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Retraites en Espagne: "Préparez-vous à une claire détérioration"

Par Vincent GARNIER | Publié le 21/11/2017 à 19:22 | Mis à jour le 21/11/2017 à 19:31
Photo : CNP Partners
cnp partners espagne

La semaine dernière, CNP Partners organisait un petit-déjeuner informatif à la Chambre Franco-Espagnole de Commerce et d'Industrie, dédié au système des retraites espagnol et destiné à présenter l'offre de fonds de pension proposé en collaboration avec Morningstar, par la filiale du 1er assureur vie français. Pour Philippe Baus et Carmina Arévalo, directeurs commerciaux et animateurs de la rencontre, "les indemnisations publiques de retraite ne permettront plus de maintenir notre niveau de vie". Panorama de la situation.

 

C'est chaque automne la même chose : à l'approche du terme de l'année, aussi surprenant que cela puisse paraître, les fonds de pension connaissent un regain d'intérêt chez les consommateurs et il se produit un pic saisonnier typique de ce produit, pourtant a priori utile 365 jours par an. "L'épargne constatée en fin d'année et les perspectives de déduction d'impôt pousse les produits de retraite sur cette période", constate Philippe Baus. Or, si nos inquiétudes relatives à l'après de notre vie professionnelle se réveillent en fin d'année, l'horloge joue en la matière en faveur de l'épargnant précoce. C'est le fait de la capitalisation de l’épargne et du rendement de l’intérêt composé à long terme, qui génèrent des gains exponentiels en fonction du nombre d'années de cotisation, mais aussi de la dégradation progressive, constante et inéluctable du système des retraites en Europe, et particulièrement en Espagne. "Préparez-vous à une claire détérioration des conditions liées à la fin de carrière", avertit Carmina Arévalo.

 

En 2013, on recensait un ratio de 2,4 cotisant pour chaque retraité, il devrait être de 1,3 en 2040


Pour le reste, la directrice commerciale du Canal Papiyón de CNP Partners présente les chiffres et fait le lien entre les différents indicateurs. Avec une crise économique ayant participé à l'épuisement du fond de réserve de la sécurité sociale espagnole, qui est passé d'un excédent de 60 milliard d'euros en 2011 à seulement quelque 11 milliard mi 2017, la "cagnotte" a dans une grande mesure été utilisée pour financer d'autres dépenses que celles pour lesquelles elles étaient initialement destinées (notamment les prestations contributives quand l’économie était dans le rouge). Et la capacité de l'Etat à faire face à la hausse constante du nombre de retraités est singulièrement affectée. D'autant que, autre conséquence de la crise, le marché du travail n'est pas au beau fixe : le chômage des jeunes frôle des records historiques et la proportion de cotisants d'aujourd'hui et de demain, appelés à financer les retraites des aînés, va décroissante. "En 2013, on recensait un ratio de 2,4 cotisant pour chaque retraité, il devrait être de 1,3 en 2040", souligne Carmina Arévalo. Car la société espagnole est confrontée à un vieillissement de la population particulièrement préoccupant. Avec une espérance de vie de 82,2 ans, le pays caracole en tête des indicateurs européens. La proportion des personnes de plus de 65 ans était de 14,6% en 2001, elle devrait être de 28,4% en 2050, soit près du double. Celle des plus de 85 ans passera, sur la même période, de 10% à 21%. Parallèlement, le taux de natalité est en berne : avec 1,32 enfant en moyenne par femme, contre 1,57 sur l'ensemble du continent, l'Espagne affronte un vieillissement certain de sa population. On calcule qu'en 2050, il faudrait plus de 27 millions de cotisants pour maintenir le système, qui devrait alors concerner quelque 15 millions de retraités. Le rapport est de 18,4 millions de cotisants pour 9,4 millions de retraités aujourd'hui.

 

Au lieu d'amener nos petits-enfants à l'école, iront nous à travailler avec eux ?


La sonnette d'alarme a été tirée depuis de nombreuses années. Le système, tel qu'il existe de nos jours, n'est pas viable. "Nous allons devoir travailler et cotiser plus longtemps", assure Carmina Arévalo. "Et économiser". L'âge de départ à la retraite est de 65 ans aujourd'hui en Espagne (pour 35 ans et 3 mois de cotisation), il atteindra progressivement 67 ans en 2027 (38 ans et demi de cotisation) et les indemnisations seront calculées sur les 25 dernières années cotisées. Et le FMI a encore fin octobre alerté le pays de la nécessité d'entamer une réflexion visant à forcer plus encore la tendance. "Au lieu d'amener nos petits-enfants à l'école, iront nous à travailler avec eux ?", s'interroge la conférencière. Et d'enfoncer le clou : la tendance est inéluctable. Depuis 3 ans déjà, l'évolution des retraites n'avance pas au même rythme que l'indice des prix et "les retraités vont perdre en pouvoir d'achat".

 

Les expatriés français sont aussi concernés


Les gouvernements ont mis en place des mesures fiscales pour inciter à la constitution privée d'un capital permettant de compléter le versement des prestations. Parmi celles-ci, les plans de pension individuels, qui en Espagne sont déductibles jusqu'à 8.000 euros par an et par personne. "Madrid constitue une région où la déduction est l'une des plus intéressantes", souligne Philippe Baus. Qui ajoute : "Le plan de pension est un produit à long terme, avec une forte rentabilité. Plus on commence jeune son plan de pension, même avec des sommes moindres, plus ce dernier est susceptible de dégager des gains importants". CNP Partners a développé une offre en partenariat avec Morningstar, leader dans les recherches indépendantes sur les placements, offrant la possibilité d'adapter son plan de pension à sa stratégie de risque : conservatrice, modérée ou dynamique, et permettant de simuler la probabilité de succès pour un objectif d’épargne selon le niveau de risque, l’épargne actuelle et les primes futures. "Parmi les facteurs susceptibles d'affecter la rentabilité d'un fond de pension, le montant des commissions est souvent décisif", affirme par ailleurs le directeur commercial, qui invite à comparer les pourcentages appliqués par les différents acteurs du marché.

Les expatriés français sont aussi concernés. Ceux qui vivent et cotisent en Espagne sur l'ensemble de leur carrière, comme ceux qui sont amenés à changer de pays. Des accords bilatéraux entre la France et l'Espagne facilitent le calcul des retraites en fonction des cotisations versées dans chaque pays. Les montants versés sur des fonds de pension en Espagne continuent à travailler et à produire du gain dans le cas où l'intéressé quitte le territoire, même si les déductions fiscales ne sont plus applicables, dès lors que le cotisant paye l'impôt dans un autre Etat.
 

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