Samedi 15 août 2020

La population espagnole augmente grâce à l'immigration

Par Camille Guil | Publié le 26/06/2018 à 21:09 | Mis à jour le 27/06/2018 à 10:22
Photo : CC0 Creative Commons
population espagnole

Au total, 532.482 étrangers ont établi leur résidence en Espagne l'année dernière, augmentant ainsi la population de l'Espagne à 46,65 millions de personnes au premier janvier 2018.

"Il n'y a pas eu autant d'immigrants depuis 2008", a commenté sur Twitter Donald Peña, directeur de la communication de l'Institut National de Statistiques (INE). Selon les statistiques sur les migrations publiées lundi par l'INE, les Vénézueliens sont 44,2% de plus qu'en 2017, un chiffre lié à la situation du pays, suivi des Colombiens (+15,7%). En ce qui concerne les Français, ils sont 3.289 de plus par rapport à l'année dernière, augmentant le total des expatriés en provenance de l'Hexagone à 106.508 personnes recensées.
L'étude de l'INE a également classé la variation de la population par communautés autonomes, et ce sont les îles Baléares et la Communauté de Madrid qui attirent le plus de monde, suivies des îles Canaries.

 

106.508 Français recensés

 

Mais le nombre d'Espagnols qui sont partis vivre dans un autre pays a aussi augmenté de 12,4% par rapport à l'année 2016, ce qui représente 367.878 personnes de moins. La région de Castille et Léon enregistre le plus de départs, avec une variation de population de -0,70%. Comme l'a indiqué Donald Peña, le solde migratoire (la différence entre les personnes qui viennent et celles qui partent), est positif pour la deuxième année consécutive.

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1 Commentaire (s)Réagir
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Franco-Espagnole mer 27/06/2018 - 12:53

Un constat bien peu réjouissant et qui met en évidence deux problèmes structurels de la politique espagnole: d'abord, l'absence de véritables programmes visant à encourager la natalité depuis la Transition, et ce, quelle que soit la couleur du gouvernement en place. Certes, le natalisme de l'époque franquiste a pesé lourd (et c'est probablement toujours le cas, tel un point aveugle), mais c'est la société démocratique qui a fini par en pâtir. Ensuite, le manque séculaire de volonté politique en ce qui concerne le développement des régions. En effet, l'inégalité entre celles-ci est un problème encore plus ancien et qui, pour comble, a fini par s'imposer comme une évidence, ou pire, comme une fatalité: tout le monde, nombre d'intellectuels inclus, semble trouver normal, pour ne pas dire logique, que certaines communautés autonomes soient mieux loties que d'autres. Là-dessous, il y a tout un discours nourri au fil des siècles (de l'intérieur mais aussi de l'extérieur) par des considérations historiques, sociologiques, et même philosophiques ou anthropologiques (la fameuse "generación del 98" en est l'aboutissement le plus célèbre), qui a apporté beaucoup d'eau au moulin politique et qui éclaire en bonne partie le phénomène des nationalismes. Non, la crise n'explique pas tout, pas plus que les problèmes de formation ou de structure du marché du travail: ceux-ci n'en sont que la partie émergente.

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