjà changé de ton et le chef du patronat espagnol, Antonio Garamendi vient de tendre la main au nouvel exécutif.


Vice-présidence et ministère de Unidas Podemos

Concrètement, Podemos a une vice-présidence sans portefeuille et 4 ministères, dont une partie des compétences reste entre les mains des socialistes. Ainsi, Pablo Iglesias est vice-président des affaires sociales et de l'agenda 2020-30, sa compagne Irene Montero, ministre de l'Égalité, Manuel Castells, ministre des Universités (mais pas de l’Education), Alberto Garzon, ministre de la Consommation et Yolanda Diaz, ministre du Travail (sans la Sécurité sociale).

Même si ses compétences sont plus limitées (avec le contrôle d’une vice-présidente économique socialiste et la sécurité sociale en moins), Yolanda Díaz –sous l’orbite de Podemos- est donc l'une des principales préoccupations de l’IBEX35.  Elle sera en effet chargée de promouvoir le dialogue social, travailler aux changements dans le statut des travailleurs, à l'abrogation des articles les plus controversés de la réforme du travail ou à l'augmentation du salaire minimum interprofessionnel.


Rassurer l’IBEX 35

Pendant sa comparution devant les journalistes, Pedro Sanchez a bien précisé que dans son gouvernement il y aura "différentes voix mais une seule parole". Et comme on n’est jamais assez prudent, avant même la formation du gouvernement, PSOE et Podemos ont signé un protocole préventif pour éviter les critiques entre eux au sein du gouvernement, et assurer une stratégie de communication commune. Ainsi, chaque ministère doit communiquer suffisamment à l'avance  au Secrétaire d'Etat à la communication -qui dépend directement de Pedro Sanchez- les principales annonces qui seront faites. L'accord prévoit même l'éventualité d'une crise gouvernementale, de sorte que le poids relatif de PSOE et Podemos soit toujours le même dans le gouvernement de coalition.

Outre Pablo Iglesias, il y a donc trois autres vice-présidences, occupées par des femmes. Il s’agit de Carmen Calvo (première vice-présidente, ministre de la présidence et des relations avec le Congrès, et chargée de la mémoire démocratique), Nadia Calviño (qui coordonnera les affaires économiques et la grande transformation numérique dont l'Espagne a besoin) et Teresa Ribera (transition écologique et défi démographique, pour faire face à l'Espagne rurale vidée).


11 ministres renouvellent leur portefeuille

En comptant les 3 vice-présidentes, onze ministres du PSOE renouvellent leur portefeuille: José Luis Ábalos au ministère du Développement dont le nom est changé en Transport, Mobilité et Agenda Urbain. Isabel Celaá à l'Éducation ; Margarita Robles, la Défense ; Fernando-Grande Marlaska, l'Intérieur ; Reyes Maroto, l'Industrie ; Pedro Duque, les Sciences ; Maria Jesus Montero, Finances et porte-parolat du gouvernement ; Luis Planas,  l'Agriculture.

Parmi les nouveautés, il y a un nouveau ministère : Sécurité sociale, Inclusion et Migration, qui sera dirigé par José Luis Escrivá, un économiste indépendant nommé il y a des années par Mariano Rajoy pour diriger "l'Autorité indépendante pour la responsabilité fiscale" (AIReF). 


Le ministère des Affaires Étrangères, avec une vocation nettement économique

De son côté, le ministère des Affaires Étrangères étendra ses pouvoirs avec une vocation nettement économique, une "priorité" pour le nouveau gouvernement. La juriste Arancha González Laya sera la nouvelle ministre de la "diplomatie économique". Le nouveau ministère s'appelle désormais Affaires Étrangères, Union Européenne et Coopération. 


Clin d’œil à la Catalogne

La troisième nouveauté est le portefeuille de la Santé qui sera dirigé par le numéro deux du PSC (Parti Socialiste Catalan), Salvador Illa. José Manuel Rodríguez Uribes, qui était jusqu’ici porte-parole adjoint à l'Assemblée de Madrid, sera le prochain ministre de la Culture et des Sports et Carolina Darias, la nouvelle ministre de la Politique Territoriale et de la Fonction Publique. Enfin, le  ministre de la Justice a été le dernier à être dévoilé. Il s’agit du magistrat et député socialiste Juan Carlos Campo. Son rôle sera fondamental pendant cette législature qui s’annonce très compliquée, après que Pedro Sanchez ait promis à ERC qu’ils chercheront une issue convenue au "conflit politique" en Catalogne. 

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Armelle pvd

Armelle Pape Van Dyck

Après 15 ans à la direction de la communication de la 1ère banque espagnole, elle a décidé de concilier vie pro & perso, comme journaliste freelance en français ou espagnol. Elle est vice-présidente de l’Association des Correspondants de Presse Étrangère.
2 Commentaire (s)Réagir
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Belle lun 13/01/2020 - 11:08

Les grincheux vont en être pour leurs frais ! Pedro Sanchez a réussi son pari Podemos est bien présent , donc heureux , mais avec des effets limités sur l’économie et le social ! Moi je suis plutôt confiant car je crois que Sanchez est vraiment capable de réussir pour le bien de l’Espagne et de l’Europe ! Haut les cœurs

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Giel358 sam 18/01/2020 - 09:32

Belle, je constate que l'optimisme n'a pas de limite. Dans son obsession maladive du pouvoir, "Pedro del Gran Poder", incompétent notoire, va amener l'Espagne plus bas encore que ne l'avait fait Zapatero, son mentor. Et sans parler de sa soumission aux indépendantistes de tout bord, y compris les héritiers des terroristes de l'ETA.

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