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Facture de gaz en Espagne : +17,6 % dès octobre, puis une partie du coût reportée à 2027

Le tarif réglementé du gaz en Espagne vient d’augmenter, mais le mécanisme mis en place par le gouvernement ne fait que différer une partie du choc. Les consommateurs devront ensuite rembourser l’écart, avec intérêts, y compris, dans certains cas, s’ils changent d’offre.

Une femme consulte sa facture de gaz chez elle, inquiète, devant une chaudière et un radiateur, en Espagne.Une femme consulte sa facture de gaz chez elle, inquiète, devant une chaudière et un radiateur, en Espagne.
@Image générée par IA via DALL·E – OpenAI
Écrit par Paul Pierroux-Taranto
Publié le 5 octobre 2026, mis à jour le 6 octobre 2026

Le chauffage n’a pas encore repris partout, mais la facture, elle, a déjà changé. Depuis le 1er octobre, les nouveaux prix de la Tarifa de Último Recurso (TUR) s’appliquent en Espagne.

Plus de trois millions de consommateurs bénéficient de cette offre réglementée. Sans intervention publique, le gouvernement estimait que sa hausse aurait dépassé 45 % à l’entrée de l’hiver. Il a donc décidé d’en amortir le choc. Résultat : selon l’OCU, la TUR augmente finalement d’environ 17 % en octobre.

Mais il y a un revers : la partie du coût qui n’est pas facturée aujourd’hui n’a pas disparu. Elle forme une dette envers les fournisseurs réglementés, qui devra être récupérée plus tard auprès des clients, avec un coût financier.

 

TUR ou marché libre : êtes-vous concerné par la hausse ?

La TUR est le tarif réglementé du gaz naturel. Pour un contrat individuel, elle est accessible aux consommateurs utilisant jusqu’à 50 000 kWh par an, avec une pression de fourniture ne dépassant pas 4 bars. Les copropriétés résidentielles peuvent également y accéder sous certaines conditions.

La hausse du 1er octobre concerne directement ces clients. Si votre contrat est au marché libre, les nouveaux prix de la TUR ne deviennent pas automatiquement les vôtres. Ce sont les conditions prévues dans votre contrat qui déterminent votre facture. Les quatre fournisseurs autorisés à commercialiser la TUR sont Baser, Comercializadora Regulada Gas & Power, Curenergía et Energía XXI.

 

Combien coûte le gaz depuis le 1er octobre en Espagne ?

Pour les particuliers, trois niveaux principaux s’appliquent :

Tarif

Consommation annuelle

Part fixe mensuelle

Prix du kWh

TUR.1

Jusqu’à 5 000 kWh

3,83 €

0,052526 €

TUR.2

De plus de 5 000 à 15 000 kWh

8,17 €

0,050428 €

TUR.3

De plus de 15 000 à 50 000 kWh

19,32 €

0,046988 €

Prix hors taxes. Le BOE publie des valeurs plus précises.

Pour mesurer la hausse, prenons un exemple simple. Avec 500 kWh consommés dans le mois en TUR.2, la part fixe et le gaz représentent environ 33,38 euros hors taxes depuis octobre, contre 28,71 euros avec les tarifs de juillet.

Soit près de 4,70 euros supplémentaires à consommation identique, avant taxes, location du compteur et éventuels services. Les barèmes de juillet et d’octobre sont ceux publiés au BOE. Évidemment, en hiver, la facture peut aussi augmenter parce que la consommation grimpe.

 

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Le fameux « 15 % » ne plafonne pas votre facture

C’est un point important. Le gouvernement a présenté son intervention comme permettant de contenir l’augmentation de la TUR autour de 15 %, contre plus de 45 % sans mesure. Mais le mécanisme inscrit dans le BOE ne plafonne pas directement chaque facture à +15 %.

En octobre, c’est la hausse du coût de la matière première entrant dans le calcul de la TUR qui est limitée à 35 % par rapport à juillet. En janvier 2027, l’augmentation de cette même composante ne pourra dépasser 15 % par rapport à octobre.

Cela explique pourquoi le prix variable de la TUR.2 est passé de 4,119908 à 5,042762 centimes par kWh, soit environ 22,4 % de hausse, alors que l’évolution de la facture complète est différente.

 

La hausse est reportée : ce que les consommateurs devront rembourser en 2027

C’est le cœur du dispositif. Sans plafonnement, le coût de la matière première utilisé dans la formule aurait atteint 5,626153 centimes/kWh. Celui retenu pour octobre est limité à 3,574741 centimes.

La différence constitue une dette à récupérer par les fournisseurs réglementés. Le BOE fixe pour le moment cette dette moyenne unitaire à 2,051412 centimes par kWh, avant taxes.

Le mécanisme de récupération peut commencer lors de la révision de janvier 2027 et doit se poursuivre jusqu’au remboursement intégral. Les sommes encore dues produiront en plus un coût financier calculé à partir d'un taux de dette fixé à 3,22 %.

Dans la pratique, l’OCU estime cependant que le remboursement pourrait surtout commencer à partir d’avril, selon l’évolution du prix du gaz lors de la révision de janvier. Aucune date finale n’est fixée.

 

Partir de la TUR n’efface pas la dette

C’est l’un des points les plus inhabituels du système. Pour un client qui quitte la TUR avant le 1er janvier 2027, le BOE prévoit un calcul précis : les 2,051412 centimes/kWh sont multipliés par l’énergie facturée depuis le 1er octobre — ou depuis l’entrée dans la TUR si elle est plus tardive jusqu’au changement de fournisseur. S’ajoutent ensuite le coût financier éventuel et les taxes.

Avec 1.000 kWh facturés pendant cette période, cela représente une base d’environ 20,51 euros, avant taxes et éventuels intérêts. Mais janvier ne constitue pas une porte de sortie magique. Le décret prévoit que tout consommateur quittant la TUR avant l’amortissement complet de la dette devra régler le dernier montant moyen de dette correspondant à sa catégorie tarifaire. Autrement dit, changer de fournisseur ne suffit pas nécessairement à faire disparaître la facture différée.

 

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Jusqu’où cette dette peut-elle monter ?

C’est encore impossible à connaître précisément. L’OCU a néanmoins réalisé une simulation : si les tarifs actuels restaient inchangés pendant un an, un foyer consommant 9.000 kWh par an paierait environ 702 euros, contre 600 euros avec le tarif précédent.

En ajoutant la dette générée par le plafonnement, le coût pourrait atteindre 926 euros, avant intérêts, selon l’association. Il s’agit d’une estimation fondée sur cette hypothèse de prix, pas d’une facture garantie.

L’association critique d’ailleurs le mécanisme et demande que la dette soit prise en charge par le budget de l’État plutôt que répercutée sur les consommateurs.

 

Une baisse de TVA pourrait arriver en novembre

Un autre élément pourrait modifier la facture. Le décret prévoit que la TVA sur le gaz naturel tombe de 21 % à 10 % en novembre si l’indice des prix du gaz naturel de septembre 2026 dépasse de plus de 15 % son niveau de septembre 2025. Une règle similaire est prévue pour décembre à partir des prix d’octobre.

Au 5 octobre, cette baisse n’est donc pas encore acquise. L’INE a seulement publié son estimation générale de l’inflation de septembre, à 4,9 % ; le détail nécessaire pour déclencher ou non le mécanisme doit encore être connu.

 

Avant de changer d’offre, faites le calcul complet

La nouvelle TUR crée donc une situation assez inhabituelle : le tarif affiché aujourd’hui ne correspond pas à l’intégralité du coût que les consommateurs devront finalement supporter.

Avant de quitter le tarif réglementé pour une promotion du marché libre, il faut comparer le prix du kWh, la part fixe, les services associés, les conditions de révision, mais désormais aussi la dette déjà accumulée et le montant susceptible d’être réclamé au départ.

La CNMC propose un comparateur officiel des offres de gaz selon le profil de consommation. Pour les foyers équipés d’un chauffage collectif, la première étape reste de vérifier auprès du gestionnaire de copropriété quel contrat alimente réellement l’immeuble. Car cet hiver, le prix affiché sur la facture TUR ne raconte qu’une partie de l’histoire.

 

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