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Loyers en Espagne : jusqu’à 1 163 € de déduction fiscale, qui peut en bénéficier ?

Les locataires en Espagne pourraient déduire jusqu’à 1.163 euros par an de leur impôt sur le revenu. Introduite par le gouvernement de Pedro Sánchez, cette nouvelle mesure concerne les contribuables aux revenus modestes et intermédiaires, sans condition d’âge. Mais son montant dépend des ressources, du loyer et du patrimoine immobilier du foyer. Surtout, le décret est déjà en vigueur, sans avoir encore été validé par le Parlement.

Clés de logement posées sur un contrat de location, avec une calculatrice et des documents fiscaux illustrant la déduction d’impôt sur les loyers en Espagne.Clés de logement posées sur un contrat de location, avec une calculatrice et des documents fiscaux illustrant la déduction d’impôt sur les loyers en Espagne.
@Image générée par IA via DALL·E – OpenAI
Écrit par Paul Pierroux-Taranto
Publié le 12 octobre 2026, mis à jour le 13 octobre 2026

Payer son loyer pourrait bientôt coûter un peu moins cher, du moins sur le plan fiscal. Depuis le 8 octobre, une nouvelle disposition permet, sous conditions, de déduire 10 % des loyers versés pour sa résidence principale, dans la limite de 1 163 euros par an.

La mesure figure dans le décret-loi 29/2026, adopté le 6 octobre et publié le lendemain au Boletín Oficial del Estado (BOE). Elle s’adresse aux contribuables dont la base imposable annuelle est inférieure à 33 007,20 euros.

Mais attention : il ne s’agit ni d’une aide mensuelle au logement ni d’un remboursement automatique du loyer. La déduction vient réduire l’impôt sur le revenu espagnol, l’IRPF. Et son montant diminue à mesure que les ressources augmentent.

 

Qui peut bénéficier de la déduction fiscale sur les loyers en Espagne ?

Le premier critère est celui des revenus. Pour accéder au dispositif, le contribuable doit présenter une base imposable inférieure à 33.007,20 euros par an.

Cette notion, appelée base imponible en Espagne, ne correspond pas directement au salaire brut ou net. Elle résulte du calcul fiscal des revenus selon les règles de l’IRPF. Un salarié percevant 30 000 euros par an n’a donc pas nécessairement une base imposable de 30 000 euros.

Autre condition : le logement doit constituer la résidence principale du locataire. Les locations touristiques et les résidences secondaires ne sont pas concernées. Contrairement à plusieurs déductions régionales, le nouveau dispositif national ne prévoit aucune limite d’âge. Il ne réserve pas non plus explicitement l’avantage aux contrats de location conclus après une date particulière.

Et les Français qui vivent en Espagne ? Ils peuvent, en principe, y prétendre dès lors qu’ils sont soumis à l’IRPF espagnol et remplissent les conditions légales. Le texte ne fixe aucune condition de nationalité. En revanche, posséder ou louer un logement en Espagne sans y être résident fiscal ne suffit pas. Le dispositif s’inscrit dans le régime commun de l’IRPF, sans préjudice des régimes fiscaux particuliers du Pays basque et de la Navarre.

 

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600 €, 1.000 € de loyer : combien peut-on réellement déduire ?

Le calcul repose sur deux données : le loyer payé et la base imposable du contribuable. Lorsque cette dernière ne dépasse pas 23 007,20 euros, la déduction atteint 10 % des loyers éligibles, dans la limite d’une base annuelle de 11 630 euros. Soit une économie fiscale maximale de 1 163 euros.

Trois exemples permettent de comprendre le mécanisme. Avec 600 euros de loyer mensuel, un contribuable dont la base imposable atteint 20.000 euros paie 7.200 euros de loyer sur douze mois. Sa déduction pourrait s’élever à 720 euros.

Avec 1.000 euros de loyer mensuel, un contribuable dont la base imposable est de 22.000 euros verse 12.000 euros par an. Les 10 % représenteraient 1 200 euros, mais le plafond ramènerait la déduction à 1.163 euros.

Avec le même loyer, mais une base imposable de 28.007,20 euros, le plafond dégressif limiterait l’avantage à 581,50 euros. Ces simulations supposent une année entière de loyers éligibles et le respect des autres conditions. Elles ne préjugent pas du montant effectivement applicable aux loyers de 2026.

Autre précision importante : il s’agit d’une réduction de l’impôt dû, et non d’un versement garanti. Si la part étatique de l’IRPF à payer est insuffisante, le contribuable ne pourra pas nécessairement utiliser la totalité de la déduction théorique.

 

Pourquoi l’avantage diminue-t-il au-delà de 23.007 € de revenus imposables ?

Le gouvernement a choisi une déduction progressive, plutôt qu’un montant identique pour tous les locataires. Jusqu’à 23.007,20 euros de base imposable, le plafond de calcul reste fixé à 11 630 euros. Au-delà, il diminue selon une formule prévue par le décret, jusqu’à disparaître lorsque la base atteint 33.007,20 euros.

Deux locataires payant exactement le même loyer peuvent donc obtenir des réductions fiscales très différentes. La logique affichée est de concentrer l’avantage sur les ménages aux revenus modestes et intermédiaires, pour lesquels le logement représente une charge importante.

 

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Être propriétaire d’un autre logement peut vous exclure

C’est l’une des restrictions les moins évidentes de la nouvelle mesure. Pour bénéficier de la déduction, le contribuable et les membres de son foyer fiscal ne doivent pas, pendant au moins la moitié de l’année fiscale, détenir individuellement ou conjointement la totalité de la pleine propriété d’un autre logement situé à moins de 50 kilomètres de la résidence louée.

La restriction concerne également les titulaires d’un droit réel d’usage ou de jouissance sur un tel logement. Une exception est prévue lorsqu’une décision administrative ou judiciaire empêche d’utiliser ce bien comme résidence.

Prenons le cas d’une personne qui loue un appartement à Madrid tout en possédant un autre logement dans les environs. Elle pourrait être exclue de la déduction, selon ses droits sur ce second bien et la période pendant laquelle elle les a détenus.

À l’inverse, être propriétaire ailleurs en Espagne n’entraîne pas automatiquement une exclusion. Le texte tient compte de la distance, de la nature des droits immobiliers et de la composition du foyer fiscal.

 

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Peut-on cumuler les 1.163 € avec les déductions régionales ?

La nouvelle réduction relève de la part étatique de l’IRPF. Elle se distingue des avantages fiscaux accordés par les communautés autonomes. La Catalogne, Madrid, la Communauté valencienne ou l’Andalousie disposent notamment de leurs propres déductions pour les locataires. Les conditions varient selon les territoires : âge, revenus, situation familiale ou montant du loyer.

Un cumul entre la nouvelle déduction nationale et un avantage régional peut donc être envisageable, sous réserve de remplir les conditions de chacun.

Attention toutefois à un autre dispositif : l’ancienne déduction étatique maintenue pour certains contrats de location conclus avant le 1er janvier 2015. Le nouveau décret précise qu’elle ne peut pas être appliquée, pour le même logement et la même année fiscale, lorsqu’un contribuable utilise la nouvelle déduction.

Il faudra donc vérifier les avantages auxquels chacun peut prétendre, plutôt que de considérer les 1 163 euros comme un montant automatiquement ajouté aux réductions existantes.

 

Quand pourra-t-on bénéficier de la déduction fiscale de 1.163 € ?

Le décret-loi 29/2026 est entré en vigueur le 8 octobre 2026. La nouvelle déduction figure donc déjà dans la législation fiscale espagnole, mais son maintien reste soumis à une validation parlementaire.

Depuis la dissolution du Congrès et du Sénat, le 6 octobre, cette décision appartient à la Députation permanente du Congrès. Or, les deux nouveaux décrets sur le logement ne figurent pas à l’ordre du jour de sa réunion prévue le vendredi 16 octobre. Aucune date de vote n’a encore été annoncée. Le délai parlementaire de convalidation devrait s’achever à la mi-novembre, avant les élections législatives du 29 novembre.

La prudence s’impose d’autant plus qu’une première version du dispositif, adoptée le 29 septembre, avait été rejetée par le Congrès le 2 octobre. Le gouvernement l’a réintroduite dans un nouveau décret quatre jours plus tard.

 

Et pour les loyers déjà payés en 2026 ?

C’est une question importante pour les locataires. Si le dispositif est maintenu, il a vocation à être pris en compte dans la déclaration de revenus de 2026, effectuée en 2027.

Mais le décret ne prévoit pas explicitement une application rétroactive de cette nouvelle déduction au 1er janvier 2026. Il distingue au contraire les mesures fiscales rétroactives de celles prenant effet à son entrée en vigueur, le 8 octobre. Il serait donc prématuré d’affirmer que les douze mois de loyer de 2026 donneront droit à la réduction. Ce point devra être clarifié dans les modalités fiscales d’application.

En attendant, les locataires ont intérêt à conserver leurs contrats et leurs justificatifs de paiement, et à vérifier leur base imposable avant de tabler sur une économie précise.

Car derrière les 1.163 euros mis en avant par le gouvernement se cache une réalité plus nuancée : une réduction d’impôt potentiellement appréciable, mais variable selon les revenus, la situation patrimoniale et les règles finalement applicables à l’exercice 2026. Et surtout, un avantage fiscal dont l’avenir dépend encore du Parlement.

 

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